Une lueur d’espoir pointe à l’horizon pour les lockoutés de l’ABI avec la poursuite des discussions entre les parties.

ABI: «un signe plutôt positif»

Bécancour — Au terme de la rencontre exploratoire restreinte tenue mercredi entre les parties, le Syndicat des Métallos a confirmé que des discussions allaient se poursuivre au cours des prochains jours entre des représentants de la direction de l’ABI et du Syndicat.

Dans un bref communiqué, le Syndicat des Métallos a fait savoir qu’il n’entend pas commenter sur la place publique, tant en ce qui a trait au contenu des discussions qu’au processus en cours, «afin de préserver un contexte favorable aux pourparlers».

Du côté de l’employeur, on a aussi rapporté que la rencontre entre la partie syndicale et la direction d’ABI s’était tenue tel que prévu mercredi. «Les discussions se poursuivront dans les prochains jours et celles-ci demeureront confidentielles par respect pour le processus», a indiqué Anne-Catherine Couture, gestionnaire des communications et affaires gouvernementales pour Alcoa Canada.

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a bien accueilli la nouvelle. «Tant mieux. Je pense que c’est la bonne attitude. S’ils se revoient suite à la rencontre, j’interprète ça comme positif comme cheminement. Je n’ai pas connaissance des sujets et de l’ambiance, je n’ai aucune information sur la façon que ça s’est passé, mais mon interprétation, c’est que s’ils acceptent de se revoir, c’est un signe plutôt positif. Je pense que des gens de bonne volonté, compréhensifs de part et d’autre, ils peuvent y arriver, et il faut qu’ils y arrivent», a-t-il fait savoir.

Pour le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, «tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir». «Pour faire image, je n’ai jamais aimé les eaux dormantes, les marécages, mais j’aime l’eau qui bouge, qui donne des piscines et qui sont tellement agréables de se baigner dedans. Tant que ça bouge, il y a de l’espoir. C’est simplement à ça que je veux m’accrocher. L’usine a ce qu’il faut pour continuer encore longtemps. On a tout ce qu’il faut pour continuer. Tout ce qui manque, c’est un accord, c’est une capacité, de part et d’autre, de mettre un peu d’eau dans le vin», a confié le premier magistrat.

En lock-out depuis plus d’un an, les 1030 syndiqués auront l’occasion d’en apprendre davantage lors de l’assemblée générale d’information prévue le 12 février prochain. Malgré la reprise des échanges, rien n’indique toutefois une reprise formelle des négociations à ce stade-ci, avec les équipes complètes.

Les ministres du Travail, tant dans le précédent gouvernement libéral que dans l’actuel gouvernement caquiste, se sont intéressés au dossier, un médiateur a été nommé, puis un médiateur spécial en la personne de l’ancien premier ministre Lucien Bouchard. Puis un groupe de travail a été mis à la disposition des parties par le ministre Jean Boulet, au début de janvier.

L’Aluminerie de Bécancour est propriété à 75 pour cent d’Alcoa et à 25 pour cent de Rio Tinto. Elle continue d’être exploitée, avec une production bien moindre, par des cadres de l’entreprise.

Initialement, les négociations achoppaient sur le financement du régime de retraite et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre. Encore tout récemment, les lockoutés ont vu des sections locales bonifier leur soutien financier.