Gabriel Nadeau-Dubois, s’est rendu mardi sur la ligne de piquetage pour leur annoncer le dépôt d’une motion de son parti, dès la rentrée parlementaire, afin que le gouvernement du Québec exige de l’employeur la reprise des négociations.

ABI: une motion sera déposée à l'Assemblée nationale

Bécancour — Ayant déjà exprimé son appui envers les travailleurs en lock-out de l’ABI, le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est rendu mardi sur la ligne de piquetage pour leur annoncer le dépôt d’une motion de son parti, dès la rentrée parlementaire, afin que le gouvernement du Québec exige de l’employeur la reprise des négociations.

Et du même souffle, il a invité les syndiqués à mettre de la pression sur les députés de la région car, dit-il, une telle motion doit être adoptée à l’unanimité. «On n’a pas le droit de rester neutre et nous, on se mêle de votre conflit. La solidarité, ça réchauffe», a-t-il lancé devant un groupe d’employés.

Car selon lui, le gouvernement libéral a un rôle à jouer dans ce conflit de travail «qui n’est pas privé», compte tenu que l’électricité appartient à tous les Québécois et que toute une région en est affectée, en plus du millier de travailleurs «mis à la rue».

«Le gouvernement Couillard a le devoir moral de forcer la partie patronale à retourner à la table de négociation. L’Aluminerie de Bécancour bénéficie d’un financement indirect des contribuables en profitant des tarifs préférentiels d’Hydro-Québec. En contrepartie de cette aide publique, l’entreprise se doit de respecter ses travailleurs et de négocier de bonne foi. Ce n’est pas ce qu’elle fait actuellement et Philippe Couillard doit le rappeler à la direction et aux actionnaires», a-t-il réitéré.

À son avis, un gouvernement solidaire ferait tout le contraire et instaurerait des clauses de garantie d’emplois en contrepartie de toute forme d’aide publique aux entreprises. 

Le président syndical Clément Masse juge «très rafraîchissant» l’appui d’un jeune politicien. En plus d’interpeller les députés de la région en vue du dépôt de la motion, il n’écarte pas une manifestation devant l’Assemblée nationale.

Mercredi, les syndiqués de l’ABI auront droit à la visite du Syndicat des travailleurs de Bridgestone à Joliette (FIM-CSN) et celui de la section locale 184 du Syndicat Unifor à l’usine Silicium Québec.

Réaction du PQ

En soirée, le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, et le porte-parole en matière de travail, Guy Leclair, ont demandé aux parties syndicale et patronale de l’Aluminerie de Bécancour (ABI) de revenir à la table de négociation. «Afin qu’on en arrive à une entente, le gouvernement libéral doit tout mettre sur la table et exiger lui aussi la reprise des discussions», a laissé savoir le Parti québécois par voie de communiqué.