Marc-André Despins, directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice.

COVID-19: impacts considérables pour la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice

La Tuque — La crise entourant la COVID-19 a eu raison d’une bonne partie des opérations de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice. Les activités de récolte ont été arrêtées, envoyant directement au chômage près de 90 travailleurs.

«Présentement, le transport et le chargement continuent. On avait du bois à livrer pour certains industriels qui ont été jugés comme étant des services essentiels. Présentement, on a 20 camions et deux équipes de chargement. Ça représente environ une trentaine de travailleurs [...] On en a pour environ trois semaines, mais encore là, on est tellement tributaire de la température», confirme Marc-André Despins, directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice.

Par rapport aux opérations de récolte, la Coopérative avait reçu la consigne des autorités de réduire les activités au minimum, mais un important défi de logistique a amené les dirigeants à suspendre les opérations en forêt.

«Le gros problème dans notre cas, c’était où loger et où nourrir tous nos travailleurs. On pouvait respecter certaines mesures, mais ça devenait beaucoup trop compliqué», note le directeur général.

«Il y avait toute une logistique à ça. Lundi, on a décidé d’arrêter nos opérations de récolte pour la saison. C’est quand même 80 à 90 travailleurs qui se sont retrouvés au chômage […] En arrêtant les opérations, ça va donner une saison écourtée et il y a de la prospection pour l’an prochain qu’on ne peut pas faire. On était en période de recrutement et de planification. C’est certain que ça roule au ralenti...»

Une partie du personnel administratif a également été mis à pied puisque le bureau a été fermé en début de semaine. Quelques personnes seulement sont toujours en poste, mais en mode télétravail.

La Coopérative forestière a demandé à ses employés de respecter la mesure de confinement pour s’assurer «qu’on puisse recommencer nos activités dans les meilleurs délais en pensant toujours à la santé et la sécurité de nos travailleurs».

La situation amène également son lot de questionnement notamment sur les contrats printaniers, on espère qu’ils seront au rendez-vous.

«Ça amène aussi beaucoup d’incertitude parce qu’on est en période de recrutement intensif. La prospection, la recherche de terrain, on se questionne beaucoup. Il y a beaucoup d’enjeux de temps. La mesure est jusqu’au 13 avril, mais il y a un mais. Est-ce qu’on va être en mesure de redémarrer toute la machine après ça?»

On s’en fait également pour les membres de la Coopérative qui vont subir les impacts économiques, et pour la communauté latuquoise.

«Il y a beaucoup d’activités économiques qui sont à la baisse pour notre entreprise. Ç’a des impacts aussi sur les entreprises latuquoises, que ce soit les camps forestiers, les restaurants, les fournisseurs... Il y a des impacts sur l’économie en Haute-Mauricie», estime M. Despins.