Mario Lyonnais, préfet de la MRC de Bécancour.

«Ce qui s’en vient ne sera pas rose»

BÉCANCOUR — «Ce qui s’en vient ne sera pas rose, autant au niveau économique, social qu’alimentaire. Les répercussions vont être assez terribles. On voit une certaine panique». Voilà le constat du préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, qui a lancé vendredi un vibrant appel à la mobilisation alors qu’un plan d’action sera annoncé en début de semaine pour réagir aux impacts de la pandémie.

D’où la création d’un comité d’urgence avec des représentants de la MRC, du Centre d’action bénévole du territoire, du Centre du Plateau Laval, du CIUSSS, de la Corporation de développement communautaire de la MRC, d’Entraide Bécancour et de LaRue Bécancour.

«Nous évaluons les besoins en ressources humaines, alimentaires et financiers pour mettre en oeuvre une escouade qui aura le mandat de subvenir aux besoins alimentaires de notre population», explique le directeur général, Daniel Béliveau, qui va jusqu’à dire que la MRC pourrait devenir «un livreur d’épicerie» dans le présent contexte.

Selon le préfet Lyonnais, la bataille contre la COVID-19 sera longue. «Comme collectivité, nous nous devons de mettre les efforts nécessaires pour atténuer le pire et ainsi assurer le bien-être de nos citoyens et ainsi éviter tout contact humain», a-t-il déclaré, invitant les personnes âgées de 70 ans et plus à suivre les recommandations de rester à la maison.

Par ailleurs, les organismes communautaires doivent dorénavant composer avec du personnel réduit. «Le besoin de main-d’oeuvre se fera sentir et les organismes communautaires ne pourront pas répondre à une clientèle supplémentaire et ainsi offrir les services adéquats», font remarques les dirigeants de la MRC.

Actuellement, disent-ils, les organismes d’aide alimentaire sur le territoire réussissent tout juste à répondre à la demande actuelle. «Sachant qu’une partie de la population aura besoin, sous peu, de ce service, les organismes sont inquiets face à ce constat. Ils n’ont pas les moyens d’ajouter plus que ce qu’ils offrent en ce moment», observe le duo.

À leur avis, la livraison de l’épicerie ou de plats pré-préparés sont des pistes de solutions envisageables pour éviter tout contact humain et ainsi diminuer la propagation du virus.

«Nous cherchons des partenaires, des ressources humaines disponibles et surtout du financement. En cette période de crise humanitaire, nous avons besoin de l’aide de tout le monde. Nous devons changer nos habitudes de consommation et le premier geste commence par se faire livrer les choses plutôt que de se déplacer», soutient M. Béliveau.

«De plus, nous travaillons en étroite collaboration avec le CIUSSS afin de nous transmettre toutes les procédures à suivre afin d’éviter la contamination et que le service à nos citoyens se fasse en toute sécurité et ce, dans le respect des normes établies par le gouvernement du Québec», renchérit-il.

Ce dernier invite donc toute personne, entreprise et tout organisme intéressés à se joindre à cette escouade à communiquer avec lui au 819 298-3300, poste 226.