Stefan Lesage, ébéniste et maniaque de vélo, a su jumeler ses deux passions en construisant des vélos hors de l’ordinaire. Ceux-ci sont fabriqués avec des pièces de vieux vélos récupérées et de bois.

Woodcycles Lesage: quand deux passions se rencontrent

CHRONIQUE / Que se passe-t-il lorsqu’un ébéniste passionné de vélos décide de fabriquer ses propres bécanes? Rencontre avec Stefan Lesage, fondateur de Woodcycles Lesage.

Encore une fois cette semaine, on s’écarte du monde de l’automobile, en présentant le travail d’un jeune homme de Val-David, dans les Laurentides, qu’il a été possible de rencontrer durant le sommet sur la mobilité durable Movin’On, il y a plus d’un mois.

Stefan Lesage, ébéniste et maniaque de vélo, a su jumeler ses deux passions en construisant des vélos hors de l’ordinaire. Ceux-ci sont fabriqués avec des pièces de vieux vélos récupérées et de bois. Il utilise notamment des pièces de contreplaqué russe, laminé à 1/16 de pouce d’épais au lieu de 1/8.

«Le bois laminé a l’avantage de ne pas se fendre comme le bois massif et est aussi moins coûteux», explique-t-il.

Quant à l’approvisionnement en pièces de vélos usagés, cela n’est pas un problème pour Stefan Lesage. «Les gens de mon village me connaissent et savent ce que je fais. Je me fais donc donner des vieux vélos et je suis aussi du genre qui s’arrête et qui va fouiller lorsque je vois une pile vieux objets. C’est vers ça qu’on s’en va.»

Cependant, certaines pièces sont neuves sur les vélos de Woodcycles Lesage. «Les seules parties neuves sur mes vélos sont les poignées, quelques éléments de décoration et les pneus. Le reste provient de pièces recyclées», ajoute-t-il.

Des vélos uniques
Chaque vélo construit par Stefan Lesage sont uniques. Il en produit plusieurs sur demande. «Une fois, on m’avait demandé d’en faire un avec le cadre avec la forme du logo de Volkswagen. Je l’ai fait.»

Il construit également des vélos avec un side-car en bois.

Évidemment, ses vélos, qui rappellent les motos custom, valent leur pesant d’or.

Par exemple, un des vélos présentés à Movin’On, le Hellbike, valait 3500 $. Un autre vélo thématique, l’Abénaquis, se détaillait à plus de 10 000 $. «Parce qu’il a des éléments haut de gamme, dont l’amortisseur avant qui permet de rabaisser le vélo pour le stationner sur la patte d’ours située dans le bas du cadre en bois.»

Sur le terrain de L’Arsenal, à Montréal, il a été possible d’essayer deux vélos de Stefan Lesage, le Hellbike ainsi que l’Abénaquis. En raison de leur poids, les départs sont un peu plus ardus qu’avec un vélo standard. On a l’impression d’être un débutant, mais quelques tours plus tard, on prend en assurance.

«Regarde au loin», rappelle Stefan Lesage en guise de mise en garde. Le cadre en bois procure une douceur de roulement qu’un vélo à cadre en métal ne peut pas offrir.

La position de conduite peut sembler bizarre sur le Hellbike. On est assis comme dans un fauteuil, mais on s’habitue.

Avec l’Abénaquis — orné d’un capteur de rêve et proposant un espace de rangement dans le cadre —, la sensation est toute aussi plaisante, quoique ce vélo est plus lourd que le premier.