Le directeur d'Airex Énergie, Sylvain Bertrand, en compagnie du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, lors de l'inauguration de l'usine de torréfaction de biomasse à Bécancour.

Airex énergie à Bécancour: «Un simple» de dix millions $

«Il y a 30, 40 ans, on était habitué aux coups de circuit. Mais on peut faire des points en frappant des simples. C'est notre troisième, après Silicium Québec et PureSphera. Et on va essayer de le transformer en double».
Voilà comment le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a souligné l'inauguration officielle de l'usine de torréfaction de biomasse d'Airex Énergie, réalisée au coût de dix millions de dollars dans le parc industriel LaPrade. On y retrouve actuellement sept employés.
«Après la méchante raclée d'il y a quatre ans, on essaie de revenir dans les séries de championnat. Il y a des balles qui n'ont pas encore franchi la clôture», a poursuivi le premier magistrat.
Celui-ci se réjouit de voir cette nouvelle entreprise s'inscrire dans le créneau privilégié par sa municipalité en terme de stratégie économique: les technologies vertes.
«Depuis décembre 2015, nous avons effectué la mise en marche graduelle des équipements de l'usine et réalisé plusieurs essais afin d'optimiser le fonctionnement du procédé. Nous avons maintenant démarré la production commerciale de biocharbon et du biochar avec pour objectif de produire 15 000 tonnes annuellement à partir de biomasse résiduelle, soit des résidus forestiers, de la sciure, de l'écorce et du bois recyclé pour nos clients actuels et potentiels au Canada et aux États-Unis», a fait savoir le directeur général de l'entreprise, Sylvain Bertrand.
«Nous allons également débuter dans les prochaines semaines la commercialisation des systèmes CarbonFXTM afin de déployer cette technologie sur tous les marchés générant d'importantes quantités de biomasse résiduelle», renchérit-il.
La technologie unique et révolutionnaire de torréfaction de biomasse conçue par Airex Énergie réduit de façon importante les émissions de gaz à effet de serre dans de nombreuses industries utilisant encore du charbon ou des produits dérivés du charbon. L'entreprise espère ainsi contribuer à positionner le Québec et le Canada parmi les leaders en matière de technologies propres.
«Nous sommes confiants que notre procédé unique de torréfaction pourra remplacer le charbon utilisé dans des centrales thermiques de production d'électricité sans nécessiter de changements ou d'investissements majeurs aux systèmes et équipements déjà en place. Le biocharbon sera également essentiel pour permettre au Québec d'éliminer complètement l'utilisation du charbon thermique en tant que source d'énergie d'ici à 2030, tel que défini dans la récente Politique énergétique du Québec», poursuit M. Bertrand.
D'ailleurs, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, était sur place pour confirmer l'implication de son ministère à la hauteur de 2,63 millions de dollars, via le programme Technoclimat, et un prêt de 31 527 dollars consenti dans le cadre du Fonds de diversification économique. Le programme Technologies du développement durable Canada ainsi que Cycle Capital et Desjardins Capital de risque viennent compléter le montage financier.
«Notre gouvernement est fier de soutenir des projets comme celui d'Airex Énergie, un procédé novateur en matière d'énergie émergente qui permettra la réduction des émissions de gaz à effet de serre en plus de l'utilisation de sous-produits forestiers, une ressource locale et renouvelable», a-t-il commenté.
Selon lui, c'est grâce à l'engagement des dirigeants des entreprises québécoises comme ceux d'Airex Énergie que «nous parviendrons à une réelle modernisation de notre économie, notamment grâce à la transition énergétique».
Le procédé de torréfaction mis au point par Airex Énergie permet de fabriquer des granules de biocharbon, un combustible propre et renouvelable pouvant remplacer le charbon et le mazout. Le biocharbon étant friable et se désintégrant facilement, il peut donc être broyé et jumelé au charbon bitumineux dans les centrales thermiques qui servent à produire de l'électricité sans modifications majeures aux systèmes en place de manutention, d'entreposage et de broyage du charbon.
L'entreprise produit également du biochar, un produit à haute teneur en carbone pouvant être utilisé pour l'amendement des sols, pour la filtration des liquides et pour la réduction des métaux. Le biochar, mélangé à du compost ou de la tourbe de sphaigne, favorise la croissance des plantes et des végétaux. Le biochar aide aussi à la réduction des métaux et permet la restauration d'anciens sites miniers.
Pour le promoteur, le choix de Bécancour s'est fait naturellement étant donné la disponibilité régionale de la biomasse et la situation géographique du site, non loin des grands axes routiers et d'installations portuaires. C'est sans compter la qualité de la main-d'oeuvre disponible.
«Je suis fier de vous accueillir dans la famille économique de Bécancour», a conclu le maire.