Il ne devrait pas y avoir de conséquences immédiates dans les établissements de Produits forestiers Résolu en Mauricie, mais la situation est suivie de près.

Bois d'oeuvre: «On savait que ça s'en venait»

L'ajout d'un droit préliminaire antidumping de près de 7 % par les États-Unis a été vivement dénoncé, mais n'a pris personne par surprise dans l'industrie du bois d'oeuvre dans la région. On s'y attendait, et certains avaient même déjà prévu le coup
C'est le cas pour le Groupe Rémabec où l'on estime toutefois qu'il n'y aura pas d'impacts majeurs à court terme.
«Actuellement, on ne prévoit pas d'impact sur nos opérations tout comme on n'a pas eu d'impact suite au premier droit compensateur. C'est certain que ce n'est pas une bonne nouvelle et qu'on n'est pas heureux de cette taxe-là qui nous est imposée. Par contre, on savait que ça s'en venait. On a été capable de prévoir le coup», a commenté le directeur des communications et des relations publiques du Groupe Rémabec, Pierre-Olivier Lussier.
«La demande au niveau des États-Unis qui est à la hausse, le dollar canadien qui est favorable, tout ça jumelé à l'aide gouvernementale qu'on a eue fait qu'on est dans un contexte où l'on peut espérer, et on est confiant, qu'on n'aura pas d'impact pour le groupe Rémabec tant pour nos opérations en forêt qu'en scierie», a-t-il ajouté.
Cette nouvelle taxe, même si on l'avait vu venir, est difficile à digérer chez Produits forestiers Résolu (PFR). On soutient que c'est «injustifié et injustifiable».
«Paradoxalement à la volonté des Américains de nuire à l'industrie forestière canadienne, leur décision d'imposer des tarifs injustes et injustifiés vient pénaliser leurs consommateurs parce que ultimement ce sont eux qui paient leurs matériaux de construction plus cher. C'est un non-sens», a commenté le porte-parole de l'entreprise Karl Blackburn.
Ce dernier affirme également que les décisions annoncées dernièrement par les Américains sont dues à des pressions de «grands propriétaires terriens du côté américain pour les favoriser eux au détriment de leurs consommateurs».
«Évidemment, on n'est pas surpris du genre de stratégie qu'ils mettent en place. [...] On a besoin du marché américain et ils le savent très bien. C'est pour ça qu'ils utilisent des stratégies, à la limite déloyale, pour asphyxier l'industrie forestière canadienne, nuire aux communautés et aux travailleurs, tout ça pour le plaisir de quelques grands producteurs terriens américains», a lancé M. Blackburn.
Pour le moment, il n'y aura pas de conséquences immédiates dans les établissements de PFR en Mauricie, mais la situation est suivie de près.
«Pour le moment, il est difficile de dire quelles conséquences ou quels impacts cela aura par rapport aux opérations dans chacune de nos installations. C'est le marché qui va dicter la suite des choses [...] Dans les prochaines semaines, les prochains mois, on va voir comment les marchés vont réagir. S'il y avait une réaction plus importante de la part des acheteurs de nos produits à ce moment-là, il risquerait d'y avoir des conséquences dans les communautés où est transformée la ressource», a souligné M. Blackburn.
Rappelons que la mesure antidumping d'environ 7 % s'additionne au droit compensatoire de 19,88 % appliqué depuis avril dernier. La taxe frontalière de l'industrie canadienne du bois d'oeuvre est désormais en moyenne de 27 %.
Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, n'est pas non plus tombé en bas de sa chaise lorsqu'il a appris la nouvelle. Évidemment, l'annonce des États-Unis n'a rien de réjouissant, mais il continue de marteler que la modernisation est la solution.
«Ça fait plusieurs mois qu'ils nous le disent... Il faut avoir les reins solides pour passer à travers tout ça. [...] J'ai toujours le même discours, l'argent du gouvernement doit servir à compenser le mal fait par l'augmentation de taxes, mais aussi pour se moderniser. La modernisation devrait permettre de faire des économies», a-t-il commenté.