De gauche à droite: Tommy Déziel, directeur général de la SADC, Julie Noël, conseillères au développement économique du SDEF, Danielle Rémillard, directrice du SDEF, Béatrice Roy-Prince, conseillère en développement et communication à la SADC, et Chantal Fortin, directrice des services aux entreprises à la SADC.
De gauche à droite: Tommy Déziel, directeur général de la SADC, Julie Noël, conseillères au développement économique du SDEF, Danielle Rémillard, directrice du SDEF, Béatrice Roy-Prince, conseillère en développement et communication à la SADC, et Chantal Fortin, directrice des services aux entreprises à la SADC.

Comportement d’achat en Haute-Mauricie: «On a tous un rôle à jouer»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — L’achat local devra être mieux expliqué et les commerçants de La Tuque devront miser sur le service. Ce sont deux des principaux constats qui ressortent des résultats de l’étude «Comportement d’achat et opportunités d’affaires du marché latuquois» réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton. La SADC du Haut Saint-Maurice, en collaboration avec le Service de développement économique et forestier de La Tuque (SDEF), a dévoilé les conclusions de l’étude jeudi.

«On ne veut surtout pas que ce rapport-là dorme sur une tablette. On a tous un rôle à jouer. Il ne faut pas chercher un coupable, il faut plutôt penser aux solutions», a commenté Tommy Déziel, directeur général de la SADC du Haut Saint-Maurice.

Lancée en février 2020, l’étude avait pour objectif de déterminer les besoins commerciaux du territoire. Des consultations ont été effectuées auprès des grands donneurs d’ordres, des entreprises de détail ainsi qu’auprès de la population. Un sondage réalisé auprès des citoyens de l’agglomération de La Tuque a aussi permis de recueillir les commentaires de 647 répondants.

On peut voir dans cette étude que contrairement aux grands centres urbains et à la plateforme de commerce en ligne, qui compétitionnent sur la diversité et le prix, les commerçants de La Tuque doivent se démarquer par la qualité du service offert.

«Le constat qu’on fait, c’est que les Latuquois doivent miser sur le service. Contrairement à de grandes villes comme Montréal, vous avez un avantage parce que les gens se connaissent. Il faut être capable d’utiliser ces relations de proximité», explique Philippe Bourdeau, conseiller principal, stratégie et performance, du département de conseil en management de Raymond Chabot Grant Thornton.

Un autre fait saillant concerne les jeunes: ils ne s’identifient pas à l’offre commerciale actuelle. On soutient que la majorité des commerces latuquois ciblent une clientèle à revenu faible ou élevé, ce qui pourrait expliquer, en partie, l’insatisfaction de la classe moyenne et des jeunes.

«Pour les jeunes, ça s’explique par leur facilité à aller sur internet, une facilité que les gens plus âgés n’ont pas encore adoptée dans leurs comportements d’achat. Les jeunes magasinent plus en ligne», note M. Bourdeau

L’étude démontre un manque de sensibilité aux impacts de l’achat local pour le milieu.

«On a beaucoup tapé sur le clou de l’achat local, mais sans réellement expliquer les conséquences positives», a souligné Philippe Bourdeau.

Sur le territoire, on dénombre un déficit commercial d’environ 12 millions de dollars par année. Les catégories de biens les plus déficitaires sont les vêtements pour hommes, les matériaux de construction, la téléphonie et les communications, l’alimentation ainsi que les boissons alcoolisées.

«Si tout le monde à La Tuque dépensait 1600 $ de plus par année, donc 135 $ par mois, cet écart-là serait réduit au complet. C’est un peu utopique de croire qu’on va le réduire au complet, mais c’est pour mettre les choses en perspective. Ce n’est pas un écart insurmontable», souligne M. Bourdeau.

Les résultats présentés sont le fruit d’un travail réalisé dans les semaines précédant la pandémie de la COVID-19, mais sont toujours d’actualité.

Ils sont même accentués par les changements qu’a apportés la pandémie sur les habitudes d’achat de la population à La Tuque, tout comme partout dans les régions du Québec.

Si l’on refaisait l’étude aujourd’hui, les résultats seraient plus nuancés au niveau de l’achat local avoue l’expert.

«Je crois que ce serait plus positif, plus nuancé, c’est une opinion. Est-ce que dans six mois on aurait le même constat ? Probablement que oui. […] Il faut profiter du momentum pour se positionner de manière très forte. Je pense que les agents économiques de la région sont en train de se positionner», a commenté Philippe Bourdeau.

L’affaire de tous

Pour la SADC, les différents constats de l’étude mettent un élément en évidence; l’ensemble des acteurs latuquois ont un rôle à jouer, qu’ils soient consommateurs ou commerçants.

Cette étude aura aussi permis de cerner les opportunités d’affaires du marché latuquois. Le déficit commercial permettra aux acteurs du milieu économique d’accompagner les entrepreneurs, présents et futurs, vers les secteurs les plus en demande dans l’agglomération de La Tuque.

«L’achat local a toujours été un enjeu important pour la SADC et doit être l’affaire de tous. En effet, cette étude confirme que nous avons tous notre rôle à jouer; organismes, entrepreneurs, grands donneurs d’ordres, élus municipaux et tous les Latuquois. C’est ensemble que nous pourrons assurer la santé économique de notre région! La campagne d’achat local S’offrir La Tuque est une première initiative pour sensibiliser la population et promouvoir les produits et services sur notre territoire. Nous espérons que tous se l’accapareront», a commenté Tommy Déziel, directeur général de la SADC du Haut Saint-Maurice.