Ginette et Lise Dubuc, fondatrices du CAFE féminin, en compagnie d’Isabelle Dufresne, fière de l’une de ses créations.

CAFE féminin: une troisième année vive en émotions

Shawinigan — Pendant quinze ans, Isabelle Dufresne s’est appliquée à fournir un environnement adéquat à ses trois garçons en répondant à leurs moindres besoins à la maison. Mais alors que le petit dernier prépare son entrée à la maternelle, elle s’est demandée à quoi elle occuperait dorénavant ses journées. La voilà maintenant prête à lancer son entreprise, Fleurs d’émotions, qui devient un nouveau départ pour cette femme de 38 ans.

Ce genre de réussite a été souligné mercredi matin, dans la nouvelle classe du Centre d’apprentissage et de formation en entrepreneuriat (CAFE) féminin. Il s’agissait d’une troisième année pour l’organisme qui, à pareille date en 2018, était menacé de disparaître.

«Nous avions alors posé directement la question à Services Québec pour savoir si le ministère pouvait nous soutenir financièrement pour les salaires», raconte Lise Dubuc, cofondatrice du CAFE féminin avec sa soeur, Ginette.

«On nous avait répondu que ce n’était pas possible. Nous sommes parties en vacances, nous avons déménagé nos affaires du Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, parce qu’on ne pouvait plus rester là en raison des coûts. À notre retour, Services Québec est revenu à la charge en nous annonçant que finalement, il nous financerait!»

Seul bémol, le ministère exigeait que la formation dure une journée de plus par semaine. L’idée d’offrir le cours «Lancement d’une entreprise» en complément a fait le reste.

Depuis l’automne dernier, l’organisme est basé à l’Institut de commerce de la Commission scolaire de l’Énergie. Cette dernière met gracieusement à la disposition du CAFE féminin une classe, deux bureaux et une salle de conférence. Le CEADS a également cédé du mobilier qui ne servait plus.

Une troisième session de 24 semaines a donc finalement été organisée en 2018-2019. Dix femmes ont ainsi pu franchir toutes les démarches vers la création d’entreprises des plus variées, de la tenue de livres à l’accompagnement de personnes âgées, en passant par la confection de savons et de shampoing artisanaux, de vêtements ou de chocolat.

Une participante a décidé de créer un kiosque alimentaire pour les événements spéciaux. Une autre s’est même lancée dans la conception d’un produit naturel pour l’entretien de la... barbe!

À trois cohortes de dix femmes chacune, le CAFE féminin en a donc formé trente depuis ses débuts. Les horizons qui s’ouvrent à elles sont très variés, mais ils permettent assurément de changer leur vie.

«Je pense que nos résultats ont finalement convaincu Services Québec de nous appuyer», croit Lise Dubuc. «Des femmes ont acheté un dépanneur où elles travaillaient, d’autres ont démarré des organismes à but non lucratif. Certaines sont retournées aux études. Aucune n’est restée chez elle à ne rien faire.»

La formation traditionnellement offerte au CEADS a permis de bonifier le parcours, mais elle exige aussi un effort considérable des participantes.

«Le cours Lancement d’une entreprise était un gros défi», convient Ginette Dubuc. «Elles vont toutes le réussir! C’est impressionnant.»

Mme Dufresne était d’ailleurs bien fière de partager son cheminement. Elle mettra dorénavant à profit son expertise comme fleuriste et en horticulture pour concevoir des bouquets originaux et offrir des ateliers aux aînés.

«Cette expérience touche beaucoup de compétences personnelles, comme la confiance en soi, la persévérance, l’estime de soi», énumère-t-elle.

«Ça touche l’essence même de l’être! Quand on est en santé de cœur, d’âme et d’esprit, on peut entreprendre n’importe quoi.»

Présent lors de cette conférence d’information, le maire de Shawinigan, Michel Angers, salue la persévérance des sœurs Dubuc pour accompagner les femmes de 30 ans et plus vers l’autonomie financière.

«Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, vous allez contribuer à la prospérité économique et sociale de Shawinigan», souligne-t-il.

Les fondatrices du CAFE féminin ont profité de l’occasion pour confirmer qu’une quatrième session de formation sera offerte l’an prochain.