Une trentaine de personnes, essentiellement des entrepreneurs, ont manifesté de l'inquiétude à l'égard de la disparition du CLD au profit de la MRC.

Avenir du CLD de Mékinac: des entrepreneurs inquiets

La communauté entrepreneuriale de la MRC de Mékinac s'inquiète de l'avenir du Centre local de développement (CLD). Maintenu en vie après l'abolition de cette structure par Québec, le dernier CLD de la Mauricie pourrait disparaître et ses compétences seraient rapatriées à la MRC.
Une trentaine de personnes, essentiellement des entrepreneurs, étaient présentes mercredi soir à l'assemblée publique de la MRC de Mékinac. Ceux qui bénéficient des services du CLD ne comprennent pas pourquoi les maires veulent changer cette organisation décrite comme performante.
«Plusieurs personnes sont concernées par l'avenir du CLD», confirmait au début de la période de questions Louis Boulet de l'entreprise Boulet. «Les gens se demandent ce qu'il va arriver avec le CLD. Il y a une insécurité.»
Cette insécurité devant un changement de structure repose en partie sur la bonne performance du CLD. Est-ce que le service offert par la MRC sera aussi efficace pour les entrepreneurs? «Présentement, nous avons une formule qui marche et là on s'en va vers l'inconnu. Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras», affirme Pierre Germain, directeur général par intérim du CLD de Mékinac.
Le préfet et maire de la Municipalité d'Hérouxville, Bernard Thompson, soutient de son côté que le gouvernement demande aux élus de gérer les fonds publics. À la suite des compressions dans les structures de développement régional, Québec a décidé d'acheminer les sommes consacrées au développement économique directement aux MRC. Cela a eu comme conséquence en 2015 de couper le budget du CLD de Mékinac de 55 %.
«Le gouvernement veut que les maires prennent leurs responsabilités et gèrent l'argent public», précise le préfet de la MRC de Mékinac.
Bernard Thompson affirme de plus que les maires ont le souci de l'entrepreneuriat. «Si ça prend la formule du CLD ou de MRC, ça sera ça. Mais il faut que les services aillent plus loin», ajoute Bernard Thompson en évoquant le développement social. «Nous voulons offrir les services de proximité à tout le monde au même endroit, à un guichet unique.»
Inquiété par les possibles changements, un entrepreneur estime que les maires de la MRC de Mékinac «veulent prendre le contrôle» des outils de développement économique. Une plus forte présence d'élus pour la gestion des fonds publics préoccupe plusieurs entrepreneurs. Ils ont d'ailleurs été nombreux à évoquer cette crainte.
«On vous a entendus et on va prendre une décision en fonction de nos responsabilités. L'imputabilité des fonds publics, c'est notre responsabilité», soutient le préfet de la MRC.
Le conseil des dix maires de la MRC est divisé sur l'avenir du CLD. Le ton des échanges entre certains maires témoignait bien des discordances d'opinions. Ceux-ci sont arrivés avec 25 minutes de retard à l'assemblée publique, en raison de l'importance des discussions lors de leur réunion à huis clos.
«Avec le message que nous avons eu ce soir des gens d'affaires qui font rayonner notre région, il faut écouter ces gens», estime de son côté le maire de Saint-Tite et président du CLD, André Léveillé.
Cette épineuse question doit trouver une réponse la semaine prochaine. Les maires participeront à une assemblée spéciale le 27 juin, laquelle sera suivie d'une assemblée publique à 18 h. La décision quant à l'avenir du CLD devrait être prise à ce moment.
«Nous avons encore des discussions à avoir entre maires. Il faut voir pour une entité de développement économique qui peut dépasser les compétences d'un CLD», note Bernard Thompson.