Marie-Ève Dupont Plamondon, présidente de Coup de pouce PME.
Marie-Ève Dupont Plamondon, présidente de Coup de pouce PME.

«Aller voir l’humain derrière l’entrepreneur pour qu’il se sente bien dans son rôle»

Nicolet — «Ce que je relève du mentorat, c’est d’aller voir l’humain derrière l’entrepreneur pour qu’il se sente bien dans son rôle. Et c’est pour n’importe quel entrepreneur qui se trouve en croissance, en démarrage ou en période difficile.»

Voilà comment la présidente de Coup de pouce PME à Nicolet, Marie-Ève Dupont-Plamondon, décrit le mentorat dont elle bénéficie depuis plus d’un an et qui était fortement recommandé dans son cours de lancement d’entreprise à l’école commerciale de la Commission scolaire de la Riveraine.

«Ça va au-delà de la vente, du marketing, de tout le soutien qu’on est capable d’avoir avec pleins d’institutions. Là, on va vraiment chercher quelqu’un qui est un petit peu comme le psychologue de l’entrepreneur. Mais son but, ce n’est pas de faire un diagnostic, c’est de t’accueillir où tu es rendu, de t’accompagner vers où tu veux aller», précise-t-elle.

C’est l’une de ses clientes qui lui a parlé de la cellule de mentorat de la SADC de Nicolet-Bécancour. «J’ai eu à m’inscrire, remplir un formulaire, c’est eux qui font le pairage entre le mentor et le mentoré. Moi, c’est Richard Perron (directeur des ressources humaines chez CEPSA). Le clic a tout de suite été merveilleux», affirme Mme Dupont-Plamondon.

Comme enseignante au primaire de formation, celle-ci disait avoir le syndrome de l’imposteur alors qu’elle se retrouvait «dans les bottines d’entrepreneure avec pleins de vestons-cravates dans les chambres de commerce et toutes les rencontres». Un enjeu qu’elle a partagé avec son mentor.

«Sa façon de travailler avec moi, c’est vraiment de reformuler ce que moi je dis. Souvent, il me faisait des dessins pour un petit peu illustrer ce que je disais, il m’introduisait une ou deux petites connaissances, plus en lien avec le savoir-être. Ça me faisait faire des prises de conscience que j’avais la chance de mûrir pendant un bon mois», confie la mentorée.

Cette dernière n’a toutefois pas revu son mentor depuis le début de la pandémie, participant néanmoins, à l’occasion, au mentorat de groupe mis sur pied par la SADC de Nicolet-Bécancour.

«Je continue mon mentorat avec Richard dans les mois à venir. À son retour de vacances, on a une rencontre de planifiée. Jusqu’au jour où moi, je me sentirai assez outillée pour être mentor à mon tour, je pense que je vais avoir le soutien d’un mentor dans ma vie. Je trouve que c’est un bel apport», témoigne-t-elle.

La fondatrice de Nutra Forme, Claudie Beaudoin, avec son gel désinfectant.

Un enthousiasme partagé par Claudie Beaudoin, de Nutra Forme, à Bécancour, qui a aussi Richard Perron pour mentor depuis le début de son entreprise, il y a deux ans.

«Il a un bagage technique, mais c’est un sage en même temps. Il m’aide à analyser les risques, voir si je suis en équilibre aussi parce qu’il y a l’humain derrière ça. Il y a des dangers, on est passionné, on veut, en période de pandémie, se différencier», raconte l’entrepreneure.

«C’est comme un soutien, un pilier. C’est fait avec beaucoup de tact parce qu’il va nous faire réfléchir, mais il ne va pas nous donner des conseils. Il va nous amener à trouver nos réponses sans influencer sa manière de voir les choses, mais en levant les drapeaux, là où il peut avoir des risques», renchérit-elle.

Car, de son propre aveu, «on ne peut pas toujours discuter de tout avec notre conjoint et transmettre le stress, parfois c’est le fun d’avoir une vision extérieure».

Pour elle, le mentorat, «c’est vraiment un réel coup de main, que ce soit au niveau de déterminer des objectifs, de voir nos défis avec un certain recul, quels sont les apprentissages qu’on peut ressortir de ces défis-là qu’on affronte».

«En même temps, pour moi, c’est de la motivation. Un jour, après plusieurs années d’expérience comme entrepreneure, je vais vouloir redonner aux entrepreneurs, ayant reçu beaucoup de mon mentor», laisse-t-elle entendre.

Par ailleurs, peu de temps après son arrivée à la direction générale du Moulin Michel, à Gentilly, au printemps 2019, Philippe Dumas a senti le besoin, dit-il, d’avoir un mentor, «mais sans nécessairement avoir des attentes très claires envers le mentorat.

«Par contre, dès le début, j’avais bien compris que c’est une expérience humaine plus qu’une expérience de gestionnaire. On ne travaille pas sur le savoir-faire, on travaille vraiment sur le savoir-être», rapporte celui qui, connaissant de nom depuis longtemps le Réseau M, devenu Réseau Mentorat, se sera donc intéressé à l’offre de la SADC de Nicolet-Bécancour pour un mentor.

Le directeur général du Moulin Michel à Gentilly, Philippe Dumas.

Et malgré son expérience professionnelle, «ce fut très utile». «On a une relation très personnelle avec nos mentors, ce qui fait qu’on peut l’appeler, on peut lui écrire pratiquement quand on veut. Ce n’est pas le cas avec tous les mentors, mais la mienne, c’est vraiment un genre de relation comme ça, elle est tout le temps au bout du texto s’il y a de quoi, s’il y a une urgence, comme les défis reliés à la pandémie. On a vraiment des discussions riches», conclut celui qui dit avoir trouvé «une pertinence à poursuivre avec le mentor».