Alain Léger et Linda Chandonnet demandent à Air Canada de leur rembourser les sommes qu’ils ont payées pour des vols qui ont été annulés alors qu’ils tentaient par tous les moyens de rentrer au pays.
Alain Léger et Linda Chandonnet demandent à Air Canada de leur rembourser les sommes qu’ils ont payées pour des vols qui ont été annulés alors qu’ils tentaient par tous les moyens de rentrer au pays.

COVID-19: plus de 10 000 $ pour revenir au pays

TROIS-RIVIÈRES — Croyant que tous leurs soucis étaient derrière eux et qu’ils allaient pouvoir vivre leur confinement et reprendre par la suite leur vie dans la normalité pandémique lorsqu’ils sont rentrés au pays le 21 mars dernier, Alain Léger et sa conjointe Linda Chandonnet ne sont pas au bout de leurs peines, et ce, même s’ils sont revenus du Maroc depuis plus de deux mois maintenant.

Voulant regagner le Canada à tout prix lorsqu’ils ont été informés par l’ambassade canadienne à Casablanca qu’ils devaient rentrer le plus tôt possible en raison de la gravité de la situation, le couple de septuagénaires trifluviens a engendré des dépenses se chiffrant à plus de 10 000 $, dont plus de 5000 $ pour acheter des billets pour des vols qui ont été annulés à quelques heures d’avis par Air Canada. Ils aimeraient donc que le transporteur canadien leur offre plus que la possibilité de transférer leurs bons de voyage pour d’autres périples, et ce, dans un horizon indéterminé ou de transformer les sommes dues en points du programme de fidélité Aeroplan. Ces points peuvent être utilisés pour se procurer divers produits autres que des billets d’avion. Après avoir décidé de permettre à ses clients de seulement transférer leurs bons de voyage pour une période de 24 mois, Air Canada a récemment décidé, selon les explications de sa directrice des relations avec les médias pour le Québec et l’Est-du-Québec, Pascale Déry, d’élargir sa politique relative à la pandémie de COVID-19.

Pour M. Léger et sa conjointe, ces modifications à la politique d’indemnisation d’Air Canada ne sont pas suffisantes. Ils aimeraient bien que la compagnie imite Air France, qui s’est engagée à rembourser les deux billets achetés au prix de 1500 $ chacun pour un vol prévu le 19 mars dans lequel ils n’ont finalement pas pu monter en raison d’une fermeture subite de l’aéroport de Rabat, la ville où ils séjournaient.

«Ça nous a vraiment enlevé le goût de voyager. On a fait le tour et on va rester penauds à la maison. On veut donc qu’on nous rembourse l’argent, tout simplement. […] Et ‘‘virer’’ ça en points Aeroplan et être obligé d’acheter des ‘‘cossins’’, je ne vois pas l’intérêt. Pas du tout. Pour ce qui est d’enlever la limite de 24 mois pour utiliser le crédit voyage, on ne sait pas si nous allons avoir la santé pour voyager [en raison de notre âge]. Et même s’il est transférable, je vois mal comment je pourrais le transférer à quelqu’un de mon entourage», mentionne-t-il.

Par ailleurs, M. Léger indique qu’il est même prêt à prendre personnellement des recours devant la Cour des petites créances afin d’obtenir un dédommagement satisfaisant.

Il est également bien au fait que plusieurs recours collectifs ont été intentés – d’autres le seront prochainement – contre les compagnies aériennes canadiennes et compte bien s’y inscrire.

Des actions ou une note de crédit

Par contre, il est bien au fait qu’Air Canada et les autres compagnies aériennes canadiennes traversent une période extrêmement difficile. Il suggère donc que le transporteur convertisse les sommes qui lui sont dues, ainsi qu’aux autres voyageurs dans sa situation, en actions de l’entreprise ou en note de crédit en argent remboursable lors des prochains profits de la compagnie. Il suggère également, comme l’Allemagne l’a fait avec Lufthansa, que le gouvernement canadien verse aux compagnies aériennes une aide financière qui leur permettrait de traverser la crise sans devoir faire faillite.

Interrogée par Le Nouvelliste, la directrice des relations avec les médias soutient qu’Air Canada a récemment modifié sa politique d’indemnisation de ses clients qui ont vu leurs plans être chamboulés par la pandémie de COVID-19. Elle rappelle également que le gouvernement fédéral a annoncé le 16 mars dernier, soit en plein cœur de la crise, qu’il offrait un prêt d’urgence de 5000 $ aux voyageurs canadiens devant être rapatriés. Cette somme était destinée à payer les frais encourus par le voyage ainsi que pour les aider à subvenir à leurs besoins une fois rentrés au Canada, notamment pendant la période d’isolation volontaire de 14 jours.

Informés par l’ambassade canadienne à Casablanca que cette aide était disponible alors qu’ils cherchaient par tous les moyens de revenir chez eux, M. Léger et sa conjointe n’ont pas cru bon de s’en prévaloir étant donné qu’il s’agissait d’un prêt.

«Ça servait à quoi de prendre le prêt et de le rembourser après alors qu’il me restait encore de la place sur ma carte de crédit», s’interroge ironiquement M. Léger.