Attention aux pièges

CHRONIQUE / Les offres de prêt d’argent facile et sans enquête font en effet partie du paysage et les consommateurs en situation de vulnérabilité sur le plan des finances personnelles sont des cibles de choix. Sans doute en avez-vous déjà vu lors de vos pérégrinations sur le web et dans les médias sociaux. En fait, même l’observateur le moins attentif et le moins visé par ces messages publicitaires a pu les croiser. Obtenir en quelques clics un prêt d’argent de 500 $, 1000 $ ou 1500 $ approuvé en une heure et dont la somme est versée dans votre compte le jour même peut attirer l’attention.

Avant de sauter sur cette bouée pour se sortir d’un mauvais pas, il faut d’abord s’informer sur les conditions précises découlant de ces offres dont certaines peuvent certes présenter des solutions séduisantes, mais s’avérer bien moins avantageuses qu’à première vue.

Coût élevé

Il faut d’abord s’informer du coût réel qui est exigé à l’emprunteur dans le cadre de ces prêts. Le taux d’intérêt annoncé ne dit pas tout. Une fois que l’on ajoute les frais de diverse nature aux frais d’intérêt comme l’exige la Loi sur la protection du consommateur (LPC), il n’est pas rare que le taux de crédit effectif qui est exigé à l’emprunteur soit alors de l’ordre de 300 %, 400 % et même plus alors que le taux d’intérêt est annoncé à 25 % ou 30 % par exemple. Méfiez-vous des taux d’appels et calculez le coût total qu’entraînera l’adhésion au prêt annoncé.

Droit d’annulation

La LPC accorde un droit d’annulation aux consommateurs qui désirent mettre fin ou annuler purement et simplement un contrat de prêt d’argent. C’est l’article 73 de la LPC qui le prévoit en ces termes: «un contrat de prêt d’argent et un contrat assorti d’un crédit peuvent être résolus sans frais ni pénalité, à la discrétion du consommateur, dans les deux jours qui suivent celui où chacune des parties est en possession d’un double du contrat».

Permis obligatoire

La LPC prévoit l’obligation, pour un commerçant désireux d’exploiter une entreprise dans certains secteurs d’activités, de se munir d’un permis délivré par l’Office de la protection du consommateur. C’est notamment le cas pour un commerçant qui conclut des contrats de prêts d’argent avec des consommateurs. Vous pouvez facilement, en communiquant avec l’Office ou en consultant son site web, vérifier si l’entreprise avec laquelle vous songez à demander un prêt est bien titulaire d’un permis en règle.

En général, lorsqu’un commerçant n’est pas titulaire du permis exigé par la LPC le consommateur peut demander la nullité du contrat. S’il s’agit d’un contrat de prêt d’argent, «le consommateur peut demander plutôt, à son choix, la suppression des frais de crédit et la restitution de la partie des frais de crédit déjà payée».

Associations de consommateurs

Entre autres particularismes, le Québec est, à l’échelle canadienne, l’endroit où l’on retrouve le plus grand nombre d’associations de consommateurs. Pour bon nombre fondées il y a plusieurs décennies, le mouvement qui les a vues naître a essaimé dans toutes les régions du Québec et elles ont fait des finances personnelles, un créneau d’intervention se situant au cœur de leur action.

Au quotidien, ces associations viennent en aide aux consommateurs aux prises avec des problèmes de finances personnelles. En outre, plusieurs d’entre elles sont partenaires d’un programme en vertu duquel elles sont en mesure, à certaines conditions, de consentir des prêts de dépannage.

Vol d’identité

Enfin, parmi les faits rapportés par les consommateurs, la pratique des fausses offres de prêt rapide distillées dans les médias sociaux est à signaler. Se présentant sous des allures faussement crédibles et usant de documents pastiches, certaines de ces offres cachent un stratagème visant à obtenir de précieux renseignements personnels fort utiles au vol d’identité.

En somme, à défaut pour les consommateurs d’afficher la plus grande prudence devant les offres de prêt de dépannage, le risque consiste à se retrouver avec un prêt au coût prohibitif ou, dans le scénario du pire, à s’exposer aux risques associés au vol d’identité.

Gary Frost est directeur des services aux clientèles à l’Office de la protection du consommateur