Un autre projet de plus d’un milliard de dollars plane sur le Parc industriel et portuaire de Bécancour.

Bécancour ou milliards en dormance...

ANALYSE / «Je dois ma discrétion à toutes les annonces qui ont été faites au parc industriel et qui ne se sont pas concrétisées.» Voilà comment le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a réagi à la nouvelle voulant qu’un projet d’usine de 1,3 milliard de dollars plane (encore) sur le Parc industriel et portuaire de Bécancour.

Cette fois, il s’agit de l’entreprise H2V Énergies qui veut produire «une nouvelle énergie propre qu’est l’hydrogène», peut-on lire dans un document de lobbying. Le directeur de l’Institut d’Innovations en Écomatériaux, Écoproduits et Écoénergies, à l’UQTR, Patrice Mangin, est d’ailleurs impliqué dans ce projet, mais il est tenu à la confidentialité, a-t-il indiqué au Nouvelliste.

«Ça m’étonne qu’il y ait ça dans le journal. On avait signé une entente de confidentialité. Mais la confidentialité n’existe pas pour le propriétaire. Les promoteurs font ce qu’ils veulent et annoncent ce qu’ils veulent. La seule chose que je peux confirmer, c’est que ce projet-là existe, il est en marche selon nous. Il y a des rencontres de façon régulière pour l’évolution du dossier et nous, il y a un terrain qui est réservé avec une option et il y a déjà des versements financiers qui sont faits», a fait savoir le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard.

D’ailleurs, le député Martel se limite aussi dans ses propos «compte tenu de la confidentialité du dossier». «J’ai rencontré les promoteurs, c’est un projet qui est intéressant et crédible, mais c’est important de laisser travailler les gens et espérer qu’il y ait un déblocage. Je vais apporter tout mon soutien évidemment pour les aider», a-t-il simplement commenté.

Or, ce projet devant créer plus de 300 emplois est totalement inconnu du maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois. «Ça ne me disait rien. Je n’avais jamais entendu le nom de la compagnie. Ce qui me surprend, c’est qu’un promoteur annonce ça alors que nous autres, on n’en a pas entendu parler ici d’aucune façon», déplore le premier magistrat.

Du même souffle, celui-ci trouve «qu’il y a quelque chose de réaliste là-dedans, surtout qu’on a à Trois-Rivières le centre de développement de l’hydrogène». «Mais je n’en sais rien d’autre. Je n’ai pas débouché de bouteille pour le moment. J’attends d’en avoir d’autres nouvelles», a-t-il admis.

En entrevue, le député Martel a rappelé à quel point le parc industriel de Bécancour constitue l’une de ses grandes priorités. «J’ai toujours dit que le parc avait été sous-exploité ces dernières années, je travaille actuellement très fort pour lui donner une nouvelle vie», affirme le responsable des zones d’innovation.

Personne n’ose le dire ouvertement sur la rive sud, mais chat échaudé craint l’eau froide quand vient le temps de voir des promoteurs débarquer avec des grands projets. Qui n’a pas en mémoire le projet d’usine d’hydroliennes à Bécancour qui avait été annoncé en grande pompe à l’automne 2013? L’entreprise RER Hydro promettait de créer pas moins de 600 emplois dans la région, avec un investissement de 130 millions de dollars. Le tout s’est terminé en faillite.

Et il y a l’usine d’engrais d’IFFCO qui, après une longue mise en veilleuse, fut réactivée sous une nouvelle forme, celle d’une usine intégrée de production d’urée et de méthanol. Le projet, évalué à 1,3 milliard de dollars à Bécancour, devrait faire l’objet d’audiences du BAPE. On est toujours en attente...

En parlant de BAPE, une séance d’information publique avait lieu mercredi concernant un projet d’aménagement d’un lieu d’enfouissement et d’un centre de traitement de sols contaminés par Gestion 3LB. Son coût de réalisation est estimé à 65,6 millions de dollars. À suivre.

Et où sont passés les Minéraux rares Quest et les Stolt LNGaz, pour ne mentionner que ces dossiers? Quant à PureSphera, l’usine fonctionne au ralenti.

Au moins, il y a la serre de cannabis à usage médical de l’entreprise Flora Agritech qui s’apprête à recevoir les plantes et l’autorisation du fédéral. Dans ce cas-là, on peut dire que le marché est prometteur...

Pour le reste, il y a bien des milliards qui sont en dormance à Bécancour.