Une des neuf participantes au projet Rencontre autour d’un jardin du Carrefour emploi Mékinac.
Une des neuf participantes au projet Rencontre autour d’un jardin du Carrefour emploi Mékinac.

Carrefour emploi Mékinac: du jardin à l’emploi

SAINT-TITE — Malgré le déconfinement qui permet à de plus en plus d’entreprises et d’organismes d’accueillir à nouveau leur clientèle, rejoindre celle-ci demeure parfois difficile. Aux personnes réticentes à se présenter dans ses locaux pour bénéficier de ses services, par crainte de contamination, le Carrefour emploi Mékinac offre une alternative: une rencontre autour d’un jardin, fourni par l’organisme, chez elles.

La formule est simple: le Carrefour fournit aux intéressés un bac à jardin, de la terre, du compost et des légumes à transplanter (deux plants de tomates, un de concombres et des plants de laitue). Les intervenants de l’organisme se rendent ensuite périodiquement chez ces jardiniers en herbe pour leur donner des conseils de jardinage et voir comment se porte le jardin. Mais c’est également un prétexte pour prendre contact avec ces personnes.

«Ça permet de créer un contact significatif, mais aussi de retourner quelques fois dans l’été pour voir si elles réussissent à s’en occuper. Ça les habitue à être en contact avec quelqu’un de l’extérieur, pour éventuellement les amener à faire une démarche plus structurée de recherche d’emploi ou de remise en action (comme un retour aux études, NDLR)», résume Guy Veillette, directeur du Carrefour emploi Mékinac.

Les intervenants en profiteront d’ailleurs pour prendre des nouvelles des participants, sur la façon dont ils ont vécu le confinement, notamment.

Cultiver l’effort

L’instigatrice de ce projet baptisé Rencontre autour d’un jardin, Mélanie Massicotte, voit un parallèle intéressant entre l’entretien du jardin et les démarches de remise en action.

«Le jardin permet de leur montrer l’importance de faire des efforts constants chaque jour. Si tu t’occupes tous les jours de ton jardin, tu vas avoir de beaux légumes. S’ils l’oublient quelques jours, ils vont voir leur salade se flétrir. Ça permet de voir les résultats immédiatement. C’est la même chose avec leurs démarches personnelles», souligne-t-elle.

Le fait de déplacer le lieu de l’intervention menée par les employés du Carrefour a par ailleurs des avantages, ajoute-t-elle.

«On n’aide pas juste le jeune dans ses recherches d’emploi ou pour entamer des études, mais dans son cadre de vie. Ça leur permet d’être dans leur milieu, ils sont confortables et ça nous permet de voir des choses qu’on n’aurait pas vues autrement. Ça peut nous aider à les accompagner», estime Mme Massicotte.

Sécurité alimentaire

Depuis le lancement du projet, la semaine dernière, neuf personnes ont décidé d’y prendre part. L’organisme dispose encore de cinq kits de jardinage (bacs, terre, compost et plants) à distribuer à des jeunes qui ont recours à ses services ou souhaitent le faire. Les intéressés peuvent contacter Mélanie Massicotte à l’adresse courriel emploi@cjemekinac.org ou par téléphone au 418 365-7070 poste 1222.

Si ces ensembles ne trouvent pas preneur, les jardins seront faits et entretenus au Carrefour. Les légumes récoltés seront distribués à des jeunes qui fréquentent l’organisme et qui ont un faible revenu. Le projet se veut d’ailleurs une façon de contribuer à la sécurité alimentaire des participants.

«On va aussi donner des ateliers sur la transformation des légumes au début de l’automne, pendant la période des récoltes. Il y a des producteurs maraîchers qui ont besoin de main-d’œuvre et qui nous permettent de partir avec une partie des récoltes si on vient aider», explique M. Veillette.

Projet annuel ou vivace?

Bien que ce projet soit une réponse du Carrefour aux conséquences de la pandémie de COVID-19 et du confinement, rien ne dit qu’il ne se répétera pas dans les années à venir.

«C’est un projet que je n’ai aucun problème à répéter. Si le bac se trouve toujours chez la personne, on peut replanter l’année suivante ou l’amener chez quelqu’un d’autre si la personne n’est plus intéressée. Et puis ce n’est pas un projet qui est très coûteux», souligne M. Veillette.

Le Carrefour rejoint environ 300 personnes chaque année, pour un accompagnement à divers niveaux, parfois très ponctuel, comme la rédaction ou la mise à jour d’un CV. Entre 30 et 40 personnes profitent annuellement d’un accompagnement plus soutenu dans leurs démarches.