Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, a annoncé de nouvelles mesures pour aider les entreprises forestières, lundi après-midi à Shawinigan.

Compétitivité des entreprises du secteur forestier: Québec annonce de nouvelles mesures

Shawinigan — Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a annoncé des mesures pour améliorer la compétitivité des entreprises du secteur forestier, lundi en fin d’après-midi, au terme d’une rencontre avec des représentants de l’industrie de partout à travers la province, à l’Auberge Gouverneur de Shawinigan.

Le fait saillant consiste en la volonté de modifier le calcul de la valeur marchande des bois sur pied (VMBSP), pour ainsi réduire les disparités régionales. M. Dufour est convaincu que cette orientation plaira aux représentants d’entreprises.

«Pour les joueurs de l’industrie, c’est une action importante», explique-t-il. «Quand on n’harmonise pas les coûts, on arrive avec des disparités incroyables. On ose espérer que ça va donner un bon coup de main. Le coût de la fibre atteint des sommets et ça fait en sorte que la compétitivité de nos industries québécoises perd du terrain au profit des compagnies en Ontario ou dans l’Ouest canadien.»

Il existe précisément 191 zones de tarification à travers la province. M. Dufour ne pouvait mentionner, lundi, à quel coût ces nouveaux modes de calculs seront appliqués pour le gouvernement. Cette mesure spécifique entrera en vigueur un peu plus tard cette année, mais elle sera appliquée rétroactivement au 1er avril 2020.

«Il s’agit d’une harmonisation de prix», résume M. Dufour. «Nous ne distribuons pas d’argent aux industries. C’est plutôt une manière de travailler qui nous permettra d’alléger les coûts de la fibre. Ça a une grande valeur (pour les compagnies). Il y a certainement un coût pour le gouvernement, comme à chaque fois qu’on essaie d’alléger le fardeau fiscal des entreprises. Mais je pense que nous devons être là pour accompagner l’industrie.»

«Quand on vit des crises comme les litiges sur le bois d’œuvre, les blocus de chemins de fer qui ont aussi eu un impact... Dans cet environnement, il faut trouver le moyen, au gouvernement, de donner un peu de jus à nos entreprises.»

Dans la même veine, M. Dufour confirme la mise en place de processus-cadres pour l’harmonisation des usages et le règlement des différends. «Ça donnera de la prévisibilité pour tous, un élément essentiel», juge le ministre.

Le député d’Abitibi-Est souhaite également un Bureau de mise en marché des bois plus performant. M. Dufour veut qu’il soit plus en phase avec les pratiques de l’industrie. Des actions plus précises seront dévoilées à ce sujet à l’automne.

«Ces mesures viendront donner un coup de pouce et ce n’est pas terminé», prévient le ministre, qui annoncera vraisemblablement d’autres nouveautés dans le cadre de la présentation du dernier bilan quinquennal forestier, plus tard au printemps. Le budget de mardi pourrait également réserver certaines mesures, dans un volet environnemental cette fois.

Les représentants de l’industrie forestière étaient réunis à Shawinigan dans le cadre d’un forum stratégique pour échanger sur les enjeux de ce secteur.

«Toutes les régions du Québec étaient représentées afin de discuter de la compétitivité de l’industrie forestière et des moyens pour la renforcer», résume Marie-Louise Tardif, députée de Laviolette – Saint-Maurice et adjointe parlementaire du ministre Dufour.

Ce dernier rappelle que l’industrie forestière emploie 60 000 travailleurs au Québec et qu’elle touche 82 % des municipalités. En Mauricie, 3600 emplois sont toujours rattachés à cette industrie, malgré la saignée des 30 dernières années.