Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

ABI: «Je demeure totalement confiant», avance le ministre Boulet

Trois-Rivières — Au terme de deux heures de rencontre tenue vendredi à Québec avec le médiateur spécial nommé dans le dossier du lock-out à l’Aluminerie de Bécancour, Lucien Bouchard, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a déclaré qu’il «demeure totalement confiant».

«Ça s’est super bien passé. Ça s’inscrit bien dans le processus de recherche de solution. M. Bouchard a fait le tour du dossier et la chronologie des enjeux. C’est quelqu’un qui est compétent dans le domaine des relations de travail, d’une immense qualité», a commenté le député de Trois-Rivières. La réunion impliquait également le conciliateur au dossier, Jean Nolin.

Selon M. Boulet, les parties ont plus d’intérêts communs que divergents. D’ailleurs, dès la semaine prochaine, il entend rencontrer la direction locale d’ABI et les instances syndicales. Dans ce dernier cas, le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse, a confirmé au Nouvelliste que la rencontre aura lieu le 1er novembre.

«C’était normal qu’il rencontre les médiateurs au dossier. Naturellement, M. Bouchard ne pouvait pas mentionner en public dans les médias les raisons de l’échec de la médiation. On espère qu’il lui a mentionné. Nous autres, on le sait pourquoi la médiation a fait échec. L’employeur est arrivé sans réelle volonté de négocier, en arrivant avec les nouvelles demandes de concessions. On sait déjà que le conflit est en bonne raison parce que l’employeur demande des concessions aux travailleurs. J’espère que M. Bouchard a pu lui dire vraiment qu’il y a eu un échec parce que du côté de l’employeur, il n’y avait pas de réelle volonté de négocier», a martelé le dirigeant syndical.

Comment perçoit-il l’intervention du ministre Boulet? «Je ne veux jamais créer de faux espoirs. Les gens avaient beaucoup d’espoir dans la méditation, mais finalement, il n’y avait pas vraiment de volonté. On reste prudent. On est très heureux qu’il s’implique immédiatement. Il l’avait mentionné. Ils font ce qu’ils ont dit. Ils s’impliquent tout de suite au dossier. S’ils peuvent nous aider à régler, c’est sûr que ça va être le bienvenu pour tous nos membres», a fait savoir Clément Masse.

Or, selon le ministre Boulet, il y a «beaucoup de volonté positive». «C’est une autre étape de franchie. On y va étape par étape, step by step. C’est un dossier qui demeure complexe. Il faut trouver des solutions à l’extérieur de la boîte. Les enjeux nous imposent de voir la lumière au bout du tunnel. Ça devient un impératif en raison des impacts. Et je l’ai dit que j’allais agir avec diligence», a-t-il déclaré.

Dès le lendemain de son assermentation, celui-ci avait rencontré la sous-ministre adjointe aux relations du travail «pour saisir tous les enjeux de ce dossier et me mettre à jour». Et déjà, son intention était claire: voir la fin de ce conflit dans les meilleurs délais possibles. «Il y a des répercussions sociales, économiques qui sont extrêmement importantes pour non seulement Trois-Rivières, mais toute la région et le Québec. C’est un conflit qui dure depuis dix mois», avait-il évoqué.

Pourrait-il imposer un arbitrage? «Ce serait prématuré. Il y a des options, des mécanismes alternatifs de règlement de conflit qu’on peut envisager. Ce serait trop tôt pour moi de dire qu’on va aller dans telle ou telle direction, mais je pense à différents scénarios. C’est sûr que dès que mon diagnostic va être posé, on va s’en aller dans une direction. Évidemment, c’est un conflit privé. Je ne peux pas évacuer les incidences sociales et économiques. C’est trop négatif pour tout le monde. Il faut intervenir», avait soutenu M. Boulet.

Les 1030 syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour ont été mis en lock-out le 11 janvier dernier par Alcoa et Rio Tinto. Les négociations achoppaient sur le financement du régime de retraite et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre.

Et le syndicat souligne que le conflit a privé à ce jour Hydro-Québec de revenus de près de 175 millions de dollars, en électricité gaspillée et non payée, puisque la compagnie a eu recours à la clause de «force majeure» pour se soustraire à ses obligations.