Mario de Tilly
Mario de Tilly

«Ce sera une reprise extrêmement longue», selon Mario de Tilly 

TROIS-RIVIÈRES — Décidément, Mario de Tilly se retrouve au cœur du coronarivus. Non seulement cinq membres de son équipe d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières ont-ils contracté la COVID-19, mais son organisme planche sur un plan de relèvement économique.

«Une reprise qui nous ramènerait à l’équivalent de notre économie avant la récession, ce n’est pas avant deux ans. Ce sera une reprise extrêmement longue», prédit le directeur général qui est en confinement depuis dix jours.

Celui-ci rappelle qu’IDE Trois-Rivières avait préparé des mesures d’urgence «qu’on a dû modifier un peu». «On n’avait certainement pas prévu qu’entre 40 % et 45 % de l’économie serait mise en quarantaine, on ne l’avait pas vu venir du tout. L’impact va être énorme, je fais référence à une hausse spectaculaire du taux de chômage à partir du mois d’avril. Actuellement, au niveau national, ils sont au-dessus de 1,5 million de nouvelles demandes et c’était avant l’annonce des trois semaines de fermeture d’entreprises et de commerces», signale-t-il.

Ce qui le remplissait de joie et de fierté, «c’est qu’on était enfin rendu à 4,7 % de taux de chômage, on avait le taux d’activité le plus élevé des villes de 100 000 habitants et plus, on avait rattrapé tout le monde». «Jusqu’où ça va aller en termes de détérioration des données socioéconomiques? Je sais qu’on va probablement multiplier par un facteur deux, deux et demi, le taux de chômage», appréhende M. De Tilly.

Par ailleurs, à travers cette bataille sociosanitaire, il trouve qu’on a tendance à oublier une catégorie d’individus: les gens d’affaires. «Les entrepreneurs ont investi leur vie, combien vont tomber au combat? Un nombre assez important. C’est sûr que nous, on va essayer de leur apporter le plus de réconfort, de les aider, de les soutenir au mieux de ce qu’on peut faire», a-t-il fait savoir.

Selon lui, il faut absolument que l’État, les deux paliers de gouvernement, envoient des messages clairs «pour nous aider à les soutenir, nous donner des sous, des disponibilités pour être capable de récupérer».

«On a fait une première mesure de 1,1 million en râtelant les fonds à gauche et à droite qu’on avait de disponibles, croyant qu’on aurait pu aider un certain nombre d’entreprises», a-t-il raconté tout en précisant que c’était avant la nouvelle vague de mauvaises nouvelles annoncées en début de semaine.

«Au-delà de ce qu’on essaie de faire, c’est d’avoir beaucoup plus de support et d’aide pour être capable de soutenir ces gens-là. Ce n’est pas parce que tu es en affaires que tu es un millionnaire. C’est la coiffeuse du coin de la rue, l’esthéticienne, la poseuse d’ongles, le jardinier, tous ces gens-là qui ont parti de petites entreprises. Qu’est-ce qui va se passer avec ces gens-là?», se demande-t-il.

Se disant sensible à leurs besoins, M. De Tilly parle d’une cellule de relèvement économique «où on va travailler avec les gens du milieu des affaires parce qu’il faut remettre nos gens rapidement au travail».

«On revoit complètement notre budget, on l’a mis aux ordures, on recommence. On est en situation d’urgence. À une maladie de cheval, ça va prendre un remède de cheval. Il va falloir qu’on retrousse vraiment nos manches», a-t-il conclu tout en annonçant que près de 35 % de son personnel pourra réintégrer volontairement les lieux de travail dès lundi prochain.

Finalement, le Salon de l’emploi virtuel, qui devait avoir lieu le 26 mars prochain, est reporté à une date ultérieure.