Une rencontre a eu lieu entre le Conseil de la Nation atikamekw, Bioénergie La Tuque et FP Innovations.

Bioraffinerie: discussions avec la Nation atikamekw

Le Conseil de la Nation atikamekw (CNA) a rencontré en début de semaine des représentants de Bioénergie La Tuque (BELT) et de FPInnovations afin de discuter de l'implication de la Nation atikamekw dans le projet de bioraffinerie à base de résidus forestiers.
Lors de cette rencontre, les représentants du CNA ont fait part de leurs préoccupations et du grand intérêt de la Nation atikamekw à prendre part à ce projet de développement majeur sur le Nitaskinan.
«La Nation atikamekw supporte, a priori, ce type de projet de développement sur le territoire ancestral, le Nitaskinan, s'il est fait dans le respect de nos droits. Elle veut et elle doit être impliquée dans les différentes étapes du projet.
Tout ce que nous souhaitons, c'est d'être partenaires à part entière au développement de notre territoire et de ces ressources... et surtout, le faire dans des conditions gagnantes et respectables pour tous», a mentionné le grand chef du CNA, Constant Awashish. 
Rappelons que le projet de bioraffinerie vise la production de diesel renouvelable à partir de la conversion de résidus de coupes forestières. On estime qu'entre 650 000 et 1,2 million de tonnes métriques de résidus de coupes issus de la région de la Haute-Mauricie pourraient être valorisés dans l'usine. Un projet de près d'un milliard de dollars qui pourrait créer jusqu'à 500 emplois. 
«Cette première réunion, à la fois cordiale, ouverte et professionnelle nous a permis de constater que les visions et principes de développement entre la Nation atikamekw, BELT et FPInnovations sont alignés. La création d'emplois, voire de nouvelles entreprises, pour la région, mais surtout pour nos jeunes, notamment pour les jeunes Atikamekw, est une vision partagée.
Bien que beaucoup de travail reste à accomplir, le support du Conseil de la Nation atikamekw est une autre étape importante pour garantir le succès du projet BELT de bioraffinerie forestière», a souligné le directeur général de BELT, Patrice J. Mangin. 
«Ce projet s'inscrit parfaitement au sein de notre plan stratégique d'innovation et de nos efforts de recherche en bioraffinage ainsi qu'avec notre programme national d'accompagnement d'affaire en foresterie autochtone», a ajouté Pierre Lapointe, président et chef de la direction de FPInnovations.
Cette rencontre exploratoire sur la question de l'implication atikamekw dans le projet est la première de plusieurs autres à venir, espère le CNA.
«Certaines modalités restent encore à être discutées et il est souhaité que la Nation atikamekw soit davantage présente et impliquée à la table des discussions pour les étapes à venir.» 
Le président du conseil d'administration de BELT, Patrice Bergeron, a d'ailleurs confirmé que le grand chef du CNA serait invité à d'autres rencontres ultérieures afin de «poursuivre le dialogue de manière ouverte et constructive, mais surtout de travailler avec le Conseil et les communautés de la Nation atikamekw à l'atteinte d'objectifs communs».
La ville se réjouit
Bien qu'il n'ait pas assisté à la rencontre, le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, s'est réjoui de cette rencontre et de voir naître un partenariat avec la Nation atikamekw dans ce dossier.
«Je tiens à saluer cette initiative. Ce projet est majeur pour le développement de notre région, notamment en matière de création d'emplois. Ville de La Tuque a donné son appui à BELT pour la réalisation du dossier.
Le fait que le CNA s'y intéresse et désire participer à sa réalisation démontre que nous sommes prêts à travailler ensemble pour accueillir cette nouvelle industrie chez nous et créer de l'emploi pour nos gens», a affirmé Normand Beaudoin.
Selon la Ville, le projet de bioraffinerie constitue le premier axe de développement économique dont elle s'est dotée pour la diversification de son économie. M. Beaudoin reconnaît qu'il reste encore beaucoup de travail à accomplir, toutefois le projet est sur la bonne voie.