ABI: les deux parties devront faire des concessions, dit le ministre Boulet

MONTRÉAL - Ce sont les deux parties, et non une seule, qui devront faire des concessions si elles souhaitent réellement la fin du lock-out à l’Aluminerie de Bécancour, prévient le ministre du Travail, Jean Boulet.

Le ministre a une nouvelle fois commenté ce lock-out exceptionnellement long, jeudi, alors qu’il donnait une conférence de presse à Montréal sur un autre thème.

Quelque 1030 travailleurs, membres de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, ont été mis en lock-out par la direction, le 11 janvier 2018, il y a plus d’un an maintenant.

Et le syndicat a indiqué, jeudi, que les discussions étaient toujours au point mort, même après qu’on eut marqué une année de lock-out, la semaine dernière.

Malgré tout, le ministre du Travail refuse de baisser les bras. «Il y a toujours espoir.»

Il rappelle à l’Aluminerie de Bécancour et au Syndicat des Métallos que des experts sont là pour faciliter les échanges. «La semaine passée, j’ai formé un groupe de travail qui est là, au service des deux parties, qui est à leur disposition. Ce sont des personnes spécialisées en relations de travail, en diagnostic organisationnel, qui peuvent se déplacer, rencontrer les parties et les aider à cheminer vers l’atteinte des objectifs de négociation.»

Mais le ministre Boulet est catégorique: bien qu’il s’agisse d’un lock-out, «les deux parties doivent faire des concessions», et non pas une seule partie.

«Et les deux parties m’expriment clairement leur volonté de négocier. Moi, je me fie à elles. Je crée le maximum de conditions favorables pour les aider à le faire par elles-mêmes. J’ai fait tout ce que je pouvais en date de ce jour», insiste-t-il.

Il ne croit pas que la solution passe par une renégociation du contrat d’électricité à tarif avantageux, qui permet à l’entreprise de ne pas acheter le bloc d’électricité qu’Hydro-Québec doit lui réserver, en cas de force majeure. Dans ce contrat, le déclenchement du lock-out par la direction est considéré comme un cas de force majeure, au même titre qu’un tremblement de terre qui empêcherait les activités de l’aluminerie.

Le syndicat allègue que ce contrat d’hydroélectricité a contribué à faire traîner en longueur le conflit de travail, parce qu’il permet à l’entreprise d’économiser ainsi plusieurs millions de dollars.

La direction d’ABI, de son côté, a toujours soutenu qu’il lui fallait améliorer la productivité et la rentabilité de son aluminerie.