ABI: les parties reprennent contact

BÉCANCOUR — Après environ 55 semaines de lock-out et des pourparlers qui sont toujours dans une impasse, les parties impliquées dans le conflit à l’Aluminerie de Bécancour vont se retrouver mercredi autour d’une même table lors d’une rencontre jugée restreinte pour son faible nombre de représentants attendus. Mais déjà, une assemblée générale convoquée par les instances syndicales était prévue le 12 février prochain afin de faire le point avec l’ensemble des lockoutés.

«La direction d’ABI a contacté la partie syndicale pour tenir une rencontre cette semaine, afin de voir si une reprise des négociations est possible. ABI demeure déterminée à conclure un accord négocié qui apportera les changements fondamentaux nécessaires au succès de l’usine», a fait savoir Anne-Catherine Couture, gestionnaire des communications et affaires gouvernementales pour Alcoa Canada.

D’ailleurs, par rapport à ce contact prévu avec la partie patronale mercredi, le président de la section locale 9700, Clément Masse, dit aussi vouloir regarder «comment relancer nos négociations».

«Je pense que c’est ce qu’il y a de plus souhaitable parce que là, tout le monde commençait à se poser des questions. Je l’ai toujours dit, le pire qui peut arriver là-dedans, c’est que les gens ne se parlent pas. Il n’y a rien de pire que les gens qui arrêtent de se parler. J’aime mieux les voir en contact les uns avec les autres de toutes les manières possibles, c’est ce que je souhaite le plus», a commenté le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

«Je continue à être confiant parce que cette usine-là est une excellente usine, je continue à le penser. C’est ça qui va probablement nous sauver. Mais l’heure est à mettre de l’eau dans le vin des deux côtés. Je souhaite de tout cœur que cette fois puisse être la bonne tout simplement», a renchéri le premier magistrat.

Pour sa part, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, parle d’une «très bonne nouvelle». Selon lui, le premier anniversaire du lock-out a eu pour effet «d’ébranler tout le monde», avec cette crainte de se diriger vers deux ans de conflit. «J’ai toujours cru que les deux parties veulent une entente. Et c’est une bonne nouvelle qu’il y ait une rencontre préalable», ajoute le représentant caquiste.

Le 11 janvier dernier, celui-ci avait reçu plusieurs centaines de syndiqués de l’ABI devant son bureau de comté lors d’un rassemblement visant à souligner l’an 1 du lock-out.

Le président de la section locale 9700, Clément Masse.

«Depuis le début du conflit, le rapport de force est déséquilibré avec cette clause de force majeure. L’employeur doit revenir à la table négocier», avait lancé Clément Masse dans son allocution.

«Si ABI était obligée de payer le bloc d’électricité qui lui est réservé, elle aurait probablement adopté une autre attitude. Le gouvernement doit revoir ces contrats inéquitables qui permettent à ces compagnies de prendre en otage les travailleurs tout en refilant la facture aux contribuables», avait martelé le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

Jusqu’à présent, Hydro-Québec et le gouvernement ont perdu près de 231 millions de dollars de revenus en raison du lock-out. Les 1030 syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour ont été mis en lock-out le 11 janvier 2018 par Alcoa et Rio Tinto. Les négociations achoppaient sur le financement du régime de retraite et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre.

En ce qui concerne l’assemblée générale du 12 février prochain, l’idée est d’informer les membres «où nous en sommes rendus», explique M. Masse. Il s’agira d’une première convocation du genre depuis octobre 2018

Depuis ce temps, «il y a eu la médiation spéciale, le conseil de médiation, et on attendait de voir ce que sortirait M. Boulet». «Mais quand ça fait longtemps, il y a des questions et des rumeurs», indique le président syndical tout en précisant qu’aucun vote n’est prévu «n’ayant rien à voter». «C’est plus de l’information», a-t-il précisé.

Encore récemment, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, déclarait que les deux parties, et non une seule, devront faire des concessions si elles souhaitent réellement la fin du lock-out à l’ABI.

«Et les deux parties m’expriment clairement leur volonté de négocier. Moi, je me fie à elles. Je crée le maximum de conditions favorables pour les aider à le faire par elles-mêmes. J’ai fait tout ce que je pouvais en date de ce jour», avait affirmé le député de Trois-Rivières, qui a mis sur pied un groupe de travail spécifique à ce dossier.