Le maire de Shawinigan, Michel Angers et le président de Canac, Jean Laberge, ont confirmé l’implantation de la 28e succursale de cette chaîne sur le site de l’ancienne aluminerie, lundi matin.

Canac sur le site de l'Alcan

Shawinigan — Cinq ans après la dernière coulée d’aluminium, le site acquis de Rio Tinto Alcan à prix d’ami empruntera à son tour le virage économique de Shawinigan cet automne, avec l’ouverture du 28e magasin Canac au Québec. Le spécialiste de la construction et de la rénovation déroule huit millions de dollars pour s’établir sur le boulevard Saint-Sacrement, une présence qui entraînera la création d’environ 90 emplois.

Le président de la chaîne, Jean Laberge, s’est déplacé à l’hôtel de ville, lundi matin, pour confirmer la nouvelle. Ne connaissant à peu près rien de Shawinigan avant qu’un contact lui parle de cette opportunité, l’homme d’affaires s’ambitionnait dans les superlatifs pour donner son appréciation de l’accueil reçu à l’hôtel de ville et de la qualité de l’emplacement de ce nouveau magasin. Les premiers échanges ne se sont produits que l’automne dernier.

«Quand j’ai vu le site, je me suis dit qu’on n’avait pas besoin d’étude de marché!», sourit M. Laberge, qui qualifie de «coup de foudre» sa première impression. «Le site est exceptionnel.»

«Ça a tellement été vite (avec la Ville)», ajoute-t-il. «Notre philosophie, c’est quand on a un permis de construction, on commence. J’ai cinq ou six municipalités en attente, mais je n’ai pas de permis. Ici, je pense que je l’aurais eu en une semaine! Je n’ai jamais vu ça de ma vie.»

Tout près de là, Shawinigan aluminium poursuit ses activités industrielles. Des travaux d’amélioration sont prévus aux bâtiments de cette usine de transformation au cours des prochains mois. La cohabitation des deux vocations n’effraie pas M. Laberge.

«Je n’aime pas installer un Canac dans un parc industriel, parce que les gens ne vont pas nécessairement magasiner là», convient-il. «Mais à l’occasion, ça va arriver que nous sommes en bordure d’un parc industriel. Dans le cas ici, je vois plus ça comme une place commerciale, en plein centre de la ville.»

«Nous travaillons avec d’autres promoteurs potentiels», ajoute le maire, Michel Angers. «Ça peut être du manufacturier léger, de l’industriel léger ou du commerce. Il nous reste encore beaucoup d’espace. Il peut y avoir une mixité. Si nous avons des projets industriels, on peut les pousser un peu plus vers l’arrière. C’est un premier pas et vous en verrez venir d’autres.»

En fait, le maire précise qu’après cette vente, il reste encore 97 000 mètres carrés de terrain disponible sur le site de l’ancienne aluminerie.

Excellent rendement
Rio Tinto avait cédé cette propriété à la Ville pour la somme symbolique de 1 $, à l’automne 2016. «C’était un legs pour souligner les années de labeurs des travailleurs et la grande tolérance de la population qui habitait autour de l’usine», rappelle M. Angers.

Or, moins de deux ans plus tard, la Ville revend près de 30 % de cette propriété pour la somme de deux millions de dollars. Une partie du fruit de cette transaction servira à réaménager l’entrée au site, à l’intersection de la rue Saint-Prosper, qui sera d’ailleurs prolongée. Les infrastructures d’égout et d’aqueduc seront également remplacées. La Ville s’attend à payer 750 000 $ pour ces travaux.

La grande surface s’établira sur l’emplacement actuel des anciens bureaux administratifs de l’aluminerie, qui seront démolis ces jours-ci. Ces travaux, aux frais du nouveau propriétaire, emporteront aussi un petit entrepôt adjacent.

Au dégel printanier, la construction du nouveau Canac, évaluée à six millions de dollars, pourra se mettre en branle. Le magasin occupera une superficie totale de 3870 mètres carrés, dont 2480 m2 en plancher de vente. L’investissement comprend également l’aménagement d’une grande cour à bois extérieure et un entrepôt couvert de 2860 m2. M. Laberge prévoit une ouverture à l’automne, soit cinq ans après la dernière coulée d’aluminium sur ce site, qui est survenue le 29 novembre 2013.

Dans la région, Canac exploite deux grandes surfaces à Trois-Rivières, sur le boulevard des Récollets et sur la rue Saint-Maurice. Au printemps, le groupe, qui embauche plus de 3300 personnes au Québec, ouvrira de nouvelles succursales à Thetford Mines et à Saint-Augustin-de-Desmaures.