Les 22 étudiants de ce nouveau programme pourront prendre part à des stages rémunérés dans des boucheries de la région à l’issue desquels ils devraient obtenir un emploi. Sur la photo: Marc-Antoine Poudrier-Rompré, boucher, en compagnie de Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale
Les 22 étudiants de ce nouveau programme pourront prendre part à des stages rémunérés dans des boucheries de la région à l’issue desquels ils devraient obtenir un emploi. Sur la photo: Marc-Antoine Poudrier-Rompré, boucher, en compagnie de Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

434 000 $ pour former des bouchers dans la région

SHAWINIGAN — Le gouvernement du Québec investira 434 000 $ dans la région afin de créer une formation courte durée en alternance travail-études pour de futurs bouchers.

Offert au Centre de formation professionnelle Bel-Avenir, ce tout nouveau programme d’une durée de 900 heures formera 22 bouchers, qui combleront les besoins de main-d’œuvre d’autant d’entreprises de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Aux dires du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, il s’agit d’un investissement hautement pertinent qui vient répondre en partie à la pénurie d’employés que subit en ce moment le domaine de la boucherie de détail.

«Dans le secteur de l’alimentation, on a identifié plusieurs métiers qui étaient à risque de ne pas répondre aux besoins des différents marchés, et celui de boucher ressortait constamment dans nos discussions. La Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) l’a donc identifié comme un emploi comportant de nombreux postes vacants, particulièrement dans la région», a-t-il indiqué.

Cette somme a été octroyée dans le cadre du programme de formations courte durée privilégiant les stages professionnels dans les professions priorisées par la CPMT. Ainsi, les étudiants passeront 40 % de leur temps de cours en milieu de travail. Cela représente quelque 360 heures sur les 900 du programme.

À titre indicatif, lors du dernier trimestre de 2019, 330 postes de bouchers demeuraient à combler au Québec, ce qui représente un bond considérable par rapport à la même période de l’année précédente, durant laquelle on dénombrait 285 emplois vacants. Le ministre Boulet se dit même convaincu que, «pendant la pandémie, cette statistique s’est exacerbée».

Les autochtones convoités

Parmi les 22 futurs étudiants qui intégreront des boucheries partout à travers la région, on retrouve deux Autochtones issus de la nation atikamekw. Ceux-ci ont choisi d’intégrer la première cohorte de cette formation après que le ministère les ait approchés pour qu’ils s’y joignent. 

Afin de favoriser la venue des Premières Nations et d’autres étudiants du Haut-Saint-Maurice, le gouvernement provincial a également décidé de mettre sur pied une allocation de mobilité de 3000 $ par étudiant facilitant leur transport jusqu’à Trois-Rivières. De plus, un volet transformation de viande sauvage sera ajouté au programme de façon à répondre encore mieux à la demande de cette portion de la région.

«Désormais, de nombreux Autochtones vivent dans les villes de la Mauricie comme La Tuque. Ils représentent une source de main-d’œuvre considérable. De plus, ils sont bien souvent très habiles de leurs mains et aiment aller à la chasse et dépecer leur gibier. Ils pourront donc apporter leur expertise et apprendre des techniques adaptées à une boucherie traditionnelle. Je suis convaincue qu’ils apprendront rapidement et qu’ils adoreront ce cours», a expliqué la députée de Laviolette–Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif.

Celle-ci espère d’ailleurs que les deux étudiants des Premières Nations pourront parler de ce programme à leur entourage afin d’en inciter d’autres à joindre les prochaines cuvées d’étudiants.

Une méthode d’apprentissage bénéfique

Soucieux de répondre aux besoins de main-d’œuvre éprouvés par la société québécoise, le gouvernement provincial a mis sur pied de nombreuses formations en alternance études-travail. Selon Jean Boulet, il s’agit d’une façon idéale d’apprendre et de contribuer à régler la pénurie d’employés simultanément.

«Pour les quatre prochaines années, 15 M$ seront investis partout au Québec pour favoriser la création de programmes en alternance travail-études. Ils contribueront à combler de nombreux postes dans des métiers de grande qualité, en plus de plaire grandement aux employeurs. Si l’on veut œuvrer dans une société où la main-d’œuvre est plus compétente, humaine et efficace, il faut continuer de mettre énormément l’accent sur ce type de formation», a fait savoir le ministre. 

D’autres annonces de la sorte pourraient être faites au cours des prochains mois dans le but de permettre une «juste adéquation entre les besoins concrets du marché et la formation».