Le nombre d’emplois à temps plein est en hausse en Mauricie, avec un total de 94 500 personnes qui sont au boulot à temps complet.

Chômage: creux historique à 4,9 %

TROIS-RIVIÈRES — Selon les données régionales disponibles qui remontent à 1987, le taux de chômage en Mauricie vient d’atteindre un creux historique à 4,9 % en novembre, ayant diminué de 0,1 point de pourcentage par rapport à octobre 2018. Il y a un an, il s’établissait à 5,4 %. Quant à Trois-Rivières, le taux de chômage est remonté à 5,3 % le mois dernier après avoir aussi connu un plancher jugé historique à 4,9 % en octobre 2018.

Pour le ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet, cette bonne nouvelle est le reflet d’une vitalité économique. «Je tiens à féliciter tous nos créateurs d’emplois et tous ceux qui s’impliquent dans le développement économique. Et les PME sont la pierre d’assise de notre structure industrielle», a-t-il commenté.

À son avis, un tel résultat mensuel «met en relief l’importance d’avoir un plan d’action sur la main-d’oeuvre». Car le député de Trois-Rivières reconnaît que les problèmes de recrutement sont «extrêmement présents chez nous aussi dans le commerce de détail, la restauration et le secteur manufacturier».

Du même souffle, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale observe que la population active diminue par rapport à l’emploi. D’ailleurs, le taux d’activité est en recul tant au niveau régional que dans l’agglomération trifluvienne, se situant respectivement à 56,6 % et 59,8 %, alors qu’au Québec, il est de 64,2 %.

«Là où ça blesse, c’est que le taux d’activité reste l’un des plus faibles parmi les régions administratives, parfois il y a des différences de dix points de pourcentage avec d’autres régions. Ça, c’est mauvais parce que ça veut dire qu’il y a beaucoup d’inactifs, mais c’est en quelque sorte bon parce qu’on a encore de la marge de manœuvre pour aller chercher de l’emploi ici dans la région, sans faire venir des gens de Montréal, de Québec ou même d’ailleurs dans le monde, ce qui est beaucoup plus difficile. Mais ça veut dire que ça représente un gros défi pour ramener cette population-là parce que parfois, ce sont des décrocheurs, des gens qui n’ont pas les qualifications ou qui ont une certaine fragilité sociale. Donc, ça va poser quand même un défi de les ramener sur le marché du travail», a indiqué le professeur en économie de l’UQTR, Frédéric Laurin.

Selon lui, les chiffres du mois de novembre «représentent bien en fait les pénuries d’emplois». «Les entreprises veulent tellement embaucher qu’elles offrent de plus en plus de bonnes conditions, salariales ou autres, qui amènent des gens de la population inactive à sortir de l’inactivité et à commencer à chercher ou à prendre un emploi. Ça, c’est positif. Ça démontre que les PME de la région embauchent beaucoup», renchérit le spécialiste.

Au pays, le taux de chômage a diminué de 0,2 point de pourcentage pour s’établir à 5,6 % en novembre, soit le taux le plus bas enregistré depuis 1976, année où des données comparables sont devenues disponibles, a annoncé vendredi Statistique Canada.

L’agence fédérale a expliqué que l’emploi a progressé de 94 000 en novembre, stimulé par une hausse du travail à temps plein. Au cours de la période de 12 mois ayant pris fin en novembre, l’emploi a augmenté de 219 000 ou de 1,2 %, sous l’effet d’une hausse du travail à temps plein (+227 000 ou +1,5 %).

Au cours de la même période, le nombre total d’heures travaillées s’est accru de 2,1 %.

L’emploi a augmenté dans six provinces, notamment au Québec et en Alberta, tandis qu’il a peu varié dans les quatre provinces de l’Atlantique.

Au Québec, l’emploi a augmenté de 26 000 en novembre, en raison d’une hausse du travail à temps plein. Le taux de chômage a peu varié pour s’établir à 5,4 %. L’emploi a connu une hausse notable dans les services professionnels, scientifiques et techniques ainsi que dans les services d’enseignement. Au cours de la période de 12 mois ayant pris fin en novembre, l’emploi dans la province a peu varié.

L’emploi dans les services professionnels, scientifiques et techniques a augmenté de 26 000, et les hausses les plus fortes ont été observées en Ontario et au Québec.

Le nombre de personnes occupant un emploi lié au cannabis en novembre s’est chiffré à 10 400, ce qui constitue une augmentation de 7500 (+266 %) par rapport à 12 mois plus tôt.

La consommation de cannabis à des fins non médicales a été légalisée au Canada le 17 octobre 2018.