La copropriétaire de la boucherie J-C Fortin de Saint-Étienne-des-Grès, Martine Fortin.

Aux petits oignons: des entreprises d’alimentation de la région ajoutent la livraison à domicile 

Trois-Rivières — Différents commerces d’alimentation de la région utilisent une bonne vieille recette, soit la livraison à domicile, pour servir leur clientèle en cette période de turbulence virale.

Fouquet Morel, service de traiteur de Trois-Rivières, cuisine depuis des années des repas préparés. Depuis vendredi, l’entreprise offre un «kit de survie» de 14 plats livrés pour 105 $. Les commandes doivent être effectuées par téléphone et payées par carte de crédit.

La formule connaît un vif succès, selon Michel Proulx, copropriétaire de l’entreprise. Plus de 120 boîtes ont été écoulées jusqu’à maintenant. Selon lui, l’idée est de faciliter la vie des gens à qui on demande de s’isoler pour mieux contrôler l’épidémie de coronavirus.

Comme l’entreprise possède déjà un véhicule et une équipe d’employés pour livrer les repas commandés au service de traiteur, tous les éléments sont réunis pour offrir ce service à la clientèle générale.

«Je comprends la panique. On demande aux gens de s’isoler, mais ils doivent manger. De notre bord, il faut consolider nos emplois. Si on peut vendre par téléphone sans risque de contamination pour le personnel, on sécurise nos employés et on permet d’aider les gens à passer à travers la crise et à faciliter l’isolement.»

Le hasard fait que Fouquet Morel vient tout juste de lancer sa nouvelle cuisine centralisée réalisée grâce à un investissement de 1,5 million de dollars. Située dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine, cette cuisine offre un environnement professionnel pour cuisiner les petits plats tant recherchés par la clientèle.

«Ça fait sept ans qu’on est propriétaire et il y a une augmentation de 20 % par année. On était rendu à trois locaux de production. Avec cette cuisine centralisée, on est rendu à produire suffisamment pour remplir nos comptoirs. On n’aura plus de non-vente parce qu’on n’a plus de pâté chinois. Je vais aller chercher une hausse de 10-15 % de plus», prévoit M. Proulx.

Michel Proulx est copropriétaire de Fouquet-Morel de Trois-Rivières.

La boucherie J-C Fortin de Saint-Étienne-des Grès a amorcé la livraison de ses produits depuis lundi. L’objectif est de servir ses clients tout en limitant les risques de contamination pour ces derniers et les employés de l’entreprise familiale.

«On a mis le service en place à cause du coronavirus, confirme Martine Fortin, copropriétaire de l’entreprise. En cette période, on est là pour s’adapter et on ne sait pas ce qui va arriver.»

La boucherie n’a pas de service de livraison en temps normal. Celui-ci fonctionne grâce à la contribution des proches des propriétaires de l’entreprise qui se portent volontaires pour se transformer en livreurs de produits alimentaires.

«Les gens commencent à s’informer sur comment ça fonctionne. J’ai des félicitations sur l’initiative. Mais je n’ai aucune idée concernant le nombre de clients (qui recevront le service de livraison). C’est pour dépanner les gens et respecter les règles», ajoute Mme Fortin, en précisant que les affaires vont bien à la boucherie et que celle-ci demande à ses clients de se désinfecter les mains à l’arrivée et au départ.

À l’instar de la boucherie J-C Fortin, la boucherie Dauphin de Sainte-Ursule n’a pas de service de livraison. Mais pour accommoder les personnes de 70 ans et plus, elle vient de lancer ce service tout à fait gratuitement.

«On a mis ça en place depuis dimanche en raison du coronavirus. On a eu quelques demandes, car le monde avait fait des provisions. Mais plus ça va durer dans le temps, plus on va avoir des appels», observe Philippe Dauphin, le propriétaire du commerce.

La livraison est effectuée par le personnel de la boucherie. M. Dauphin assure que le service sera offert tant que la demande sera présente. De plus, il entend bien aider ses clients même s’ils n’ont pas tout à fait l’âge requis.

Philippe Dauphin, propriétaire de la boucherie Dauphin de Sainte-Ursule.

«On ne vérifie pas l’âge des gens. On va se fier à la bonne foi de chacun. Si une personne est mal en point et qu’elle a 65 ans, on va donner le service!»