ABI: assemblée syndicale samedi et rencontre avec le ministre Boulet jeudi

Bécancour — Alors que la direction d’ABI a décidé d’annuler toutes les rencontres de négociations, après plus de 13 mois de lock-out, le Syndicat des Métallos va tenir samedi une assemblée générale d’information, n’ayant toutefois rien sur quoi voter. D’ici là, soit jeudi, les parties vont rencontrer le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

«Je rencontre la direction locale, et le président d’Alcoa Canada, et l’exécutif syndical. Je leur ai demandé de me faire un état de situation. Je veux vérifier comment ça a été car ils ont eu des pourparlers assez intensifs dans les dernières semaines, quel était le climat de communication, ont-ils cheminé, progressé, y a-t-il des nouveaux enjeux. Je veux vraiment avoir un état de situation clair», a-t-il expliqué au Nouvelliste.

Le ministre régional dit travailler toujours avec les cinq mêmes objectifs qu’il a identifiés avec son conseil de médiation, soit la flexibilité opérationnelle, la productivité, la stabilité des emplois, la pérennité de l’usine et le climat de relations de travail.   

«Après l’état de situation qu’ils vont me faire, je vais avoir des échanges, et ça va me permettre de déterminer clairement quelle sera ma prochaine étape», a-t-il ajouté. Préparer et soumettre une hypothèse de règlement fait partie des options qui se présentent à lui, déclarait récemment M. Boulet.

Appelé à commenter la tenue d’une assemblée syndicale, le député de Trois-Rivières croit que le syndicat veut faire un rapport d’étape auprès de ses membres. «La perception que j’ai, c’est qu’il y a probablement un appétit pour ça du côté des syndiqués, ils veulent voir ce qui se passe, comment ça évolue et pourquoi ça n’évolue pas plus que ça. C’est vraiment ça qu’ils veulent faire. Ils vont faire un état de situation eux aussi de leur côté», soutient-il. 

Quand certains lui demandent si des négociations sont en cours avec Hydro-Québec autour des tarifs d’électricité, il répond catégoriquement non. «Ça n’a jamais fait partie de l’équation», ajoute le ministre Boulet.

«On me demande aussi beaucoup si une compagnie peut présenter une offre finale et demander au tribunal d’ordonner un vote au scrutin secret. Oui. L’article 58 du Code du travail le permet, mais c’est un one shot deal, ça ne peut être fait rien qu’une fois dans un processus de négo, après ça, il faut que tu penses à ton alternative, car ça peut marcher, mais ça peut ne pas marcher», fait-il savoir.

Comment envisage-t-il ces rencontres successives avec les deux parties? «Je demeure confiant, positif, si je dois aller à la prochaine étape, je vais faire tout ce que je peux faire, je vais aller au bout de ce que je peux faire, j’ai été élu par la population de mon comté, je représente la population de l’ensemble du Québec, il y a des répercussions de ce conflit de travail là qu’on ne peut pas vraiment tolérer», a-t-il conclu.