Pidjouma Traoré a connu un baptême mouvementé à la direction générale du Marché public de Shawinigan.

Ça chauffe autour du directeur général

Shawinigan — L’engouement créé par la cure de rajeunissement du Marché public de Shawinigan appartenant déjà au passé, le défi consiste maintenant à augmenter une fréquentation qui, au mieux, a stagné au cours de la dernière année. Le directeur général, Pidjouma Traoré, ne manque pas d’idées pour atteindre cet objectif, mais un an après son arrivée en poste, il convient que l’ampleur de la tâche l’a surpris dans le détour.

«Le directeur général est seul ici; il ne peut pas tout faire, c’est impossible», constate M. Traoré. «C’est fou! Ceux qui sont passés ici étaient très compétents, mais l’énergie que ça prend, c’est terrible. J’ai géré le fonds du Pacte rural dans un CLD pour 17 municipalités (dans la MRC de Maskinongé). Mais ce n’était rien comparé au marché. Les gens ne peuvent pas rester plusieurs années s’il n’y a pas de soutien. C’est très dur.»

M. Traoré est entré en fonction le 15 février 2017. Il devenait la troisième personne à occuper ce poste en moins de douze mois, après Justine Prud’homme et Marie-Andrée Trudel. Le président de la coopérative du Marché public de Shawinigan, Gilles Lafrenière, insiste sur l’importance d’une stabilité sur cette chaise, mais il convient qu’il doit trouver des solutions pour que les objectifs de croissance soient rencontrés.

«L’idée, c’est de travailler avec ses forces en d’en trouver d’autres pour l’entourer», explique-t-il à propos de M. Traoré. «Quand je suis arrivé à la présidence du marché, ce qui me décevait, c’était le changement de dg à plusieurs reprises. Ça prend un peu de stabilité. Nous avons cet objectif, mais aussi celui de croître et d’être dynamique. Nous n’avons pas de roches à lancer à personne, mais nous devons aller plus loin.»

M. Lafrenière aimerait tirer profit de la force du réseau des marchés publics en Mauricie, en incluant le Marché Godefroy à Bécancour, pour partager certaines tâches. Son plan n’est pas encore couché, mais il cherche visiblement des solutions pour alléger la tâche de M. Traoré.

«On ne veut pas étirer ça pendant cent ans», indique-t-il. «Nous avons vu un malaise. On ne fera pas l’autruche, on va essayer de le régler. Ça fait plusieurs fois qu’on jette le bébé avec l’eau du bain. Peut-on travailler autrement?»

«On va peut-être chercher des ressources humaines à l’extérieur, mais qui bénéficieront à l’ensemble des marchés», glisse M. Lafrenière. «Je pense que le développement des marchés va passer par des partenariats. Il faut travailler ensemble.»

Contexte
M. Traoré reconnaît qu’au cours de la dernière année, le Marché public de Shawinigan a levé le pied en ce qui concerne la promotion. Il précise qu’un investissement de 20 000 $ a dû être effectué pour augmenter la puissance de l’entrée électrique de l’immeuble, au bénéfice des marchands. Ce montant a sérieusement amputé le budget de promotion.

Le directeur général se dit tout de même assez satisfait de la fréquentation au cours de la dernière année. Il fait ressortir qu’en août 2016, 19 917 entrées avaient été recensées. Exactement un an plus tard, le marché enregistrait 23 999 passages, un bond de 20 %. M. Traoré n’a toutefois pas voulu préciser l’évolution de cette fréquentation sur une base annuelle, mentionnant simplement qu’il était satisfait de la fidélité de la population en 2016-2017, surtout en tenant compte du fait que le budget de promotion a fondu de 20 300 $ à 8000 $.

De son côté, M. Lafrenière offre une lecture plus nuancée. Après les travaux de rénovation en 2015, le Marché public de Shawinigan visait à attirer 7000 visiteurs par semaine.

«La fréquentation ne se maintient pas depuis le renouvellement du marché», laisse tomber le président. «S’il y a une baisse, c’est qu’il y a quelque chose. Pidjouma dit qu’il est débordé. C’est parce qu’il est bon dans certains éléments et moins dans d’autres. Peut-on compenser autrement? C’est là-dessus qu’on travaille.»

«L’image de changer de directeur général tous les ans, ce n’est pas terrible», ajoute M. Lafrenière. «Quand on change de dg, ça prend quelques mois au nouveau avant de maîtriser ses dossiers. On perd du temps. Ce n’est pas la meilleure des solutions. Mais on trouve qu’il y a des longueurs entre les actions et celles-ci ne portent pas autant qu’on voudrait. Ça prend du jus de bras!»

«Nous sommes en mode solution pour voir comment ça pourrait être plus dynamique, autant au plan administratif que pour le développement et l’animation du milieu. C’est ce qui fait la différence entre un marché et l’épicerie du coin. Il faut se distinguer par ce que nous sommes.»