Steve Nadeau de Coconut snowsurf fabrique des planches à neige sans fixations.

Coconut snowsurf: surfer sur ses ambitions

Shawinigan — Si le surfeur moyen rêve des vagues hawaïennes, Steve Nadeau, lui, n’en a que pour la poudreuse. La tempête de la Saint-Valentin qui a laissé plus de 30 centimètres de neige sur la région, c’est son idée du bonheur. Non seulement le surfeur des neiges aime arpenter les pentes comme un «vieux skateur», tel qu’il se décrit, mais il fabrique ses propres planches. Coconut snowsurf. Une marque dont on retiendra le nom, s’il n’en tient qu’à lui.

Les planches de Steve Nadeau ont ceci de particulier qu’elles n’ont pas de fixations. Il s’agit d’une version des neiges du surf de mer. De la planche à neige sans attaches, en quelque sorte. Sa marque, Coconut snowsurf, a d’ailleurs comme slogan «libère-toi!». Pour Steve, le hors-piste gagne en popularité, et la planche sans attaches est toute désignée pour qui veut sortir des sentiers battus.

L’idée de lancer un projet de fabrication de planches purement québécoises germait depuis deux ans dans la tête de celui qui gagne autrement sa vie comme peintre en bâtiment. «Les gars de construction, ils s’embarquent souvent dans des paiements de pick-up à 800 $ par mois, moi mon truck, c’est ça ici», indique Steve en faisant visiter le local qui lui sert à la fois d’atelier et de salle de démonstration.

L’atelier en question est situé dans le Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, à Shawinigan. «Je connaissais l’endroit, j’ai peinturé la bâtisse au complet», explique l’entrepreneur, en se remémorant la transformation de l’ancienne usine Wabasso. Il y a quelques mois, lui et son partenaire graphiste, Alexandre Groleau, présentent un plan d’affaires au service de démarrage d’entreprises. Leur projet est accepté dans l’incubateur. Ils ont maintenant cinq ans et 500 pieds carrés pour mener le projet à terme.

Le procédé de fabrication des planches en est un de laminage. La presse, imposante, est artisanale. Du bois d’érable à sucre constitue la matière première. On se le procure chez Commonwealth Plywood, à quelques pas de là. L’époxy vient de Produits Chimiques Citadel, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Le produit est définitivement d’origine mauricienne.

Pour les autres matériaux, on surfera, mais sur l’Internet cette fois. Steve Nadeau tente de dénicher les aubaines. Il veut percer le marché avec un produit unique et abordable. Pas deux planches ne seront identiques et il entend maintenir ses prix autour des 400 $ pour son exemplaire le plus dispendieux. Il indique que les modèles de la concurrence, disponibles sur le marché, avoisinent les 600 $.

Si Steve Nadeau croit en son rêve et visualise le développement de sa PME, il soutient que le mot d’ordre depuis le début est de cheminer sans stress. «Je fais ça pour avoir du fun», justifie-t-il. Aussi, il n’est pas pressé de se lancer à l’assaut du marché. Lui et son partenaire en sont encore à monter un inventaire. Ils ont une trentaine de planches en stock. On attendra d’en avoir une centaine avant d’aller présenter le tout dans un salon de plein air.

«On peut sortir deux planches par jour, comme c’est là», fait valoir le surfeur-entrepreneur. Et le produit évolue rapidement, explique-t-il. La démarche est un peu autodidacte. Le Web est mis à contribution. On expérimente et on ajuste. On crée aussi. La planche n’est pas une fin en soi. On veut également signer des vêtements. Que du matériel original. Sans se stresser.