Le Carrefour d’aide aux non-syndiqué-es (CANOS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec lance sa nouvelle image pour ses 35 ans. Sur la photo: Anne-Marie Tardif, coordonnatrice au CANOS.

À la défense des travailleurs depuis 35 ans

TROIS-RIVIÈRES — À l’occasion de la fête du Travail, le Carrefour d’aide aux non-syndiqué-es (CANOS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec lance sa nouvelle image afin de rendre ses services aux salariés plus accessibles, alors qu’environ 145 000 travailleurs de la région n’ont aucune représentation syndicale vers laquelle se tourner en cas de problématiques au travail.

Fondé il y a 35 ans, le CANOS, dont l’abréviation fait référence à l’ancien nom de l’organisme, offre différents services d’informations juridiques, de préparation et d’accompagnement à la médiation, de séances d’information auprès des organismes communautaires et de représentations pour les travailleurs non syndiqués de la région.

C’est dans le but d’élargir sa clientèle et de mieux faire connaître ses services au sein de la population que le CANOS a décidé de modifier son logo et son site Web, qui seront lancés le lundi 2 septembre, jour de la fête du Travail. «C’est dans l’optique que le travail, ça touche de près ou de loin tout le monde, un jour ou l’autre», explique Anne-Marie Tardif, coordonnatrice du CANOS.

C’est qu’au fil des années, l’équipe du CANOS a constaté que bon nombre de personnes ne sont pas au courant des lois et des normes qui entourent le marché du travail. «La plupart du temps, ils savent que la CNESST existe, mais ils ne savent pas nécessairement l’ensemble des lois qu’elle peut régir, affirme Mme Tardif. C’est vraiment là que l’information juridique devient encore plus pertinente pour regarder la situation dans laquelle la personne est, et de pouvoir l’orienter vers les différents recours ou les différents articles de loi.»

Le nouveau site Web du CANOS comprendra notamment une section blogue, qui répondra aux questions les plus fréquentes de la clientèle de l’organisme. Parmi les questionnements les plus communs, on note les différentes options quant aux recours qui peuvent être exercés par les travailleurs. «La plupart du temps, les gens ne savent pas quels sont les critères pour être admissibles aux recours, donc on est vraiment là pour leur expliquer quelles sont les responsabilités de l’employeur [...] On les informe de la marche à suivre», indique Mme Tardif.

La majorité de la clientèle du CANOS est formée des femmes, alors qu’elles représentent 72 % des personnes qui font appel à ses services téléphoniques, et 78 % de celles qui assistent aux ateliers dans les différents groupes communautaires de la région.

Durant les 35 dernières années, le CANOS s’est adapté aux nouvelles réalités dans le marché du travail. Alors qu’au départ, l’organisme se concentrait sur la défense collective des droits, le CANOS offre maintenant divers services et travaille sur des ateliers d’éducation et de sensibilisation. L’organisme pourrait même prochainement offrir ses conseils aux entreprises qui, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, cherchent à attirer et fidéliser leur main-d’œuvre. «De plus en plus, les salariés, on sent qu’ils veulent avoir de la conciliation travail-famille-vie personnelle-études, donc on veut vraiment que les lois se modernisent pour coller à la réalité d’aujourd’hui», explique la coordonnatrice du CANOS.

L’organisme souhaite en effet demander certains changements au gouvernement provincial quant aux normes et aux lois entourant le travail dans les prochaines années. Parmi leurs revendications, on compte l’accès plus facilement à un avocat pour les travailleurs qui intentent un recours contre leur employeur. «Les gens qui font affaire avec la CNESST, ce sont des gens qui, souvent, quand ils arrivent en médiation, ils sont très démunis, parce qu’il faut qu’ils passent par l’étape de la médiation avant d’avoir accès à un avocat gratuitement», affirme celle qui fait remarquer que peu d’avocats sont prêts à représenter des travailleurs, alors que plusieurs d’entre eux se spécialisent dans la défense d’employeurs. «Nous, on souhaite s’attarder à comment le système est fait.»