Conflits chez Alcoa: mise en garde aux investisseurs

Bécancour — Rencontrant jeudi les hauts dirigeants d’Alcoa à Pittsburgh pour explorer des pistes de règlement au lock-out à l’Aluminerie de Bécancour, les représentants du Syndicat des Métallos débarquent aux États-Unis avec un rapport en poche qui se montre peu flatteur à l’endroit de la multinationale.

Celle-ci se retrouve dans le Controversies Journal publié par la firme Vigeo-Eiris à l’attention des investisseurs. Car outre le lock-out à l’ABI qui affecte 1030 syndiqués depuis plus de huit mois, un conflit de travail a éclaté le mois dernier en Australie, qui touche 1600 membres de l’Australian Workers Union.

Le bulletin publié à la fin août attire l’attention des investisseurs sur les controverses qui accablent Alcoa en matière de ressources humaines en Amérique du Nord, lui attribuant la cote de sévérité élevée. On y pointe notamment du doigt le conflit déclenché en août en Australie, lié à des réorganisations en matière de ressources humaines, là encore avec la mention de sévérité élevée. Vigeo-Eiris se décrit comme une agence internationale indépendante de recherche et services ESG (Environnement, Social et Gouvernance) à destination des investisseurs.

Ce rapport peu enviable survient au moment même où la fameuse rencontre au sommet entre les parties a lieu en sol américain. «Quand aux deux extrémités de la planète, une compagnie maintient à la rue des milliers de travailleurs, il y a de quoi déclencher des alarmes au sujet de la responsabilité sociale de l’entreprise. Nous espérons que les hauts dirigeants d’Alcoa commencent à sentir la soupe chaude et accepteront d’étudier des pistes sérieuses de règlement», a fait valoir le président de la section locale 9700, Clément Masse.

Celui-ci rappelle que 1030 familles sont à la rue depuis le 11 janvier dernier. Le litige porte sur le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre et le financement du régime de retraite. «À ce jour, le lock-out déclenché par Alcoa a privé l’État québécois de plus de 143 millions $ en revenus d’électricité», a-t-il conclu.