De plus en plus de femmes se joignent au club des plus riches

De plus en plus de femmes rejoignent le club restreint des «un pour cent» représentant les Canadiens les plus riches, indique un nouveau rapport de Statistique Canada.
Les femmes formaient toutefois moins du quart de cette classe de citoyens les plus fortunés en 2014.
Le rapport indique que 22 pour cent des Canadiens qui figurent dans le club des «un pour cent» étaient des femmes au cours de cette même année. Au début des années 1980, celles-ci représentaient 10 pour cent des gens ayant les revenus les plus élevés.
Toujours en 2014, le Canada comptait 268 500 contribuables dont le revenu annuel atteignait au moins 225 100$, en excluant les paiements de transfert du gouvernement.
Parmi les Canadiens qui ont gagné 724 000 $ et plus - près de 27 000 - 15 pour cent étaient des femmes, contre 10 pour cent en 1982.
Cette croissance s'explique par le fait que plus de femmes ont intégré le marché du travail et ont obtenu des diplômes universitaires. L'écart de salaire entre les hommes et les femmes s'est amoindri, a souligné le directeur adjoint de Statistique Canada, Andrew Heisz, en entrevue avec La Presse canadienne.
Les plus fortunés d'aujourd'hui puisent leur richesse dans leur salaire, alors qu'au début des années 1980, les fonds et les entreprises que pouvaient posséder ces riches citoyens pesaient davantage dans la balance.
La nouvelle étude de Statistique Canada conclut par ailleurs que les Canadiens aisés se sont encore enrichis depuis 1982. En 2014, les membres du club du «un pour cent» accaparaient environ 12 pour cent des revenus totaux générés au pays.
Ceux qui figurent dans la moitié inférieure des travailleurs ont quant à eux vu leur part des revenus totaux baisser de 28,4 pour cent de 1982 à 2014, alors que ceux qui forment la moitié la plus aisée ont vu leurs avoirs croître de 53 pour cent.
Des tendances similaires s'observent dans bien d'autres pays, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais sont moins marquées pour les pays à hauts revenus comme le Japon, la France et l'Allemagne.
Au Canada, l'écart entre les revenus est plus creux dans les plus grandes villes. La différence de revenus entre les membres du «un pour cent» et les contribuables à revenu médian a été la plus marquée dans les villes de Toronto, de Calgary et de Vancouver.
L'analyse de Statistique Canada tenait compte de la période qui a précédé le ralentissement économique qui touche l'Ouest du Canada, où les prix des produits de base -notamment en matière d'énergie- ont connu une baisse.
Les plus fortunés ont vu leur part du gâteau augmenter depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, augmentant de 75 pour cent ces trente dernières années, pour frôler 14 pour cent en 2007.
La proportion des revenus totaux sous le joug des «un pour cent» demeure néanmoins en deçà de ce qu'elle était durant la Grande Dépression. En 1938, le groupe des plus riches accaparait environ 18 pour cent des richesses du pays.
Une baisse de huit pour cent sur six ans a ensuite suivi, alors que le Canada traversait un bouleversement économique et social pendant la guerre.