La propriétaire de Casafriq: la Case à Elvire, Elvire B. Toffa.

Casafriq, la Case à Elvire: la passion de l’intégration

Trois-Rivières — Il y a de ces trésors cachés pourtant si près. C’est le cas de ce commerce situé tout juste à côté de la salle Thompson, au centre-ville de Trois-Rivières. On est loin de se douter que derrière la porte du 390, rue des Forges, se trouve tout un univers à la fois coloré et chaleureux. Bienvenue chez Casafriq: la Case à Elvire.

«J’étais déjà entrepreneure dans mon pays d’origine. Je continue ce que je faisais», confie la propriétaire, Elvire B. Toffa, dont l’entreprise avait initialement le sens de «cause africaine du Québec», d’où Casafriq.

Outre son diplôme en informatique de gestion obtenu dans sa Côte d’Ivoire natale, cette diplômée de l’UQTR en communication écrite se veut une artiste dynamique qui a fondé la première école de danse spécialisée en danse africaine dans la région de la Mauricie en 2008, soit un an après son arrivée à Trois-Rivières. D’ailleurs, son école est un élément majeur de son entreprise qui se définit comme un incontournable de l’art et de l’artisanat afro-exotique avec les deux autres aspects: le salon de beauté et la manufacture de vêtements, toujours dans la niche afro-exotique. En résumé, Casafriq: la Case à Elvire offre une foule de services d’inspiration africaine par des activités regroupées sous trois volets.

Son slogan? Un voyage en Afrique en demeurant en sol québécois. Découvrons ensemble l’univers magique de la danse africaine et la petite touche ensoleillée qui fait toute la tendance: voilà ses deux devises rattachées respectivement à Casafriq Danse et Casafriq Créations.

«Artiste dans l’âme et créatrice de la tête jusqu’au bout des doigts, je suis une passionnée de danse d’expression africaine, de création de vêtements et accessoires de tout genre faits à la main avec des matériaux afro-exotiques. Pour résumer, je dirais que je suis une artiste créatrice», avoue celle dont les domaines de prédilection sont la danse, le design de mode et le design du cheveu afrométissé.

Or, cette mère de trois «magnifiques» enfants - les plus beaux cadeaux de l’univers et sa plus grande réussite, confie-t-elle - se dit sensible à la question de l’intégration socio-professionnelle de la femme immigrée en région. «Pourquoi ne pas commencer à en être un modèle, ou simplement un résultat de ce cheminement migratoire? Au-delà d’une entreprise, Casafriq demeure un moteur d’intégration pour moi», explique la femme d’affaires.

Par ailleurs, celle-ci a co-fondé le Regroupement des Amazones d’Afrique et du Monde (RAAM). Cet ONG se veut un lieu de partage, d’échanges et de projets pour l’essor, l’épanouissement et le rayonnement de la femme africaine et du monde dans son nouveau pays d’adoption.

Pour Elvire B. Toffa, l’intégration de la femme immigrante prend son essor dans le travail, plus précisément dans un leadership assumé et des projets entrepreneuriaux. C’est pour cette raison qu’elle a initié récemment le projet l’Ambassadrice du Monde du Québec (AMAQ) dont l’objectif est de stimuler l’entrepreneuriat au féminin chez la femme immigrante.

Et, avec sa plume, cette dernière partage son cheminement, ses expériences et ses opinions comme femme immigrée, mère et entrepreneure sur son blog via immigrer.com, plusieurs autres plateformes de libre expression et son entreprise Casafriq. «L’écriture demeure ma façon de raconter Casafriq et mes projets de vie comme femme africaine immigrante et citoyenne du monde», tient à faire savoir cette vice-présidente du RAAM.

À moyen et long terme, elle veut offrir «un carrefour d’intégration pour toute femme qui sait faire de quoi de ses mains». «Je veux agrandir au niveau du sous-sol pour accueillir quatre coiffeuses», a-t-elle annoncé.

Celle qui est derrière l’organisation de la Journée internationale de la femme africaine (JIFA) à Trois-Rivières se définit comme une Amazone, «une vision de la femme Noire émancipée, libre et en quête d’une intégration socioprofessionnelle partout où elle se trouve dans le monde».

«L’Amazone, c’est aussi une émission TV sur la chaîne locale MAtv», conclut celle qui s’implique dans plusieurs organisations pour parler de la condition de la femme africaine au Québec et dans le monde, avec l’angle de l’intégration et du leadership comme moyen d’expression.

Casafriq en chiffres

2007
Arrivée à Trois-Rivières

2008
Ouverture de l’école de danse africaine

3
Volets de son entreprise