Une nouvelle étape vient d'être franchie pour la transformation de l'Auberge Escapade en maison de traitement pour alcooliques et toxicomanes.

Aucune opposition au changement d'usage de l'Auberge Escapade

Une importante étape vers un changement de vocation de l'Auberge Escapade de Shawinigan vient d'être franchie, à la suite de l'approbation tacite des résidents du secteur d'autoriser une modification d'usage dans cette zone pour permettre l'activité de «centre d'entraide et de ressources communautaires et de maisons pour personnes en difficulté». Étant donné qu'aucune demande d'approbation référendaire n'a été transmise au greffe de l'hôtel de ville à l'expiration du délai en fin de journée jeudi, le Pavillon de l'Assuétude pourra acquérir l'établissement hôtelier et y déménager ses activités vers la fin de l'été.
Cette modification au zonage constituait la clé de voûte vers la transaction. Le conseil municipal adoptera le nouveau règlement à la séance spéciale du 27 février. Il restera ensuite l'étape de la conformité au schéma d'aménagement à la Commission municipale du Québec, une formalité dans la mesure où aucune contestation n'a été entendue dans ce dossier.
Pour les propriétaires de l'Auberge Escapade, Gérard Coulombe et Denis Lacerte, cette opportunité cadrait parfaitement avec leur volonté de prendre plus de temps pour eux.
«C'est sûr qu'on n'est pas dans une économie des plus florissantes», convient M. Coulombe. «Ça allait quand même assez bien pour nous, mais nous avons eu quelques approches. Nous avons même des gens qui se sont manifestés pour continuer l'exploitation de l'auberge, mais ils sont arrivés trop tard.»
M. Coulombe assure que les actionnaires ne cherchaient pas à se départir de l'hôtel à tout prix. Son associé convient toutefois que l'entreprise était rendue à un carrefour.
«Il y avait au moins 600 000 $ à investir là-dedans pour remettre l'auberge au goût du jour», précise M. Lacerte. «On était rendu là. À notre âge, compte tenu de l'offre que nous avions, on s'est dit: go, on y va!»
Il faudra donc soustraire 40 chambres à l'offre shawiniganaise en 2017 après cette transaction. Actionnaire depuis 2000, M. Lacerte est passé à travers quelques secousses au fil des années. Il avait vendu l'établissement à Marc Désy en juin 2010, mais il était revenu dans le décor dès l'année suivante pour sauver une entreprise en dérive.
«C'est sûr qu'au moment où je signerai la vente chez le notaire, il va couler une petite larme», confie-t-il. «J'ai quand même donné 17 ans là-dedans. Mais je suis content de passer à autre chose.»
Plus confortable
Le Pavillon de l'Assuétude possède une capacité d'accueil de 32 bénéficiaires aux prises avec des dépendances en toxicomanie ou en alcoolisme. Le service de traitement en hébergement a été créé en 1997 et depuis 2009, il occupe l'ancien presbytère Saint-Marc. Le Pavillon de l'Assuétude accueille également une clientèle à Saint-Guillaume, au Centre-du-Québec.
Le directeur général, Alexandre Ratté, explique que le courtier immobilier Germain Labrosse (Re-Max) lui avait soufflé à l'oreille l'opportunité que pouvait représenter l'Auberge Escapade pour un déménagement. Dans son emplacement actuel sur la rue Georges, le Pavillon de l'Assuétude réclamait d'importants travaux de rénovation et ses perspectives d'agrandissement étaient limitées. La direction cherchait donc un nouvel emplacement depuis près de deux ans.
«Pour nous, l'Auberge Escapade représenterait un compromis idéal, qui ne coûterait pas les yeux de la tête à réaménager et qui répondrait à nos besoins», explique M. Ratté, qui tient à mesurer son enthousiasme jusqu'à ce que la transaction soit officiellement complétée.
Le directeur général précise que l'objectif du déménagement ne consiste pas à augmenter de façon significative la capacité d'accueil, mais plutôt à améliorer l'environnement des bénéficiaires et des employés.
«On veut avoir des locaux mieux adaptés à ce qu'on fait», témoigne-t-il. «Présentement, on est à l'étroit. On souhaite que les personnes soient plus confortables pour suivre leur traitement et que nos employés soient plus confortables pour travailler.»
Sans demande d'avis de conformité au schéma d'aménagement à la Commission municipale du Québec, le changement de zonage souhaité entrera en vigueur au début avril. Les travaux de réaménagement s'enclencheront rapidement, de sorte que M. Ratté s'attend à un déménagement vers la fin de l'été. Évidemment, l'adresse actuelle sur l'avenue Georges a été mise en vente, mais aucune offre sérieuse n'a encore été déposée.
À noter que le point de service de Saint-Guillaume, qui possède la même capacité d'accueil, devrait également bénéficier d'une cure de rajeunissement en 2017.