On a pu rencontrer Éric Lucas avant son passage au Salon du Camion lourd de Québec, qui s’est tenu vendredi et samedi au Centre de foires d’ExpoCité.

Éric Lucas, camionneur: du ring à la route [VIDÉO]

CHRONIQUE / «J’aime conduire. Je ne suis pas un passionné d’autos, pas un passionné de camion. Je suis un passionné de la conduite, ça me tranquillise.» Ces mots sortent de la bouche d’Éric Lucas, qui a déjà été champion du monde en boxe.

«Tu sais, c’est comme quelqu’un qui va à la chasse ou à la pêche, il aime se retrouver là-dedans, moi j’aime me retrouver dans le camion. [...] Je suis dans ma bulle», poursuit-il.

Il s’agit d’une aventure toute récente pour celui qui a remporté le titre de champion du monde des super moyens de la World Boxing Council du 10 juillet 2001 au 5 avril 2003. Il a commencé l’année dernière à prendre de l’expérience grâce à un ami qui a une compagnie de transport. Il a réussi à obtenir son permis de conduire de classe 1 en décembre 2017.

Bien que ce ne soit pas obligatoire de le faire, Éric Lucas recommande à ceux qui veulent se lancer dans le camionnage de prendre une formation auprès d’un centre de formation de transport routier, comme il y en a dans la plupart des régions du Québec.

Cependant, ne vous attendez pas à voir Éric Lucas venir livrer une cargaison à votre commerce, ce qu’il aime faire et ce qu’il fait, ce sont de longs trajets. En ce moment, il fait la route entre Montréal et la Californie.

Il ajoute que les «runs de lait», c’est très peu pour lui. «Je l’ai déjà fait quand j’ai appris le métier et je n’ai vraiment pas aimé...»

«Je travaille pour la compagnie Trans West. J’ai commencé à faire du local et du régional. Je suis allé au Lac-Saint-Jean, en Beauce, en Estrie avec un formateur. Ensuite, j’ai été formé pour la longue route. Je suis allée en Floride, en Californie, dans l’État de Washington, pendant environ neuf voyages avec un formateur. Et là, je suis avec un partenaire depuis maintenant six mois et puis on va juste en Californie», explique-t-il. «On part pendant cinq jours et on roule 24 heures sur 24. Les seuls arrêts qu’on fait, c’est quand on détache la remorque ou qu’on attend notre cargaison pour le retour.»

Faire son horaire

Même si le camion roule 24 heures sur 24, les camionneurs doivent respecter les réglementations en matière de repos. «Aux États-Unis, on peut rouler 11 heures, mais avec une pause de 30 minutes obligatoire après huit heures au volant. Ensuite, après 11 heures, c’est le repos complet. Au Canada, c’est 13 heures avant le repos complet», dit Lucas.

Éric Lucas a la chance de pouvoir bâtir son horaire. Vous avez bien lu, il peut bâtir son horaire selon ses disponibilités. «Par contre, quand tu dis que tu es disponible à telle date, tu dois honorer ton engagement.»

Cela lui permet d’honorer ses autres obligations comme porte-parole des restaurants La Cage et d’un concessionnaire automobile de la région de Granby. «Si je dis que je peux partir telle date, je pars cette date-là. Et si je ne me mets pas disponible pendant une semaine, personne ne m’achale.»

«Comme dans les films»

Quel a été son plus beau voyage? «C’est sûr que quand tu vas en Californie, tu vois du beau paysage. Tu passes par le Nebraska, le Wyoming. Ce que j’ai aimé aussi, c’est de passer par l’autoroute 15 Nord, tu passes par Vegas, tu traverses la nuit en plein centre-ville, près de la Strip. J’étais déjà allé à Vegas, mais là de passer la nuit en camion, je trouvais ça impressionnant. Je trouvais ça beau. Ou bien dans mes premiers voyages en Californie, c’était l’océan. On roulait sur la 101 et c’était comme dans les films... Ou aussi, en Arizona, avec la route qui passe entre les rochers.»

Son voyage le plus moche? «À date, c’est quand on revient, on passe toujours par Toronto. La 401 est toujours bloquée! Ça manque jamais. Ça, c’est le bout le plus plate, parce que tu reviens, tu as hâte d’arriver chez vous, pis là tu te tapes toujours un deux ou trois heures de trafic.»