Stéphane Dufresne et Gladémir Lacombe sont les nouveaux propriétaires des boutiques Le Yéti de Trois-Rivières et Shawinigan.

Boutique Le Yéti: d’employés à patrons!

TROIS-RIVIÈRES — Après y avoir travaillé pendant plusieurs années, les grands sportifs Gladémir Lacombe et Stéphane Dufresne sont depuis peu propriétaires des boutiques Le Yéti de Trois-Rivières et de Shawinigan.

La vente des deux magasins de la bannière implantée depuis 1977 se spécialisant dans les articles et les vêtements destinés aux sports d’endurance, au plein air ainsi qu’au vélo a en effet été officialisée vendredi dernier et est rétroactive au 1er septembre dernier.

Les deux hommes d’affaires sont donc maintenant à la tête de la trentaine d’employés qui œuvrent dans les établissements situés sur le boulevard des Récollets et la 5e Rue de la Pointe.

Alors que son nouvel associé, qui conseille des skieurs de fond, cyclistes, coureurs et adeptes du plein air depuis une trentaine d’années, caressait en secret le rêve de se porter acquéreur un jour de la boutique trifluvienne, Gladémir Lacombe travaille concrètement à ce projet depuis plus de deux ans.

Athlète accompli – il a notamment pris part au Championnat du monde de Ironman à Hawaï en 2017 –, il a œuvré comme mécanicien de vélo à la boutique de Shawinigan au début des années 2000 avant de terminer sa formation en maçonnerie et se lancer dans ce domaine. Bien qu’il aimait son métier, il a entrepris une réflexion sur son avenir il y a environ trois ans.

«À 40 ans, je me suis dit que je ne pourrais pas faire ça toute ma vie. Ma réflexion part de là. Je me suis donc donné cinq ans pour me trouver autre chose», raconte M. Lacombe.

Après avoir envisagé de réorienter sa carrière dans d’autres domaines reliés à la construction, l’idée de marier sa passion pour le sport à son désir de se lancer en affaires à commencer à germer dans son esprit.

Gîte jumelé à un service de location d’équipements sportifs, centre de santé et autres projets du genre font partie des idées qui ont été lancées au cours de ce processus.


« J’avais déjà signifié au cours des dernières années que ça pouvait m’intéresser. Mais avant que Gladémir m’approche, il n’y avait rien eu de concret »
Stéphane Dufresne

«Pendant ma réflexion, je suis allé faire une course de vélo de montagne d’endurance au Portugal. [...] Et je crois que c’est en revenant de l’aéroport que ma blonde m’a dit qu’elle avait entendu dire que Le Yéti était peut-être à vendre. Le lendemain matin, je cognais chez René [Lamothe, un des anciens propriétaires]», poursuit-il.

Au cours des années qui ont suivi, M. Lacombe a discuté avec quelques partenaires potentiels afin de sonder leur intérêt à se joindre à lui dans cette aventure. Après avoir essuyé quelques refus, il a alors songé à approcher l’employé de longue date et gérant de la succursale de Trois-Rivières.

«J’avais déjà signifié au cours des dernières années que ça pouvait m’intéresser. Mais avant que Gladémir m’approche, il n’y avait rien eu de concret», mentionne Stéphane Dufresne.

Pour son nouvel associé, l’expérience et l’attachement pour l’entreprise de M. Dufresne constituent des avantages indéniables qui en font un partenaire d’affaires parfait.

«Au début, j’approchais surtout des potentiels partenaires financiers car je pensais que ça prenait beaucoup de centaines de milliers de dollars pour être capable d’en venir à quelque chose. Tranquillement, je me suis rendu compte que ce n’étaient pas vraiment des gens qui allaient faire du plancher. Il y en a un qui était intéressé, mais il était sans expérience. Il se voyait à Trois-Rivières, alors c’est Stéphane qui aurait écopé. J’aurais alors sorti le gars qui a le plus d’expérience pour un qui n’en a pas», explique M. Lacombe.

Plus que le commerce en ligne

À une époque où le commerce en ligne prend de plus en plus de place dans les habitudes de consommation des gens, il peut sembler farfelu de se lancer dans l’aventure du commerce au détail. Conscients du défi auquel ils font face, les deux hommes d’affaires comptent donc mettre l’accent sur le service à la clientèle ainsi que sur des produits qui ne sont pas accessibles en ligne afin de continuer à attirer des clients dans leurs deux boutiques. «Tout ce que l’on vend, ce sont des produits qui nécessitent des conseils et des services. Mais si on se contentait à vendre des produits, c’est sûr que ça serait plus compliqué», reconnaît M. Dufresne.

M. Lacombe veut également que les ateliers de mécanique de vélo des deux boutiques attirent plus de cyclistes dont les montures ont besoin d’une mise au point, d’un positionnement ou d’une réparation, et ce, peu importe la marque ou le magasin où elles ont été achetées. «On ne peut se battre sur le prix contre Internet, il faut donc offrir plus», lance celui qui a d’ailleurs connu sa conjointe et mère de ses enfants alors qu’elle était sa collègue de travail à la boutique de Shawinigan.