Les frères Alain et Yvan Nobert transforment actuellement l’ancienne Pâtisserie Chevalier en un atelier de production de mets cuisinés. L’aménagement d’un immense congélateur est également prévu.

Boucherie Nobert prend de l’expansion

Shawinigan — En cette ère de confection de petits plaisirs culinaires à la maison, une entreprise comme la Boucherie Nobert connaît une forte expansion, qui incite les propriétaires à trouver de nouvelles stratégies pour augmenter la cadence. C’est dans cet esprit qu’ils ont fait l’acquisition de l’ancienne Pâtisserie Chevalier, sur la rue du Parc-industriel à Shawinigan, afin de transformer l’immeuble en atelier de production.

En calculant l’achat et les travaux de réaménagement, il s’agit d’un investissement de deux millions de dollars. Boucherie Nobert donnera ainsi une nouvelle vie à ce bâtiment de quelque 53 000 pieds carrés, qui avait perdu son âme au printemps 2013 lorsque Canada Bread avait annoncé la fermeture de Pâtisserie Chevalier. Cette mauvaise nouvelle avait provoqué la perte de 74 emplois.

Depuis ce temps, l’endroit a été utilisé comme centre de distribution et de vente au détail. Le Groupe immobilier Bel-Rive avait acquis l’immeuble en novembre et l’a revendu à une compagnie à numéro des frères Yvan et Alain Nobert en décembre.

Au cours des derniers mois, le conseil municipal de Shawinigan a fait cheminer un processus de modification au règlement de zonage pour autoriser ce lot à des fins industrielles pour la préparation de différentes variétés de mets cuisinés à base de viandes, volaille, poissons et fruits de mer. En fait, il s’agissait de diversifier l’usage de transformation déjà permis. Le processus d’adoption, qui s’est conclu en séance extraordinaire le 29 avril, n’a rencontré aucune opposition.

Les frères Nobert s’attendent à une mise en exploitation au début de l’été. Cette acquisition leur permettra de ne pas renouveler leurs baux pour des services de réfrigération. Ces opérations seront rapatriées dans le secteur Shawinigan-Sud afin de répondre à la demande de leurs deux boucheries, situées à Shawinigan et à Trois-Rivières.

«De prime abord, on cherchait un nouvel espace pour la congélation», raconte Yvan Nobert. «Entre Québec et Montréal, nous ne trouvions pas grand-chose de disponible. Nous aménagerons un congélateur où on pourra entrer 400 palettes. Une partie pour nous et une autre en location pour d’autres entreprises du domaine agroalimentaire.»

Un atelier de production pour les deux boucheries occupera aussi beaucoup d’espace. Son objectif consistera d’abord à répondre à la demande locale, mais d’autres perspectives pourraient également s’ouvrir. Pour donner une idée, la hotte de cette nouvelle cuisine s’étendra sur 68 pieds!

«Notre cuisine est devenue trop petite à Trois-Rivières», explique Yvan Nobert. «Elle restera ouverte, mais on en fait une supplémentaire. Étant donné que ce ne sera pas simplement une cuisine d’établissement, nous aurons le permis pour fabriquer des trucs pour de nouveaux marchés. Tout ce qui sera produit ici pourra être revendu à des tiers, comme des dépanneurs, des épiceries. Même des restaurants! S’ils ont des problèmes de main-d’œuvre, on pourrait reproduire confidentiellement des recettes.»

Cette capacité de production bonifiée ne cache pas une volonté, à court terme, d’ouvrir une troisième boucherie.

«Pour l’instant, nous ne visons pas d’autre emplacement», commente Yvan Nobert. «C’est vraiment pour alimenter nos deux magasins. Mais on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait! De prime abord, c’était vraiment parce qu’il fallait augmenter notre capacité de production. Par la suite, tout sera ouvert.»

Les deux hommes d’affaires ne veulent pas donner de détails sur leur rythme actuel, déjà très varié. «On pourra, au minimum, tripler notre capacité de production», estime Alain Nobert.

Bonne chère

Les frères Nobert sentent évidemment l’engouement des foyers pour la bonne chère. Ce plaisir de cuisiner à la maison explique, par la bande, cet important investissement.

«Les gens apprécient la qualité et la fraîcheur des aliments», observe Alain Nobert. «Je ne dirais peut-être pas qu’ils sont plus exigeants, mais ils ont sans doute plus de connaissances. Ils sont plus informés.»

«Avec toutes les émissions de cuisine, même des téléréalités, les gens font plus d’essais qu’avant», ajoute Yvan Nobert. «Les parties qui ne se vendaient pas autrefois sont maintenant prisées, comme la macreuse, l’onglet de bœuf, la bavette... Depuis environ cinq ans, ces produits sont en croissance. La cuisine a évolué. Les gens aiment prendre le temps de faire de belles recettes. Ils veulent donc des pièces bien précises.»

Présentement, Boucherie Nobert engage 105 personnes à Trois-Rivières et à Shawinigan. Cet investissement dans le parc industriel Albert-Landry entraînera la création de 15 à 20 emplois.