Marc-André Despins est le directeur général par intérim de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice.

Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice: vers le 35e anniversaire

LA TUQUE — La Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice s’apprête à célébrer ses 35 ans d’existence. Il s’en est passé des choses depuis sa fondation en 1984, où à peu près tout se faisait à la main tant pour l’abattage des arbres que la comptabilité. Les dirigeants sont fiers du travail accompli depuis ces années, des épreuves traversées, mais sont quand même lucides quant aux défis qui les attendent des prochaines années.

«Il faut être innovant, je pense que c’est ce qui va nous faire passer à travers les 35 prochaines années. […] Dans le futur, on va être capable de tirer notre épingle du jeu en diversifiant nos partenaires, nos produits, nos sous-produits… On croit en notre entreprise et on aimerait, au 70e anniversaire, que les gens soient fiers de ce que l’on a fait», insiste Marc-André Despins, directeur général par intérim de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice.

Selon lui, si Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice a passé au travers de toutes ces années parsemées de crise forestière et de surprises, c’est en partie en raison du modèle coopératif.

«On est une coopérative de travailleurs, ce sont des gens qui ont mis en commun les ressources financières, humaines, matérielles… Ils étaient un tout petit groupe au départ», raconte M. Despins.

Puis, il y a eu l’automatisation des opérations forestières, l’informatisation des bureaux, les camps forestiers, l’association dans Produit forestiers Mauricie, et le nouveau régime forestier qui a amené le Bureau de mise en marché des bois. «Ç’a été une bouée de sauvetage pour nous à la Coop. Ça nous a permis de commercialiser du bois à des industriels avec lesquels on ne faisait pas affaire. Ça nous a permis de diversifier notre clientèle», note M. Despins.

Il y a eu aussi l’acquisition complète d’Aménagement forestier Vertech en janvier 2018. Désormais, la Coopérative peut offrir un service «tout inclus». «On est un entrepreneur général clé en main, c’est-à-dire qu’on peut récolter, faire les chemins, transporter le bois… Après les travaux, on a une équipe de reboisement, scarifiage, de débroussaillage, de recherche de terrain… Cette filiale-là nous appartient à 100 %», a lancé M. Despins.

Des défis attendent toutefois la Coopérative dans les prochaines années. En plus de devoir composer avec une région où il est «relativement complexe de faire des opérations forestières», les dirigeants doivent dès maintenant multiplier les efforts pour le recrutement de la main-d’œuvre.

«On regarde évidemment les départs à la retraite et ces choses-là. Je dirais que dans cinq ans si les jeunes n’arrivent pas ça va être problématique un peu. On va lancer une offensive publicitaire pour montrer les avantages d’être membre d’une coopérative. On pense qu’on peut se démarquer à ce niveau-là […] On a aussi un intérêt envers la main-d’œuvre autochtone», a noté Marc-André Despins.

«La pénurie de main-d’œuvre, c’est quelque chose qui touche vraiment l’industrie forestière en Haute-Mauricie, mais on est très tributaire aussi des industriels donc la volatilité importante du prix du bois et de la conjoncture économique également», a-t-il ajouté.

En plus de travailler ardemment sur une nouvelle planification stratégique et la consolidation des équipes de direction, on surveille de près le projet de BELT qui consiste à implanter une bioraffinerie alimentée par les résidus de coupe forestière pour la production de carburants renouvelables.

«Il y a tellement d’opportunités, il y a tellement d’information, les choses vont tellement vite qu’on veut assurer notre pérennité à long terme».

«On est partie prenante du projet BELT. La Coop s’est positionnée comme le partenaire #1 pour l’approvisionnement de la biomasse», a affirmé M. Despins.

Quant aux festivités entourant le 35e anniversaire, il y en aura, mais il est encore tôt pour en parler précisément selon la Coopérative.

«Il va certainement y avoir un « happening » parce qu’on veut absolument souligner le 35e anniversaire. C’est une date qu’on juge importante […] De quelle façon ? Il est encore un peu tôt pour le dire, mais c’est certain qu’on veut faire un clin d’œil au passé avec des personnes clés qui ont été dans notre entreprise», a conclu Marc-André Despins.