Alain Tixier, président et directeur général de l’entreprise FingerTips, qui commercialise le coussin VIKTOR pour les personnes en perte d’autonomie.

Cinq ententes annoncées à Shawinigan

Shawinigan — Le deuxième Sommet international de l’innovation en villes médianes (SIIViM) de Shawinigan s’est conclu vendredi avec l’annonce de cinq ententes. Selon le maire, Michel Angers, il ne s’agit toutefois que de la pointe de l’iceberg compte tenu des nombreux contacts qui ont été établis entre les quelque 400 participants au cours des trois derniers jours.

Dès le début 2020, les coussins connectés Viktor s’installeront au DigiHub. Déjà sur le marché en France, ces articles offrent un système de communication adapté pour les personnes en perte d’autonomie. Cette innovation a remporté de nombreux prix depuis deux ans. Le Québec deviendra la plateforme de lancement du produit en Amérique du Nord.

Ces coussins ont visiblement séduit les visiteurs et les exposants à Espace Shawinigan depuis jeudi, puisque l’entreprise FingerTips, conceptrice des coussins Viktor, a reçu le prix coup de cœur de cette deuxième édition du SIIViM.

«Ma maman a perdu son autonomie lors du décès de mon père», raconte le président - directeur général de cette PME, Alain Tixier. «L’idée du coussin est venue parce qu’elle pratique le piano et elle en faisait sur ses genoux. On aurait dit qu’elle faisait de l’ordinateur, mais ce serait lourd sur elle. J’ai cherché quelque chose de léger et j’ai pensé à un coussin!»

Le produit se connecte sur la télévision par Bluetooth. Le coussin est équipé de capteurs, qui transmettent l’information à un petit boîtier équipé d’un ordinateur. Diverses fonctions peuvent ainsi être transférées sur le grand écran, par exemple des photos, des messages, des jeux. «Si je veux que la télé me lise un livre, je sélectionne la partie livre audio et j’ai un choix de 4000 heures de livres», illustre M. Tixier. «On arrive ainsi à rendre le quotidien d’une personne âgée beaucoup plus léger.»

Ne s’agit-il pas simplement d’une tablette numérique déguisée en coussin? M. Tixier fait remarquer que la dimension des commandes est beaucoup mieux adaptée pour les personnes en perte de dextérité.

«La télé, c’est confortable», souligne-t-il. «Ce côté est essentiel. En plus, on ne peut pas dormir sur une tablette!»

De son côté, IS Data Solutions a annoncé qu’elle effectuera le chemin inverse. Déjà présente au DigiHub de Shawinigan, elle a confirmé son implantation dans l’agglomération de Nevers, où elle avait d’ailleurs participé à la première édition du SIIViM, l’an dernier. L’inauguration de cette nouvelle place d’affaires est également prévue au premier trimestre de 2020.

IS Data Solutions se définit comme un spécialiste dans l’intégration et l’interopérabilité des systèmes d’information, notamment pour le domaine municipal et le milieu de la santé.

RTCS

La Régie de transport en commun de Shawinigan bénéficiera également des retombées du SIIViM, avec le déploiement de l’application MyBus, de Monkey Factory, une entreprise française qui intègre sa technologie pour la première fois en Amérique du Nord.

Cet outil permet d’acheter, d’enregistrer et de valider des titres de transport dématérialisés. Les utilisateurs peuvent ainsi honorer leurs droits de passage de n’importe où. L’application permet aussi de suivre en temps réel le déplacement des autobus sur le réseau.

Pour le moment, la RTCS offrira le droit de passage unitaire, le carnet de cinq passages, les passes famille, mensuelle et vacances sous la forme dématérialisée. MyBus propose aussi la validation des titres de transport en papier.

«Notre ambition est de mettre plus de gens dans les transports en commun», résume Frédéric Pacotte, président et chef de la direction de Monkey Factory. «On pense que le digital est l’un de ces moyens, en facilitant l’accès.»

Alain Boucher, coordonnateur de la RTCS, précise qu’un échantillonnage d’usagers sera formé au cours des prochaines semaines pour tester l’application.

La quatrième entente implique un autre service municipal de Shawinigan. Dorénavant, la technologie de relevés LIDAR de Jakarto permettra de réaliser des mesures, analyses ou relevés d’arpentage sans avoir à se déplacer. Les données récoltées au cours des derniers mois seront utilisées par les services de l’ingénierie et des technologies de l’information.

«C’est une prise de relevés en trois dimensions de toutes nos rues, nos bâtiments, nos poteaux, nos bornes d’incendie», énumère Sandrine Émonin, géomaticienne à la Ville. «Ça nous permet d’avoir un inventaire plus précis et d’éviter beaucoup de déplacements pour mesurer des hauteurs, des longueurs ou des profondeurs.»

Enfin, l’entreprise bivizio, de Drummondville, a annoncé la création d’une plateforme innovante pour 12 villes en France afin de connecter les écosystèmes urbains. Une façon de partager les avantages compétitifs de chacune.

«L’idée est de créer un grand maillage international avec des villes partenaires qui peuvent le démultiplier à leur tour avec leurs propres villes jumelées», explique Denis Thuriot, maire de Nevers et président de Nevers agglomération.

«La plateforme pourra numériser un ensemble d’écosystèmes pour amener une valeur ajoutée au développement économique d’une ville, d’une région, d’une province ou d’un pays», ajoute Bertrand Racine, président de bivizio. Il prévoit structurer la même toile au Québec dès l’an prochain.

«Nous voulons faire un réseau global mondial fort entre les villes médianes», avance-t-il.