Selon la vice-présidente du Club voyages super soleil, le bel été que connaît actuellement le Québec contribue à refroidir les ardeurs des amateurs de voyage.
Selon la vice-présidente du Club voyages super soleil, le bel été que connaît actuellement le Québec contribue à refroidir les ardeurs des amateurs de voyage.

Agences de voyage: le calme après la tempête

Pierrick Pichette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Après qu’un tsunami d’annulations eut déferlé sur elles, les agences de voyages de la région commencent à voir la lumière au bout du tunnel. Toujours dans l’impossibilité de reprendre complètement leurs activités, certaines d’entre elles ont même choisi d’innover afin de rejoindre tout de même la clientèle en ces temps troubles.

C’est notamment le cas de l’agence Voyages à Rabais de Trois-Rivières. Dans l’espoir de mieux se relever de la crise, cette entreprise a décidé de se lancer dans le développement de stratégies visant à améliorer son sort au cours des prochains mois.

Ainsi, la compagnie a mis l’accent sur les voyages à l’intérieur du Canada ou du Québec, qui sont les plus populaires en temps de pandémie.

«De notre côté, on a observé un intérêt marqué parmi les citoyens de voyager à l’intérieur même du pays ou de la province. De plus, on constate que les gens apprécient de plus en plus la nature et le plein air. C’est pour cette raison que nous avons approché la Fédération des pourvoiries du Québec afin de développer des forfaits à prix fixe permettant aux voyageurs d’éviter d’utiliser un moteur de recherche pour magasiner des séjours dont le prix change sans cesse», a annoncé le directeur stratégique chez Voyages à Rabais Trois-Rivières, Kim Villeneuve.

Ce dernier travaillerait également en compagnie de son équipe à développer des primeurs technologiques qui pourraient faire leur apparition après la crise.

Par ailleurs, bien que le tourisme local soit le seul à fonctionner actuellement dans les agences, «le nombre total de voyageurs qui visitent l’Ouest canadien ou le Québec est bien loin d’atteindre les chiffres enregistrés lors des dernières années», a indiqué le propriétaire et vice-président de l’agence Voyages Arc-en-Ciel de Trois-Rivières, Justin Bordeleau.

Une période difficile

Comme la plupart des commerces du Québec, les agences de voyages ont été durement touchées par le confinement de la société. Qui plus est, contrairement à de nombreux commerces, elles n’ont toujours pas été en mesure de reprendre complètement leurs activités, les frontières étant toujours partiellement fermées et la quarantaine obligatoire au retour d’un voyage étant toujours de mise.

«Le principal problème auquel on doit faire face en ce moment, c’est que les assurances ne couvrent pas les gens qui attraperaient la COVID-19 pendant leur voyage. De plus, les Québécois ont rarement deux semaines de vacances après leur séjour pour demeurer en quarantaine. C’est pourquoi peu d’entre eux osent voyager. On n’a donc que quelques réservations à l’intérieur du Canada ou du Québec», a souligné la vice-présidente du Club voyages super soleil de Trois-Rivières, Hélène Morissette.

Par ailleurs, pendant longtemps, ces entreprises ont dû gérer des piles de dossiers grandissantes d’annulation de voyages. Travaux de gestion qui, bien que majoritairement terminés, ne sont toujours pas complètement derrière elles.

«Dès le début, on a pris en charge chaque dossier d’annulation ou de remboursement pour nos clients. On peut donc dire aujourd’hui que tout ça est derrière nous. La seule chose, c’est que certains consommateurs se font refuser des paiements par leur compagnie d’assurance, ce qui nous force à fournir de nombreuses preuves de voyage», soutient Justin Bordeleau.

«Difficile d’établir des objectifs»

Inquiets de voir apparaître une deuxième éclosion de COVID-19 sur leur territoire, les gouvernements du Québec et du Canada multiplient les mises en garde sur l’importance d’éviter tout voyage non essentiel. Ce faisant, il est impossible pour les agences de voyages de prévoir le moment où elles pourront reprendre leurs activités à plein régime.

«Il est très difficile pour nous d’établir des objectifs puisque les valeurs et les normes changent sans cesse. [...] Heureusement, on a récemment constaté une certaine recrudescence en ce qui a trait à nos ventes. Ça représente un énorme vent de fraîcheur pour nous», a fait savoir Kim Villeneuve.

Certaines agences nourrissent tout de même l’espoir de rouvrir leurs bureaux et d’enregistrer de nouveau des recettes convenables après Noël, moment où la société devrait être un peu mieux outillée pour affronter le virus. À ce moment, «le temps froid devrait contribuer à faire voyager un peu plus de personnes», croit Hélène Morissette.

En attendant leur réouverture, les agences de voyages trifluviennes continuent de subvenir à leurs besoins du mieux qu’elles le peuvent, c’est-à-dire en «survivant sur du vieux gagné».

Bon nombre d’entre elles assurent cependant qu’elles sont toujours en santé. Il devrait donc toujours y avoir de ces commerces lorsque la pandémie sera chose du passé

«Pour notre part, on se considère chanceux, puisqu’on était en forte croissance avant la crise. On est donc en mesure d’assurer que nos reins sont solides et que nous serons toujours là pour servir les citoyens après la COVID-19», a conclu le propriétaire et vice-président de l’agence Voyages Arc-en-Ciel.