La présidente de PlanifAction, Guylaine Maltais.

Au-delà du plan d’urgence

Trois-Rivières — Ce n’est pas un hasard si Guylaine Maltais s’inspire des chefs cuisiniers pour aborder la question des communications d’urgence. Depuis sept ans, la présidente de PlanifAction a su concocter une recette efficace pour accompagner les organisations publiques et le secteur privé dans leur planification d’urgence et leurs communications des risques.

«Imaginez-vous un instant que le chef cuisinier d’un grand banquet ou d’un restaurant attende l’arrivée de ses convives pour planifier son menu et prévoir ses ressources et sa logistique matérielle. Ce serait juste impossible et inimaginable. Aucun chef cuisinier n’attendrait que l’enfer soit pris dans sa cuisine pour agir. Il planifie d’avance», illustre-t-elle pour souligner l’importance de planifier les communications d’urgence.

Il faut dire que son parcours professionnel l’avait bien préparé à lancer son propre cabinet de services-conseils dans le domaine en 2011. Un stage au sein de la Régie régionale de la Santé de l’époque aura mené vers un poste à la Direction régionale de la Sécurité civile. Elle participera, entre autres, à une mission en France et en Belgique pour voir comment les organisations francophones se chargent de la communication des risques liés au nucléaire. «Et surtout, pour voir comment elles menaient les campagnes de pré-distribution de comprimés d’iode parce que nous, on se dirigeait vers ça», raconte celle qui aura d’ailleurs participé aux deux premières campagnes du genre dans la région.

Si son expérience européenne reste mémorable en raison de la date du 11 septembre 2001 (elle était en rencontre sur le nucléaire au moment des attentats terroristes à New York), son passage au secteur privé aura été provoqué, dix ans plus tard, par la décision gouvernementale de ne pas procéder à la réfection de la centrale Gentilly-2.

PlanifAction guide et outille ses clients dans leurs démarches de réalisation de plan de sécurité civile et de stratégies de communication en respectant leur rythme à chaque étape. PlanifAction les aide à développer la confiance en leurs capacités afin de faire face à des situations d’urgence ou affronter une gestion de crise.

«La philosophie que je tente d’inculquer à mes clients est de voir au-delà du plan d’urgence. Le plan d’urgence n’est pas qu’un simple document, mais bien une philosophie à développer à l’interne, surtout que la planification n’est jamais terminée. Elle est évolutive, car l’environnement et les connaissances évoluent, les personnes en charge changent, de nouvelles entreprises avec de nouveaux risques s’installent sur notre territoire. On planifie, on intervient, on apprend, on s’améliore, on modifie. Un plan n’est donc jamais fini», explique la spécialiste.

PlanifAction accompagne ses clients de divers secteurs (municipal, gouvernemental, industriel et privé) dans l’élaboration de leurs mesures d’urgence, leurs communications publiques et avec les nouvelles technologies de l’information qui y sont rattachées. Et elle se distingue par ses compétences en communication des risques et en MSGU (médias sociaux en gestion d’urgence), un concept qu’elle a su développer en partenariat. D’ailleurs, au Québec, elle a offert de nombreuses conférences et web conférences sur le sujet en plus de participer à des événements sur le même thème en France.

En plus d’évoluer en mesures d’urgence sur le plan professionnel, elle contribue bénévolement à son domaine au sein de deux équipes de soutien numérique en opération d’urgence, VOST (virtual operation support team). Au Canada, elle est donc membre du CanVost et sur le plan international, elle œuvre au sein de VISOV, ce qui l’amène à être quotidiennement en relation avec d’autres spécialistes des mesures d’urgence, francophones et anglophones, de partout à travers le monde «afin de suivre la fulgurante évolution des MSGU et des équipes VOST».

Détenant un certificat en gestion de crise de l’Observatoire international des crises, une formation qu’elle a suivie à Paris, Guylaine Maltais a écrit dans le Magazine spécialisé de la Communication de crise et sensible en plus d’avoir collaboré à la rédaction d’un ouvrage, aux côtés de l’expert international Thierry Libaert.

«Nous venons de débuter un nouveau projet avec la municipalité de Batiscan, soit la réalisation d’un plan de mesures d’urgence», fait-elle savoir. L’an dernier, son implication dans les alertes municipales à Nicolet aura été fort utile lors des inondations de 2017, tout comme sa participation dans la phase de rétablissement de la crue des eaux à la Ville de Rigaud.

«Je suis honorée d’avoir été approchée par la GRC pour offrir une formation spécifique dans le cadre de la planification du G7», a-t-elle conclu.

PlanifAction en chiffres

17

Années d’expérience dans le monde de la sécurité civile, des mesures d’urgence et des communications


4

Formations disponibles


6

Années de collaborations avec l’UMQ


70

Pourcentage de clientèle municipalev