Frédéric Soubrier, des Frères Houblon, est prêt pour une nouvelle aventure entrepreneuriale.

De la bière à la rivière

TROIS-RIVIÈRES — Les cuves des Frères Houblon ont cessé de fonctionner. Fondée en 2003 à Trois-Rivières, la microbrasserie abandonne la production de bière pour embrasser de nouveaux défis. Les actionnaires de la coopérative de travail souhaitent prendre une toute nouvelle orientation et se lancer dans la production de canots en composite haut de gamme.

Les dernières bières de la microbrasserie du chemin Sainte-Marguerite ont été embouteillées à la fin du mois de juin.

«Ce n’est vraiment pas parce que ça n’allait pas bien économiquement, au contraire. Ce n’est pas en raison d’une diminution des ventes de bières, pas du tout», assure Frédéric Soubrier, le directeur général de l’entreprise et un des actionnaires de la coopérative de travail.

«Ça fait un bout que le projet mijotait. On augmentait toujours la production, avec des augmentations annuelles de 8 à 15 %, et on était rendu qu’on devait automatiser la production.»

Devant les augmentations constantes de la demande, les actionnaires de la coopérative de travail se devaient d’investir pour automatiser la production. L’embouteillage «à la main» n’était plus possible.

«On a regardé toutes nos options. Si on mettait la production entièrement automatique, des investissements de près de 600 000 $ étaient nécessaires», précise M. Soubrier.

Ce projet d’usine de canots en composites germe depuis quelques années dans la tête des actionnaires des Frères Houblon. Ceux-ci avaient d’ailleurs déjà rencontré un conseiller d’Innovation et développement économique Trois-Rivières.

«Il y a trois ou quatre ans, on a mis le projet d’entreprise de canots en carbone sur la glace. Lorsqu’on démarre une entreprise, on doit s’investir entièrement», explique Frédéric Soubrier. «Lorsqu’est venu le temps d’investir pour la production de bière, on s’est dit que ça serait le bon temps de se lancer dans les canots.»

Ces embarcations en composite doivent être construites dans les locaux de la coopérative à Trois-Rivières. L’idée est de créer des canots haut de gamme et légers (environ 40 livres). Au début de la production qui devrait s’amorcer à l’automne prochain, l’entreprise doit proposer des canots de 16 et 18 pieds.

«Ce sont des canots de randonnées, pas des canots de course comme ceux utilisés lors de la Classique de canots de la Mauricie», note M. Soubrier. «La première année, on ne sait pas combien nous allons en fabriquer. On vise en faire entre 500 et 100.»

Les ventes seront essentiellement sur le web et les canots devraient se détailler entre 1500 et 2500 $. La production va d’abord nécessiter le travail de deux personnes, mais les actionnaires prévoient que cette équipe pourrait être doublée relativement rapidement.

Même si la structure organisationnelle de la coopérative des Frères Houblon demeurera identique, son nom ne pourra perdurer. Les Frères Houblon est un nom fort original pour une microbrasserie, mais il n’évoque aucunement le monde du canot. Le nom Canots composite a de très fortes chances d’être retenu pour la future entreprise.