Le député de Trois-Rivières à la Chambre des communes, Robert Aubin, dénonce le fait que les libéraux n’ont pas demandé l’inclusion de contenu canadien dans l’appel d’offres de Via Rail.

Bombardier: Québec veut du contenu local, Ottawa défend le libre-échange

OTTAWA — Le premier ministre Francois Legault exige au moins 25 pour cent de contenu local dans l’octroi du contrat des nouveaux wagons de Via Rail.

«Je n’en reviens pas de voir M. Garneau baisser les bras», s’est-il exclamé mardi lors d’une mêlée de presse à Québec.

«Ce sont les contribuables qui, via le gouvernement fédéral, vont investir 1 milliard $ dans ce train-là, puis là on a un gouvernement fédéral qui dit ‘je n’exigerai pas de contenu canadien ou québécois’. Ça n’a pas de bon sens!»

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, avait expliqué un peu plus tôt que les traités de libre-échange avec l’Europe et les États-Unis ne permettent pas à Via Rail de favoriser Bombardier dans l’octroi de ses contrats.

«Nous on joue sur toute la planète et au fédéral, nous n’avons pas le droit d’imposer des règles qui favoriseraient des compagnies canadiennes quand on croit aux traités de libre-échange et ça s’applique dans les deux cas», a-t-il dit en rappelant que Via Rail est indépendante du gouvernement.

La société d’État s’apprêterait à annoncer l’attribution d’un contrat de 1 milliard $ à la multinationale allemande Siemens, selon La Presse. Via Rail veut renouveler son parc de locomotives et de voitures pour le corridor ferroviaire entre Québec et Windsor, en Ontario.

La nouvelle suscite tout de même de l’inquiétude chez les 600 employés de Bombardier à La Pocatière où la mise à pied d’une centaine d’employés a déjà commencé en raison de la fin d’un contrat des voitures Azur destinées au métro de Montréal.

«Ce n’est pas concevable que ça soit donné à une compagnie allemande, que le travail soit fait aux États-Unis pour des voitures du Canada», a déploré le président du syndicat, Claude Michaud.

Il demande à Via Rail de revoir son processus d’appel d’offres.

Garneau critiqué de toutes parts

Autant à Québec qu’à Ottawa, les partis d’opposition ont fait part de leur mécontentement. «Je suis extrêmement déçu, extrêmement déçu», a lancé le député conservateur Bernard Généreux, en entrevue. L’usine de La Pocatière est située dans sa circonscription.

«Via Rail, c’est financé par le gouvernement du Canada, à ce que je sache, avec l’argent des Canadiens, a-t-il ajouté. Le moins du monde qu’on aurait pu s’attendre, c’est sans nécessairement contrevenir à nos ententes internationales de libre-échange, qu’on ait un minimum de contenu local dans ce contrat-là.»

«C’est un non-sens, il n’y a pas d’autre réponse», a déploré le porte-parole néo-démocrate en matière de transports, Robert Aubin, qui avait écrit au ministre dès l’annonce des fonds fédéraux pour les wagons dans le budget 2018 pour lui demander l’inclusion de contenu canadien dans l’appel d’offres. «J’ai eu la réponse laconique que nos ententes internationales nous interdisent de faire ça. Or, nos principaux partenaires le font.»