Les terrasses comme celle du Temps d’une pinte, au centre-ville trifluvien, reprendront vie au cours des prochaines semaines, avec cependant de nouvelles mesures pour suivre les recommandations de la direction de la santé publique.
Les terrasses comme celle du Temps d’une pinte, au centre-ville trifluvien, reprendront vie au cours des prochaines semaines, avec cependant de nouvelles mesures pour suivre les recommandations de la direction de la santé publique.

Coup de départ pour les terrasses version 2020

Shawinigan — La Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) vient d’approuver un nouvel antidote à la déprime causée par la crise sanitaire. Les restaurateurs de Trois-Rivières et Shawinigan pourront bientôt élargir leur terrasse ou en aménager de nouvelles sur des espaces publics, donnant ainsi un certain cachet à un été qui s’annonce déjà un peu particulier.

Cette approbation a été obtenue en début de soirée mercredi. Il s’agit de la conclusion d’intenses démarches qui se sont étendues sur plus d’un mois de Trois-Rivières Centre et du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan.

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Le Journal de Montréal dévoilait, jeudi matin, que les restaurants pourraient accueillir leurs clients à nouveau à compter du 15 juin, sauf à Montréal. Le gouvernement devrait en faire l’annonce officielle en début de semaine prochaine.

Le feu vert de la RACJ, impossible sans l’approbation des villes, signifie que les restaurateurs inscrits pourront procéder à des aménagements particuliers de leur terrasse, afin de respecter les mesures de distanciation physique et les diverses recommandations de la santé publique. Dans leur espace restreint habituel, les restaurateurs auraient difficilement pu rentabiliser leurs pieds carrés en raison du contexte. En élargissant les cadres, ils pourront ainsi accueillir plus de clients.

«Si les restaurants rouvraient aujourd’hui, nous serions en règle», résume Claude Villemure, président du RGACVS. Il se félicite d’avoir pris les devants, puisque selon lui, les municipalités qui auront tardé à prévoir le coup pourraient voir leurs restaurateurs coincés dans un engorgement de requêtes à la RACJ.

Un avis que partage Gena Déziel, directrice générale de Trois-Rivières Centre. Jusqu’ici, 17 restaurateurs du centre-ville ont obtenu l’approbation de modification de leur terrasse aussitôt que le coup de départ sera donné par le gouvernement du Québec. Plusieurs autres demandes seront traitées au cours des prochains jours.


« Le restaurateur qui agrandit sa terrasse n’aura pas à faire de demande auprès de la RACJ, puisque c’est déjà fait et approuvé. Nous avons facilité le processus pour eux. »
Gena Déziel, directrice générale de Trois-Rivières Centre

«Le restaurateur qui agrandit sa terrasse n’aura pas à faire de demande auprès de la RACJ, puisque c’est déjà fait et approuvé», explique Mme Déziel. «Nous avons facilité le processus pour eux.»

À Shawinigan, les restaurateurs de trois zones ont obtenu l’approbation pour le réaménagement de leur terrasse: au cœur du centre-ville (5e Rue de la Pointe, Place du marché, Mercier, Tamarac), sur l’avenue Willow et dans le quartier Sainte-Flore. Le processus se poursuivra au cours des prochains jours pour d’autres secteurs, en collaboration avec la Ville de Shawinigan, qui doit émettre une lettre de conformité pour approuver une modification à une terrasse.

«Mais c’est sûr que si des restaurateurs ne nous rappellent pas, c’est dur de les aider», glisse M. Villemure.

Sa collègue de Trois-Rivières Centre fait remarquer que ce processus accéléré a également demandé une adaptation à la RACJ.

«Généralement, chaque restaurateur envoie son dossier», rappelle-t-elle. «Là, un seul promoteur s’en occupe pour une série de restaurateurs. Nous avons pavé la voie.»

À la Régie des alcools, des courses et des jeux, Joyce Tremblay, responsable des relations avec les médias, insiste sur le fait que cette autorisation ne devient valide qu’à partir du moment où la santé publique annoncera officiellement la réouverture des terrasses et des restaurants. Pour le reste, elle convient que les demandes comme celles de Trois-Rivières et Shawinigan ont bénéficié d’un traitement cinq étoiles.

«Nous avons travaillé très fort pour trouver des mesures d’assouplissement pour aller de l’avant rapidement quand nous aurons l’aval de la santé publique», témoigne Mme Tremblay. «Nous avons eu le mandat du gouvernement de faciliter la vie aux titulaires durant la pandémie, pour la période estivale.»

Mme Tremblay assure qu’aucune municipalité, aucun restaurateur ne sera pénalisé par des retards dans les circonstances actuelles.

«Plusieurs municipalités ont déjà pris les devants», indique-t-elle. «Chaque dossier sera rapidement analysé, soyez-en assuré!»

Bientôt déconfinés

L’annonce de la réouverture des restaurants arrive pratiquement en même temps, un heureux hasard, sourit M. Villemure.

«Dans mon esprit, ça ne pouvait pas aller au-delà du 22 juin», opine-t-il. «On applaudit, mais ça aurait été encore mieux cette semaine!»

Yves Beaudoin, porte-parole du regroupement Resto3R formé au début de la pandémie, accueille l’annonce prochaine du gouvernement avec soulagement, tout en émettant une réserve.

«La première réaction, c’est de dire: Enfin!», déclare-t-il. «Par contre, tout n’est pas joué. Les trois mois d’arrêt amènent un enjeu sur les frais fixes. Ce sera une question de quelques mois, surtout avec la distanciation, pour revenir à notre volume d’affaires.»

Les détails sur les réaménagements nécessaires et les pratiques d’hygiène à adopter restent à être confirmés, mais M. Beaudoin n’y voit aucun problème. Il est également convaincu que la clientèle ne ratera pas le rendez-vous.

«Dans les campings, mes collègues ont été surpris du volume de réservations», raconte le propriétaire du resto-bar Le Brasier 1908. «Les gens étaient en appétit de plein air et on s’attend à ce qu’ils soient aussi en appétit pour prendre un bon repas, avec les mesures en place.»

M. Beaudoin ajoute que Resto3R a vendu pour une valeur de 40 000 $ en cartes cadeaux. L’objectif de départ avait été fixé à... 5000 $!

«Les gens sont là», s’encourage-t-il. «Avec cette réaction, nous avons confiance pour la réouverture des restaurants.»