Marco Champagne

Absence du TGF dans le budget: «On est extrêmement déçu»

Trois-Rivières — Le président de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Marco Champagne, a profité de la tribune du grand déjeuner mensuel pour exprimer mercredi sa «profonde déception» face à l’absence du train à grande fréquence dans le budget Morneau.

«On est extrêmement déçu comme chambre de commerce de la tournure des événements, de ne pas avoir eu l’annonce dans le budget fédéral du projet d’investissement pour mettre le projet sur les rails. On pouvait s’attendre à une inauguration en 2023 qui n’arrivera pas parce qu’on parle d’un projet de quatre ans, de quatre milliards de dollars. On va faire des demandes de discussions avec le ministre régional Champagne», a-t-il fait savoir.

Celui-ci rappelle que la CCI3R suit le projet du train à grande fréquence depuis environ 35 ans. «On milite en sa faveur et dans les dernières années, il y a eu quand même un ralliement de la communauté à travers ce projet-là au niveau du monde municipal et du gouvernement provincial. On a eu leur appui. On a eu également une coalition par rapport au tracé sur la rive nord. On s’est vraiment tous entendus sur le même projet», fait-il remarquer.

Selon lui, l’année électorale peut expliquer la situation, ce dossier pouvant faire l’objet, dit-il, d’un engagement de la part du prochain gouvernement. D’où son intention d’interpeller tous les candidats à ce sujet au prochain scrutin fédéral.

«On va vouloir avoir leur appui et leur assentiment au niveau de la poursuite des efforts en ce sens-là. Mais pas simplement d’avoir des efforts, on veut qu’il y ait une annonce qui soit faite dans le prochain budget fédéral de 2020. On va faire des approches et j’en ai déjà parlé aux gens d’affaires, on va demander et exiger aux candidats qu’ils soient avec nous dans ce projet-là», a fait savoir M. Champagne.

Celui-ci admet que lors d’une rencontre en novembre dernier, le ministre Marc Garneau n’avait pas montré de signaux pour une annonce budgétaire alors que des études restaient à être finalisées.

«On sait que dans le budget du gouvernement fédéral l’année dernière, on a eu une annonce de 3,3 millions de dollars pour faire des études, à savoir qui va prendre le train dans 5, 10, 15 ans», explique-t-il.

Par ailleurs, il y a également la question du financement alors que la recherche d’un partenaire privé avait été évoquée. «Et on parle maintenant d’un nouveau tracé qui demande des études environnementales, soit Québec-Toronto, et non plus Québec-Windsor», ajoute le président de la Chambre.

Ce dernier sent «qu’on est toujours dans les études». «On a hâte que le projet soit annoncé, on sait qu’il y a pas mal d’argent qui a été mis sur la table au niveau de tout ce qui est le transport collectif, autant au niveau de Montréal avec le REM qui est vraiment en voie d’être complété dans les prochaines années, le projet du tramway à Québec. Il y a beaucoup d’argent qui est investi. On pense que le gouvernement fédéral aurait pu faire un effort supplémentaire pour pouvoir donner la liberté à Via Rail de pouvoir mettre sur les rails ce projet qui est tant attendu dans la communauté», plaide-t-il.

D’autant plus que tout récemment, M. Champagne a pu apprendre, via la Chambre de commerce et d’industrie de Québec où était attendu le grand patron de Via Rail, que le projet de train à grande fréquence prévoyait maintenant 18 aller-retour Montréal-Québec dans la même journée avec 95 % de trains qui arrivent à l’heure, «ce qui est important dans les déplacements».

Et sur la rive sud, «on a un tracé Montréal-Québec où le train de marchandises a priorité sur les rails, ce qui fait que les gens qui partent de Québec pour aller à Montréal ou de Montréal vers Québec ont de la difficulté à arriver à l’heure».

«Donc, avec le projet sur la rive nord, ça pourrait être chose du passé. Et cela permettrait également le déplacement de la main-d’oeuvre qualifiée alors qu’on parle de rareté de main-d’oeuvre. Si on avait accès à ce moyen de transport là ici à Trois-Rivières, ça permettrait de pouvoir continuer notre développement économique», conclut M. Champagne.