François-Philippe Champagne ne craint pas pour l’avenir du centre fiscal de Shawinigan, mais il reconnaît qu’il faudrait plus de transparence en ce qui concerne les nouveaux échéanciers des travaux de rénovation.

Centre fiscal: Champagne souhaite plus de transparence

SHAWINIGAN — Le Centre national de vérification et de recouvrement est à Shawinigan pour y rester, mais le député de Saint-Maurice - Champlain à la Chambre des communes, François-Philippe Champagne, reconnaît qu’un effort de transparence dans la transmission de l’information doit être réalisé dans le dossier de rénovation de cet immeuble.

Depuis deux jours, le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités tente d’obtenir des précisions chez Services publics et Approvisionnement Canada pour faire le point. L’Alliance de la fonction publique doute même que les plans et devis de la première phase de rénovation de 12 millions $, annoncée en avril 2017, soient réalisés.

Dans l’esprit de M. Champagne, il ne fait aucun doute que ces fonctionnaires ne doivent aucunement craindre que ce centre soit laissé à l’abandon.

«Je veux rassurer les gens: il n’y a aucune question sur la viabilité du centre fiscal», indique-t-il. «C’est derrière nous. Le centre fiscal est ici pour rester.»

«Il n’y a pas de questions à savoir si on fait ou pas les travaux», insiste-t-il. «C’est plutôt quoi, comment et quand.»

Pour le moment, M. Champagne s’accroche à la version selon laquelle les embauches massives au Centre national de vérification et de recouvrement depuis l’automne 2016 ont chamboulé des plans de rénovation. Depuis ce temps, pas moins de 300 postes se sont ajoutés. Le député précise que ces emplois ont été créés beaucoup plus rapidement que prévu.

«Nous avons ajouté des postes de travail, ce qui demande une redéfinition des plans et devis», explique le député.

«Quand on fait une comparaison avec les travaux au Parc national, il faut savoir qu’à cet endroit, les devis sont demeurés les mêmes», fait-il remarquer. «Au centre fiscal, on est devenu le plus important Centre national de vérification et de recouvrement au Canada! À chaque fois qu’on ajoute des postes, ça a un impact.»

M. Champagne mentionne que des réservoirs de dilatation ont été remplacés au cours des derniers mois, de même que certains équipements dans la cuisine. Des portes ont été mises aux normes. Le ministre reconnaît toutefois que ces manœuvres n’ont rien à voir avec la première phase d’investissements confirmée au printemps 2017, alors qu’on parlait de réfection de plafond, d’un nouvel éclairage et des travaux de réparation dans le parc de stationnement.

«C’est vrai que certains travaux ont dû être repositionnés dans le calendrier à la suite du rajout d’effectifs», convient-il. «Il s’est fait des choses en parallèle, mais c’est vrai que les grands travaux restent à faire.»

Transparence
L’Alliance de la fonction publique du Canada fait remarquer que le propriétaire de l’immeuble, Services publics et de l’Approvisionnement, rassurait également les fonctionnaires au sujet des ratés du fameux système de paye Phénix, qui est devenu un puits sans fonds de doléances. En conséquence, le silence de ce ministère sur les travaux de rénovation du centre fiscal ne rassure guère.

M. Champagne en prend bonne note. Il estime d’ailleurs qu’un petit exercice de communication s’impose dans les circonstances. Il doit s’entretenir avec le sous-ministre vendredi.

«Ce que je désire faire, c’est une séance d’information avec les employés pour être très clair sur ce qui a été fait, sur ce qu’on prévoit faire et sur les échéanciers en fonction des nouvelles réalités», annonce-t-il.

«Nous sommes en pleine période de recrutement, alors c’est à notre avantage d’offrir des espaces de travail de qualité. (...) Moi, je veux m’assurer que ce qu’on a dit se fasse et s’il y a un recadrement de l’échéancier, je suggère qu’on l’explique et je pense que les gens comprendront.»

Si Services publics et Approvisionnement Canada se prend la tête à deux mains en raison d’une arrivée massive de fonctionnaires, son casse-tête se complexifiera encore davantage à court terme. Selon Normand Pelletier, conseiller syndical à l’Alliance de la fonction publique du Canada, 200 postes seraient ajoutés cet automne.

«Comme on n’a pas de place pour asseoir ces gens, j’ai appris qu’on créerait un quart de travail de soir», avance-t-il. Des pourparlers en ce sens auraient été entamés avec le syndicat, conformément aux procédures prévues à la convention collective.

L’Agence de revenu du Canada ne pouvait confirmer cette information jeudi.