La SADC Centre-de-la-Mauricie et la Ville de Shawinigan considèrent que le programme Accès TI-PME gagne à être connu. De gauche à droite: Noé Julien (Centre Neofit), Louis-Gérard Dallaire (Art et culture Bonsaï), Michel Angers (maire de Shawinigan), Jacques Samson (président SADC Centre-de-la-Mauricie) et Catherine Adam (conseillère TI).

Accès TI-PME: une main tendue aux entreprises

SHAWINIGAN — Depuis 2015, le programme Accès TI-PME a accompagné quelque 80 entreprises sur le territoire de la Société d’aide au développement des collectivités Centre-de-la-Mauricie. Mais comme il reste encore beaucoup de chemin à faire pour convaincre tous les types de PME d’emprunter le virage numérique, les intervenants économiques locaux veulent démystifier cette initiative qui peut provoquer un électrochoc au chiffre d’affaires.

Une conférence d’information a donc été organisée lundi matin au Centre Neofit, au centre-ville de Shawinigan, afin de diffuser l’existence du programme Accès TI-PME. D’abord lancée sous la forme d’un projet pilote, l’initiative a atteint une maturité qui lui permet d’espérer un engouement plus prononcé au cours des prochains mois.

Au Québec, la présence des entreprises dans le monde numérique profite d’une forte croissance. Une enquête de l’Institut de la statistique du Québec démontre que parmi celles qui sont branchées, leur présence sur le web est passée de 65 % à 73 % entre 2012 et 2016. Sur les médias sociaux, l’intérêt augmente encore plus rapidement. Au cours de la même période, les entreprises branchées présentes sur ces plateformes sont passées de 30,5 % à 50,5 %.

Par ailleurs, selon le CEFRIO, la proportion d’adultes ayant fait des achats en ligne au cours du dernier mois est passée de 20 % en 2009 à 39 % en 2017.

Il n’existe pas de statistique aussi précise pour la région, mais les intervenants locaux estiment que les retardataires doivent s’y mettre le plus rapidement possible.

«On veut faire connaître le programme à toutes les entreprises du territoire», témoigne Catherine Adam, conseillère en TI à la SADC Centre-de-la-Mauricie. «Auparavant, on fonctionnait beaucoup par le bouche-à-oreille. Nous croyons que c’est le bon moment pour faire bénéficier le plus d’entreprises possible.»

La Ville de Shawinigan appuie cette initiative, en versant une contribution de 43 465 $ en 2019, via le Fonds de développement du territoire. La SADC Centre-de-la-Mauricie égale ce montant pour mettre en place ce programme.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, cite l’exemple de gens d’affaires locaux qui peuvent être préoccupés par les fuites qu’entraîne le commerce en ligne. Se retirer dans ses terres en laissant les Amazon de ce monde gruger le terrain ne constitue certainement pas la stratégie à privilégier, selon lui.

«Plutôt que de voir des catastrophes, certains voient des opportunités», fait-il remarquer. Le programme Accès TI-PME viendra sécuriser ceux qui maîtrisent moins les outils numériques à leur disposition. Le maire se désole qu’à Shawinigan, il existe encore trop de commerces qui ne possèdent même pas un site web.

Exemples

Le programme vise principalement à accompagner les entreprises pour trouver la stratégie qui répondra à leurs besoins. Tous les secteurs d’activités peuvent en profiter, bien que le commerce de détail porte une oreille un peu plus attentive pour le moment.

«Tout le monde sait que le web est important, mais les dirigeants ne savent pas par où commencer», observe Mme Adam. «Doivent-ils avoir une boutique en ligne? Être sur les médias sociaux?»

Cet accompagnement s’effectue sans frais, un élément attrayant. La responsable guidera simplement l’entrepreneur vers la meilleure stratégie à adopter. Elle pourra l’outiller pour qu’il prenne lui-même en charge sa stratégie ou qu’il confie un mandat à une firme spécialisée.

Noé Julien, propriétaire du Centre Neofit, convient que cette sensibilisation sans frais a attiré son attention.

«Quand on démarre une entreprise, l’argent entre moins que ça sort!», fait-il remarquer. «La gratuité a été un point aidant. C’est majeur, car sinon, on n’ose pas cogner à la porte des entreprises spécialisées qui pourraient nous aider, car on n’aurait pas les moyens ou le temps.»

Art et culture Bonsaï goûte aussi aux avantages d’une présence en ligne. Son site transactionnel lui permet de brasser des affaires aux quatre coins de la planète et le programme Accès TI-PME lui a permis d’épargner un temps précieux.

«Nous sommes spécialisés dans l’importation et la distribution de matériel provenant principalement d’Asie, pour la pratique de l’art bonsaï, qu’on ne trouve pas dans des centres d’horticulture traditionnels», explique Louis-Gérard Dallaire, copropriétaire de l’entreprise.

«Nous sommes dans un marché de niche et il était essentiel de rejoindre la clientèle dans la région, mais à l’extérieur aussi.»

M. Dallaire mentionne qu’aujourd’hui, son entreprise apparaît avantageusement sur les moteurs de recherche web, les ventes en ligne augmentent au Canada et des livraisons de produits ont été effectuées en Australie, en Suisse, en Pologne et aux États-Unis. Depuis quelques mois, des infolettres sont envoyées à ses abonnés Facebook.