Les négociations à l’Aluminerie de Bécancour entrent dans une phase cruciale.

ABI: À deux jours de la date butoir

BÉCANCOUR — En plein blitz de négociations pour en arriver à une entente d’ici vendredi, date butoir fixée par Québec, des lockoutés d’ABI vont tout de même tenir une manifestation mercredi midi, dans les rues de Montréal, avec plusieurs métallos et des militants de syndicats affiliés à la FTQ.

Le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse, le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau, et le président de la FTQ, Daniel Boyer, vont d’ailleurs tenir un point de presse devant le siège social d’Hydro-Québec, après que la manifestation se sera arrêtée devant les bureaux d’Alcoa.

On veut ainsi rappeler que les 1030 travailleurs et travailleuses d’ABI ont été mis en lock-out le 11 janvier dernier alors que les négociations achoppaient sur le financement du régime de retraite et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre.

«Chaque jour de lock-out coûte environ 600 000 $ à Hydro-Québec parce que l’aluminerie, propriété d’Alcoa et de Rio Tinto, a invoqué la clause de force majeure ou Act of God pour ne pas avoir à payer tout le bloc d’électricité qui lui est réservé. Cela représente un manque à gagner de près de 200 millions de dollars dans les coffres d’Hydro-Québec», martèle le Syndicat.

Mardi, la partie de bras de fer qui se joue devant le Tribunal administratif du Travail autour des briseurs de grève a été annulée à Trois-Rivières, possiblement en raison de la tempête.

On se rappellera qu’après avoir rencontré les parties patronales et syndicales, de même que les dirigeants d’Alcoa à Pittsburgh, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, avait annoncé le 7 novembre dernier la reprise des négociations dans le conflit de travail à l’Aluminerie de Bécancour.

Pour aider les parties à conclure leur convention collective, un conseil de médiation fut mis sur pied dans le but de reprendre les négociations et d’en arriver à une entente avant le 30 novembre 2018. Au terme de cette période, et à défaut d’une entente, le conseil de médiation aura le mandat de préparer une hypothèse d’entente en vue de la déposer et de la présenter au ministre et aux parties au plus tard le 7 décembre 2018.

Le conseil de médiation, présidé par Me Lucien Bouchard, est aussi composé de la sous-ministre adjointe aux relations du travail au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Me Mélanie Hillinger, et du conciliateur Jean Nolin. La formation de ce conseil faisait suite aux différentes rencontres tenues entre le ministre et les parties prenantes de ce conflit.

Interrogé mardi, le ministre Boulet a confirmé au Nouvelliste que la date butoir du 30 novembre tenait toujours. «C’est encore extrêmement pertinent comme date», a-t-il même lancé.

Questionné à savoir si la tenue d’une manifestation ne risquait pas de compromettre les présentes négociations, le député de Trois-Rivières a indiqué «ne pas avoir d’inquiétude».

«Le conseil de médiation est actif, rencontre les parties, il y a des pourparlers qui deviennent de plus en plus intensifs. Moi, je demeure encore positif et confiant que les parties vont conclure une entente d’ici le 30 novembre», a déclaré le ministre Boulet qui, le jour même, sera conférencier à la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières.

En pleine préparation budgétaire, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, dit avoir hâte que le lock-out soit terminé alors que les recettes municipales associées à l’Aluminerie de Bécancour s’élèvent à près de 4,5 millions de dollars annuellement, sur un budget environnant les 27 millions $.

«On n’a élaboré aucun scénario catastrophique, mais on bâtit sur de l’incertitude. La minute qu’on va nous annoncer que le conflit est fini, ça va nous enlever toute une épine du pied», avoue le premier magistrat.

À l’approche du 30 novembre, les parties au dossier n’ont émis aucun commentaire.