Le prix du litre d’essence ordinaire a stagné à 1,289 $ pendant un bon bout de temps avant de faire un bond de 11 ¢, mercredi soir, dans certains secteurs de Québec. Pour un gros 1,399 $, jeudi, tout juste avant le long congé de la fête de l’Action de grâces.

Hausse du prix du carburant aux congés: une coïncidence?

CHRONIQUE / Êtes-vous de ceux qui estiment que les prix du carburant ont tendance à hausser tout juste avant les grands congés (vacances, fins de semaine de jours fériés, Noël, Pâques, etc.)?

Drôle de coïncidence, le prix du litre d’essence ordinaire a stagné à 1,284 $ pendant un bon bout de temps avant de faire un bond de 11 ¢, mercredi soir, dans les secteurs du centre-ville de Québec. Pour un gros 1,394 $, jeudi, tout juste avant le long congé de la fête de l’Action de grâces. Finalement, le prix a descendu de 5 ¢, en fin de journée jeudi pour demeurer à 1,344 $ pendant toute la fin de semaine de trois jours.

Plusieurs — dont moi — y voient une façon qu’ont les pétrolières de profiter des moments où les gens voyagent le plus pour des rencontres en famille afin d’empocher le plus de sous. Et parlez-en autour de vous, vous verrez le même constat qui émergera.

Pour en avoir le cœur net, j’ai essayé de connaître le point de vue de l’Association canadienne des carburants sur le sujet. Hélas, personne n’a répondu à ma demande vendredi que j’avais fait la veille.

J’ai toutefois obtenu une réponse de la part de CAA-Québec, qui tient une veille sur les prix du carburant.

«Il n’y a pas de preuve établie, concernant une coïncidence entre les hausses de prix et les congés», répond Annie Gauthier, porte-parole chez CAA-Québec. «Les détaillants vendent le carburant avec de très basses marges de profit, à plus ou moins 1 ¢ le litre. Alors, ces gens-là en ont assez...»

Quand on lui a demandé si la fin de semaine de l’Action de grâces avait justifié une telle hausse de 11 ¢ (qui s’est finalement avérée une hausse de 6 ¢), Mme Gauthier s’est montrée prudente.

«On ne le saura jamais vraiment. C’est sûr qu’avec une marge de 1 ¢, il faut que le détaillant vende autre chose que de l’essence, de la gomme ou du chocolat, pour faire un profit.»

Une petite visite sur le site Web de la Régie de l’énergie du Québec nous révèle que l’Indicateur quotidien du coût d’acquisition (IQCA) se situait à 1,284 $ vendredi pour la région de Québec.

L’IQCA est une évaluation du coût d’acquisition du carburant pour le détaillant. Il inclut le prix minimal à la rampe de chargement, le coût minimal de transport du produit entre le point d’approvisionnement et l’essencerie, ainsi que les taxes fédérales et provinciales.

Un calcul rapide établit que les détaillants ont pu faire un profit de 6 ¢ le litre la fin de semaine dernière.

La Régie de l’énergie établit aussi un prix minimum estimé à 1,282 $ pour le centre-ville de Québec jusqu’à lundi prochain (pour l’ensemble des régions du Québec : bit.ly/2QDicym). Reste à voir si on va connaître une baisse dans les prochains jours...

L’AVEQ tend la main à la CAQ

Au lendemain de la victoire de la Coalition avenir Québec (CAQ) aux élections provinciales, l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ) a tendu la main au nouveau gouvernement de François Legault.

L’organisme ne craint pas un recul dans les mesures déjà prises par le gouvernement du Québec quant à l’électrification du parc automobile. Il craint plutôt un ralentissement dans les prochaines mesures à prendre.

«Ce n’est pas l’apocalypse, mais on va rester prudents», affirme Martin Archambault, administrateur et porte-parole de l’AVEQ. «On ne croit pas que la CAQ abolira les programmes, mais M. Legault a clairement indiqué qu’il y aura révision de ceux-ci afin de s’assurer que l’argent soit dépensé aux bons endroits.»

L’AVEQ doit justement rencontrer les futurs ministres des Transports et de l’Environnement. «On croit toutefois que ça ne se passera pas comme en Ontario», conclut M. Archambault.

Alors, pourquoi je mélange ces deux histoires? Parce qu’au Québec, on aime râler sur les prix de l’essence, mais plusieurs hésitent encore à penser aux véhicules rechargeables.

Justement, s’il y a une source d’énergie où les hausses de tarifs ne se font pas au gré du vent et à la merci des fluctuations boursières et des facteurs géopolitiques et climatiques, c’est bien l’électricité. Au contraire de l’essence, c’est la Régie de l’énergie qui autorise ou qui refuse les hausses de tarifs à Hydro-Québec. Et si hausse il y a, elle ne doit pas dépasser l’indice du coût de la vie, autour de 2 %.