Le quart de la production annuelle de Chemise Empire est fabriqué en Asie.
Le quart de la production annuelle de Chemise Empire est fabriqué en Asie.

Canadel et Chemise Empire rehaussent leurs standards de salubrité

LOUISEVILLE — La présence du coronavirus en sol québécois pousse Meubles Canadel et Chemise Empire à rehausser leurs normes d’hygiène. Et si la première entreprise ne craint pas vraiment une fermeture des frontières au transport de marchandises, le manufacturier de chemises semble plus préoccupé par cette éventualité.

Chemise Empire confectionne annuellement 200 000 chemises d’uniformes à son usine de Louiseville et fait fabriquer 65 000 par année en Asie. Au courant de la vague de coronavirus qui sévit depuis quelques mois sur la planète, la direction de Chemise Empire a fait le plein de matières premières importées pour sa production locale afin de vendre son produit notamment à de nombreux corps de police canadiens. Mais la direction du manufacturier louisevillois demeure aux aguets de l’évolution de la situation et souhaite de tout coeur que le gouvernement fédéral ne ferme pas les frontières du pays à la circulation des biens.

«On est en communication avec nos clients et avec nos fournisseurs et ils sont dans la même situation que nous. Toute la chaîne d’approvisionnement est impactée avec la limitation des frontières. C’est plus onéreux de faire venir du stock par avion. Nos tissus et certains produits finis proviennent de l’extérieur. Il y a moins de vols pour les gens, il y a moins de vols pour les marchandises et les coûts explosent. On a une autonomie pour quelques semaines. Ça va dépendre des commandes. On ne souhaite pas une fermeture des frontières (pour les biens). Ce serait une catastrophe pour l’économie. On souhaite que ça se limite aux individus. Et ça ralentit déjà l’économie», note le directeur général du fabricant de chemises, François Lizotte.

Meubles Canadel envoie entre 70 % et 75% de sa production aux États-Unis. Michel Deveault est très au courant des limitations imposées par les gouvernements concernant la circulation des citoyens en cette période de turbulence, mais ne pense pas qu’une fermeture des frontières au transport des marchandises soit annoncée.

François Lizotte est le directeur général de Chemise Empire.

«Je ne m’attends pas à avoir des problèmes pour la circulation des marchandises, analyse le président et chef des opérations de ce fabricant louisevillois. On fait nos produits, on les envoie et c’est tout. On n’a aucun signal qui dit le contraire.»

Chemise Empire rouvre ses portes mardi après avoir mis ses 100 travailleurs en congé, lundi. La direction voulait prendre le temps de bien s’ajuster aux demandes gouvernementales concernant le combat à mener contre la propagation de ce virus. De nouvelles normes en matière de salubrité seront en place.

«On a une employée à temps plein qui fait le nettoyage, chaque personne a un désinfectant à son poste de travail, on a des horaires de travail élargis pour limiter les interactions et les regroupements d’employés», énumère M. Lizotte.

«On a pris des gens de la production et on les affecte au ménage à temps plein avec un chariot et des produits ménagers. Ils font le tour des poignées de porte, des rampes d’escalier. On augmente la fréquence de nettoyage dans les endroits communs comme la cafétéria», explique M. Deveault, qui tenait à faire le tour des installations louisevilloises, lundi, afin de démontrer aux employés que si ces derniers sont physiquement au travail, la direction l’est aussi.

La direction de Meubles Canadel s’attend à un certain ralentissement des affaires à court terme, mais à une reprise à moyen terme.

Deux cadres de ce fabricant de meubles sont récemment revenus de voyages aux États-Unis et en Europe. Ils sont actuellement à leur domicile.

La consigne du travail à domicile est aussi appliquée pour le personnel administratif de Chemise Empire.

«On réalise que ça crée des désagréments pour beaucoup de monde, mentionne M. Lizotte. Des gens voyagent avec d’autres personnes, des gens gardent des enfants. On essaie de minimiser les impacts financiers sur ces gens. De notre côté, on revoit le fonctionnement pour continuer à opérer en respectant les nouvelles règles d’hygiène. On a des mesures sanitaires plus strictes pour faire notre contribution à éviter la propagation.»

Les responsabilités familiales n’ont pas eu d’impact majeur sur la présence au travail des employés de Meubles Canadel. Selon Guy Brassard, directeur du personnel, il ne manquait que six travailleurs lundi matin. Canadel emploie 650 personnes, soit 550 à Louiseville et une centaine en Beauce.

Michel Deveault est le président et chef des opérations de Meubles Canadel.

«Les gens ont une facilité à s’organiser. Les mesures ont été annoncées vendredi, les gens ont eu le temps de se préparer. Les gens s’adaptent», raconte M. Brassard.»

Meubles Canadel connaît un début d’année 2020 marqué par une hausse de 7 ou 8 % de son chiffre d’affaires. Selon Michel Deveault, la baisse du tourisme engendrée par le coronavirus pourrait avoir un impact positif pour le domaine du meuble.

«On dit aux gens de ne plus voyager. Le budget sera alloué ailleurs. Ça va baisser à court terme, mais à moyen terme, on devrait en bénéficier.»