Le président de BMO, Groupe financier Québec, Claude Gagnon, a inauguré la nouvelle salle Cogeco du CECI par sa conférence ayant pour titre: l’économie du Québec, risque ou opportunité?.

Claude Gagnon: «La Mauricie est en avant de la parade»

TROIS-RIVIÈRES — «Votre région est très représentative des atouts et des défis du Québec. La Mauricie est en avant de la parade, sa croissance étant l’une des plus fortes au Québec en 2017 avec une augmentation du PIB de 3,5 %.»

Voilà l’un des nombreux messages lancés mercredi par le président de BMO, Groupe financier Québec, Claude Gagnon, aux membres de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières (CCI3R) réunis pour une première fois dans la nouvelle salle Cogeco du CECI.

Celui-ci a souligné la diversification économique de la région avec son industrie aéronautique ainsi que ses technologies environnementales et de l’information.

«Et le succès vient avec ses défis, comme les pénuries de main-d’œuvre. À 4,7 % de chômage, c’est le plein emploi. Votre région manque de bras. Et le phénomène est attisé par le vieillissement de la population», a-t-il fait remarquer tout en rappelant, au passage, que l’histoire de BMO en Mauricie avait commencé le 15 mars 1909.

Par ailleurs, M. Gagnon n’a pas caché que la nouvelle entente de commerce qui remplace l’ALENA crée des inquiétudes chez les nombreux producteurs laitiers de la région.

«Le Canada a fait pour le mieux avec un partenaire intransigeant pour préserver au mieux l’accès au marché américain qui absorbe presque les trois quarts de nos exportations. Mais on va s’en souvenir et acheter local», a-t-il affirmé.

Selon lui, le nouveau gouvernement Legault arrive dans un moment charnière, avec plusieurs transformations en cours, dont l’émergence de nouveaux modèles d’affaires issus de la technologie, comme «le plus grand hôtelier du monde alors qu’il ne possède aucun hôtel, Airbnb, le plus important transporteur routier alors qu’il ne possède aucun véhicule, Uber, et les plus importants détaillants du monde alors qu’ils ne possèdent aucun magasin, Amazon et Alibaba».


« Le succès vient avec ses défis, comme les pénuries de main-d’œuvre »
Claude Gagnon

«Mais ce qui s’en vient sera encore plus perturbateur. C’est la vraie révolution technologique, celle de l’intelligence artificielle. Êtes-vous prêts, comme chef d’entreprise, comme consommateur, à évoluer dans ce monde? Pour que cette révolution soit un progrès, il faut la baliser. BMO fait partie d’un groupe d’entreprises et d’organisations qui soutiennent la recherche sur tout l’aspect social de la révolution de l’intelligence artificielle», ajoute celui qui se dit préoccupé par tous les aspects éthiques de la récolte de données. «Plus on avance dans ces technologies, plus l’aspect humain devient central», renchérit-il.

Le conférencier du jour a également abordé la question des changements climatiques. «Même cette menace peut représenter un levier de développement. Le monde a besoin de solutions, d’innovations pour une économie verte», soutient M. Gagnon.

Pour lui, le Québec est dans le peloton de tête de sociétés les plus prometteuses du 21e siècle avec de l’énergie propre, à bon prix et en abondance, des ressources naturelles, des secteurs de pointe, un écosystème financier robuste, une stabilité politique, et un système d’éducation public parmi les meilleurs au monde, «malgré ses faiblesses».

«Nous avons tous un rôle à jouer dans l’inclusion et l’intégration des immigrants. BMO est d’ailleurs partenaire de l’initiative du passeport culturel étudiant étranger qui encourage les étudiants internationaux à rester au Québec», a-t-il fait savoir.

Autre source de préoccupation pour Claude Gagnon: le faible taux de participation aux dernières élections provinciales. «La démocratie est en perte de vitesse dans le monde et c’est probablement l’une des causes de la montée de ces leaders autoritaires et populistes qu’on voit émerger un peu partout. Il faut revaloriser l’engagement citoyen sous toutes ses formes», croit-il.

Et pour ceux qui pourraient se demander pourquoi un banquier se met-il à parler d’engagement citoyen, l’invité de la CCI3R répond que le lien est à peu près direct: «des bonnes affaires, ça se fait dans une communauté en santé».

«Quand on prend soin de ce qui nous entoure, de notre milieu de vie, de notre communauté, on entretient un climat propice à la croissance et à l’investissement. L’engagement social, c’est une stratégie de croissance. D’ailleurs, BMO en est un exemple reconnu dans le monde», signale-t-il tout en mentionnant que BMO est le cœur d’un groupe mondial de 12 millions de clients et 765 milliards de dollars d’actifs «solidement implanté dans toutes les régions du Québec».

Avec l’Institut du Nouveau Monde et des leaders de la société civile et des affaires, BMO tente d’intéresser les jeunes travailleurs à voter, entre autres, par des ateliers de discussion en entreprise.

«Il faut tous ensemble apprendre à discuter des enjeux qui nous concernent tous avec respect, en refusant, par exemple, l’insulte devenue si commune sur les réseaux sociaux qui ne contribue aucunement d’aucune façon à l’épanouissement de l’engagement citoyen», a conclu le grand patron de BMO, Groupe financier Québec.